Né le 5 septembre 1920 à Noisy-le-Sec (Seine puis Seine-Saint-Denis), mort le 14 juin 2018 dans le Val-d’Oise ; cheminot puis professeur technique adjoint ; résistant ; membre du bureau national du SNETP de 1958 à 1974, Secrétaire général de la FEN-CGT de 1961 à 1979, membre du secrétariat de l’UGFF de 1961 à 1979 ; militant communiste ; conseiller municipal de Noisy-le-Sec de 1947 à 1965 ; membre et dirigeant de diverses associations de résistants FTPF.

Paul Castel
Le père de Paul Castel, Léon, manutentionnaire puis cheminot, adhéra successivement à la CGT, puis à la CGTU puis à la CGT lors de la réunification. Il adhéra au PCF en 1946-1947. Sa mère, née Troppeau Alice, employée de bureau sans engagement syndical ou politique, décéda en 1923,.
Paul Castel fréquenta l’école primaire jusqu’à l’obtention du certificat d’études primaires à 13 ans. Il entra ensuite à l’école primaire supérieure dans la section préparatoire à l’école nationale de Paris des ingénieurs des Arts et Métiers jusqu’à l’âge de 16 ans. En 1936, il obtint le brevet élémentaire. De 1936 à 1939, il intégra l’école d’apprentissage des Ateliers des chemins de fer de Noisy-le-Sec et prépara avec succès en 1939 le certificat d’apprentissage de monteur électricien. Le 1er octobre 1939 , il fut embauché comme monteur électricien dans les ateliers SNCF du matériel roulant de Noisy-le-Sec. Il resta à ce poste jusqu’au 1er décembre 1942, date à laquelle il passa dans la clandestinité refusant le travail en Allemagne au titre de la « relève » des prisonniers de guerre.
Adhérent des Jeunesses communistes depuis 1935, organisation dans laquelle il assura la responsabilité du cercle de Noisy de 1937 à 1939 puis membre du bureau régional de la banlieue est de 1938 à 1939, il adhéra au Parti communiste en 1938. Dès septembre 1939 jusqu’au 1er juillet 1941, il fut chargé de l’Agit-Prop aux ateliers SNCF de Noisy le Sec, du 1er juillet 1941 au 1er décembre 1942, il fut désigné comme responsable du Comité populaire des ateliers de Noisy. Alors dans la clandestinité du 1er décembre 1942 au 1er décembre 1943, il fut responsable sous le pseudonyme de « Bloc » du Comité populaire de la banlieue et grande banlieue ouest SNCF. Du 1er décembre 1943 au 1er avril 1944, il fut responsable sous le pseudonyme de « Berne » du comité populaire « cheminots » de la région parisienne. Du 1er avril 1944 au 1er juin 1944, il fut responsable de « l’appareil technique » de la fédération CGT illégale des cheminots. A partir du 1er juin 1944, il fut, sous le pseudonyme de « Lavia », commandant (commissaire aux effectifs) de la région R2 des FTPF Seine, Seine-et-Oise avec le grade de lieutenant FTP. Engagé volontaire pour la durée de la guerre en septembre 1944, officier FFI, il fut démobilisé en novembre 1945
Paul Castel et Andrée Belland, née le 31 octobre 1917 à Paris (XIIe arr.), se marièrent le 24 août 1940 à Noisy-le-Sec. Leur mariage fut l’occasion d’une des premières manifestations publiques contre le régime de Pétain. Ils eurent trois enfants. Andrée Castel fut Institutrice publique à Noisy-le-Sec de 1938 à 1973. Membre du Parti communiste dès 1938, elle participa à l’activité du Parti communiste clandestin puis à partir de 1943 fut agent de liaison aux comités populaires clandestins des cheminots et, à partir de juin 1944, agent de liaison des Francs-Tireurs et Partisans Français. Elle décéda le 24 août 1996 à l’hôpital Roussy de Villejuif (Val-de-Marne).
Au lendemain de la guerre, Paul Castel assuma diverses responsabilités dans les associations des FTPF de novembre 1945 au début 1947 comme permanent du Comité Seine - Seine et Oise des anciens FTPF, puis jusqu’au début 1949 comme trésorier national des anciens FTPF. Toujours dans cette mouvance, en 1998, il fut élu président du Comité d’arrondissement de Mantes de l’Association nationale des anciens combattants et des amis de la Résistance puis devint co-président du Comité des Yvelines. Au niveau strictement politique, Paul Castel fut secrétaire de la section du PCF de Noisy-le-Sec de 1951 à 1956. Il fut conseiller municipal de Noisy-le-Sec de 1947 à 1965.
De mars 1949 à mars 1951, Paul Castel dirigea une petite fabrique familiale de meubles à Semur-en-Auxois (Côte d’Or) et fut alors secrétaire de la cellule communiste de Semur pendant cette période.
A partir de mars 1951, Paul Castel devint professeur technique adjoint comme auxiliaire, puis par concours, il entra à l’ENNA en 1952-1953 et fut titularisé. Affecté au centre d’apprentissage de Courbevoie, il adhéra au SNETP en avril 1951. Il fut successivement secrétaire de section syndicale du centre d’apprentissage transformé en CET de Courbevoie de 1956 à 1959, Il fut élu membre du bureau national du SNETP de 1958 lors du congrès du Perreux responsabilité qu’il assura jusqu’en 1974. Membre du secrétariat national de 1959 à 1970, il fut élu à la commission administrative paritaire des PTA de CET de 1961 à 1966 et au Conseil de l’enseignement général et technique du Ministère de l’Éducation nationale de 1969 à 1973.
Paul Castel devint en 1961 secrétaire général de la FEN-CGT jusqu’en 1979. A ce titre, il participa directement aux événements de 1968 et aux négociations qui s’en suivirent avec le gouvernement et le Ministre de l’Éducation nationale. Il fut trésorier de la FERC jusqu’en 1981 après la transformation de la FEN-CGT en FERC en 1979. Il fut ensuite secrétaire général de l’Union fédérale des retraités de la FERC de 1981 à 1988. Pendant toute la période où il a été secrétaire général de la FEN-CGT il a été membre du secrétariat de l’UGFF-CGT de 1961 à 1979.
Le 13 juin 2015, Muguette Jacquaint, remit à Paul Castel les insignes de chevalier de la Légion d’honneur. Il était un militant actif de l’ANACR.
Il mourut le 14 juin 2018 dans sa 98e année. Ses obsèques eurent lieu au cimetière de Vienne-en-Arthies (Val-d’Oise).

SOURCES : Note de l’IHS FERC-CGT. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Revue Mémoires Vives, numéro spécial, n° 15, novembre 2010. — Paul Castel, "Témoignage inédit sur les fusillés de Morsang", Mémoires vives, revue de l’IHS CGT d’Île-de-France, n°33 octobre 2015. — Avis de décès.

Gérard Montant

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