Né le 26 août 1899 à Vannes (Morbihan) ; mort le 6 juillet 1989 à Vannes ; ouvrier tailleur ; militant syndicaliste et anarchiste.

Né dans une caserne — celle du 35e régiment d’artillerie — où son père (François, Louis, Pierre Lochu, né en 1857 à Saint-Laurent de la Salle, en Vendée) exerçait comme maréchal-ferrant et où sa mère (Marie Marguerite Le Brun, née à Vannes en 1861) était cantinière, René Lochu entra, après son certificat d’études, en apprentissage dans une maison de confection pour hommes et devint ouvrier tailleur.
Ce fut au service militaire, qu’il effectua dans la Marine à partir de 1918, que Lochu prit conscience que la discipline militaire lui était insupportable. Il participa, en avril 1919, à l’évacuation d’Odessa par les troupes françaises.
Après son retour à la vie civile, il travailla comme ouvrier tailleur successivement à Vannes, en 1921, puis à Rennes et, à partir de 1923, à Brest où il entra, en 1927, à l’Arsenal comme tailleur de la marine.
En 1924, il adhéra au syndicat CGT de l’Habillement et fut à plusieurs reprises délégué de ce syndicat au Comité de Bourse et à l’Union locale. L’année suivante, il adhéra au groupe anarchiste de Brest dont les principaux militants animaient alors la Maison du Peuple de la ville. Il était aussi trésorier de la section de Brest du Comité de défense sociale animée par Jules Le Gall* et, à ce titre, prit une part très active à la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti. A cette époque, il collabora également au Flambeau, organe du groupe libertaire brestois, qui publia quatre vingt numéros de juin 1927 à juin 1934.
En 1937, Lochu fut, avec René Martin* et Auguste Le Lann*, délégué de Paris de l’Union anarchiste et il milita activement à la SIA (Solidarité internationale antifasciste) notamment en faveur des révolutionnaires espagnols. Lors de la déclaration de guerre, Lochu diffusa à Brest le tract "Paix immédiate" qui valut la prison et la déportation à Louis Lecoin*. Il quitta ensuite cette dernière ville plusieurs fois bombardée pour s’installer à Lorient en juillet 1941. Mais les bombardements de janvier 1943 l’obligèrent à trouver un nouveau refuge et il retourna alors à Vannes où il reprit, à partir de 1944, ses activités de militant syndicaliste, anarchiste et libre penseur. Il ne devait plus alors quitter sa ville natale où sa compagne, Nanette (Anna Lepelhuenne), mourut le 5 avril 1989 (ils s’étaient mariés à Vannes le 14 mai 1983). Léo Ferré témoigna de son amitié avec le vieil anarchiste dans ses chansons (« Te souviens-tu Lochu ?) et dans la préface à ses mémoires.

ŒUVRE : Libertaires, mes compagnons de Brest et d’ailleurs, Éd. La Digitale, Quimperlé, 1983, 210 p. Préface de Léo Ferré et postface de Maurice Laisant.

SOURCES : Notice autobiographique de l’intéressé. —Le Monde, 16 décembre 1983. — Bulletin du CIRA. n° 23/25 : "Témoignages, 1939-1945", 1er semestre 1985.

René Bianco

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