AVERSENQ Noël [AVERSENQ Pierre, Donatien, Jean, Noël] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Sagnes

Né le 24 août 1886 à Montpellier (Hérault), mort en déportation le 2 février 1945 à Dachau ; ouvrier typographe puis imprimeur ; militant anarchiste puis communiste.

Fils naturel de Joséphine Aversenq, couturière, dès 1903, à l’âge de dix-sept ans, Noël Aversenq, alors ouvrier typographe, fréquentait les milieux anarchistes de Montpellier dont son frère faisait partie. En 1904, il était inscrit sur la liste des anarchistes de l’Hérault et militait à la CGT. Il se signalait également par des propos publics anti-parlementaires. Il s’était marié le 21 août 1909 à Montpellier avec Julie Étiennette Galtier. En 1914, il fut mobilisé et partit pour le front où il était peu après blessé et, semble-t-il, fut rapatrié. En 1917, avec Léon Méric*, il imprima illégalement le manifeste de Kienthal. En 1919, il faisait partie de la gauche du mouvement syndical héraultais et, deux ans plus tard, il était un des leaders syndicalistes unitaires de Montpellier. Il fut le candidat des unitaires au poste de secrétaire général de la Bourse du Travail en 1927, 1928 et 1929. Il était alors membre du Parti communiste. Il intervint au comité régional Languedoc du 22 juillet 1928 sur les questions d’organisation. Il fut arrêté lors de la manifestation du 1er août 1929 contre la guerre.
D’abord typographe au Petit Méridional, quotidien radical, il fut chômeur dès 1927 et connut des moments difficiles. À la fin de 1930 ou au début de 1931, il fut exclu du Parti communiste sans que l’on connaisse les raisons exactes de cette exclusion. Mais dans les années 1934-1935, la menace fasciste et l’orientation plus ouverte du PC le firent se rapprocher de son ancien parti. En 1938, il était responsable pour Montpellier des Amis de l’Union Soviétique. Il dirigeait alors l’imprimerie de la Presse qui imprimait Le Travailleur du Languedoc, organe régional du PCF. Il adhéra à nouveau au Parti communiste après la déclaration de guerre à la fin de 1939 ou au début de 1940 et prit une part très active au travail clandestin du PC avec son fils André, né le 26 février 1912 à Montpellier. Tous deux faisaient partie du petit groupe de militants qui imprimait en zone sud L’Humanité et Les Cahiers du Communisme, mais ils ne travaillaient pas ensemble. Arrêté le 27 janvier 1941, interné à Aix, il fut condamné le 12 septembre suivant à cinq ans de prison, mille francs d’amende et privé de ses droits civique pour infraction au décret du 26 septembre 1939. Envoyé au centre d’Eysses le 15 octobre 1943, il fut déporté à Dachau où il trouva la mort.
Son fils, André, Jean, Noël, fut arrêté le 2 septembre 1943 à Tain-l’Hermitage (Drôme) après avoir défendu les armes à la main l’imprimerie clandestine qu’il dirigeait. Écroué à Valence, jugé à Grenoble, il fut condamné à vingt ans de travaux forcés pour impression de tracts, détention d’armes et de munitions. Transféré à Eysses puis à Compiègne, il fut déporté à Güsen (Autriche) où il mourut le 28 février 1945. André Aversenq avait déjà été condamné à quatre mois de prison en 1939 pour avoir imprimé des journaux espagnols. Mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale, il avait pris part à la bataille de Dunkerque. Il avait rejoint, dès sa démobilisation, la lutte clandestine (FFI puis FTPF), sous le nom de Théo.
En avril 1946, une plaque commémorant le sacrifice de N. et A. Aversenq ainsi que celui de Gilbert Barbé* fut apposée sur la façade de la maison située au 1 bis, rue Jardin-Martel à Montpellier.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article10555, notice AVERSENQ Noël [AVERSENQ Pierre, Donatien, Jean, Noël] [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Sagnes, version mise en ligne le 17 juillet 2015, dernière modification le 17 juillet 2015.

Par Jean Sagnes

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 9 M 400. — I.M.Th., bobine 304. — Les Communistes de l’Hérault dans la Résistances, s.d. — Amicale des Anciens détenus patriotes de la Centrale d’Eysses, L’Insurrection d’Eysses (19-23 février 1944), Éditions Sociales, 1974. — J. Kahn, Persiste et signe, op. cit. Secrétariat d’État des Anciens combattants et victimes de guerre. — Biographie reprise intégralement dans Des militants CGT en Résistance. Hérault 1939-1945, Institut d’histoire sociale CGT 34 "Marcel Caille", 2015. — État civil en ligne cote AD34_0656_00033, vue 28.

ICONOGRAPHIE : Les Communistes..., op. cit., p. 9.

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