LARCADE Georges, Paul

Par Thérèse Burel

Né le 22 mars 1905 à Barbachen (Hautes-Pyrénées), mort à Saint-Gervais-la-Forêt (Loir-et-Cher) pas de date de décès sur l’acte de naissance seulement le lieu ; contrôleur des contributions directes ; militant syndicaliste du Loir-et-Cher ; responsable départemental du Secours ouvrier international et du mouvement Amsterdam-Pleyel ; résistant ; militant communiste après la Seconde Guerre mondiale ; maire de Saint-Gervais-La-Forêt (Loir-et-Cher).

Issu d’une famille de petite bourgeoisie terrienne, le père de Georges Larcade — il était agriculteur sur l’acte de naissance — entra tardivement dans la fonction publique ; en 1910, percepteur à Mirande (Gers), il fut maire radical-socialiste de sa commune natale et le demeura de nombreuses années.

Georges Larcade fut élevé dans les idées du radicalisme. Mais, il fut déçu par la politique du Bloc des Gauches et attiré par l’anarcho-syndicalisme. Nommé surnuméraire des Contributions indirectes, le 1er septembre 1923, il adhéra au syndicat national des agents des Contributions indirectes où il soutint l’aile gauche de tradition syndicaliste révolutionnaire. Nommé en Loir-et-Cher le 1er novembre 1927, à Cour-Cheverny, il se lia avec G. Dubois, instituteur à Cheverny, adhérent au syndicat CGTU, mais se montra plus sensible à l’époque aux questions sociales qu’aux questions politiques.

En 1930, Larcade créa un comité départemental du Secours ouvrier international, organisme qui secourait les militants frappés par la répression : ce comité réunissait alors une centaine de membres. Il adhéra, en 1934, au mouvement Amsterdam-Pleyel ; à l’instigation de Bisault et avec Bertherau, il constitua un comité départemental dont il fut trésorier. A partir de l’été et surtout de l’automne 1938, il resta seul pour animer, en liaison avec Bisault, le comité départemental : les quelques bulletins de fin 1938 et 1939 comportent, à l’intention du monde agricole du département, des analyses des réalités économiques du monde capitaliste. Le 20 décembre 1936, Larcade prit la parole, à Blois, au congrès extraordinaire de la CGT, présidé par Léon Jouhaux. Il fut secrétaire adjoint (secrétaire administratif) de l’Union locale de Blois et membre de la commission exécutive de l’Union départementale après la réunification. Il fut rapporteur au congrès de février 1938 où fut voté le changement de statuts, portant de douze à quinze le nombre des membres élus à la CE.

Mobilisé le premier jour de la guerre, il revint à Blois en août 1940 et prit contact avec Weber, ex-secrétaire de l’UD, « mais le climat était dépressif et peu propice à la reconstitution clandestine des syndicats interdits ». Il fut arrêté le 22 juin 1941 par la Feldgendarmerie comme « communiste notoire », passa plus de dix mois à Compiègne, puis fut remis en liberté surveillée le 11 avril 1942 ; c’est à Compiègne qu’il adhéra au Parti communiste. Il passa alors clandestinement la ligne de démarcation, se faisant affecter par son administration en zone sud. En 1944, prévenu indirectement par la préfecture de Loir-et-Cher qu’il était recherché, il dut se cacher jusqu’à la Libération. Il revint dans le département en 1946 et devint secrétaire adjoint de l’Union départementale mais, après la scission FO, son syndicat revint à l’autonomie ; lorsque le syndicat, un an plus tard, réadhéra à la CGT, Larcade avait, entre-temps, accepté la présidence de l’association départementale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP). L’importance de cette activité l’amena à abandonner en 1950 tout rôle dans le mouvement syndical.

Il se présenta avec succès au conseil municipal de Saint-Gervais le 14 mars 1965. Élu maire, quoique non candidat, par 8 voix contre 4, il démissionna, n’étant pas éligible, parce que directeur adjoint des impôts. Ayant pris sa retraite, il fut élu maire en 1971 par seize voix et une abstention. Mais, candidat sous l’étiquette communiste aux élections cantonales en septembre 1973, dans la circonscription de Blois II, il ne fut pas élu.

Il avait épousé le 22 mai 1939 à Blois Rolande Hervet.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article115978, notice LARCADE Georges, Paul par Thérèse Burel, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 août 2016.

Par Thérèse Burel

SOURCES : Arch. Dép. Loir-et-Cher, fonds de la Bourse du Travail et série M. — La Nouvelle République du Centre-Ouest. — D. Lemaire, « Les origines du PCF en Loir-et-Cher », Cahiers du communisme, décembre 1980. — Témoignages de l’intéressé.. — État civil de Barbachen.

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