MOUROU Eugène, Théodore

Par Jacques Girault

Né le 4 août 1901 à Ginasservis (Var), mort le 3 mai 1977 à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) ; cultivateur ; militant socialiste puis communiste ; résistant ; maire de Ginasservis.

Fils d’un cultivateur, fermier et petit propriétaire, Eugène Mourou reçut tous les sacrements catholiques. Il obtint le certificat d’études primaires et effectua son service militaire dans la cavalerie en Allemagne puis au Maroc. Fermier puis propriétaire à Ginasservis, il s’y maria en avril 1924 et eut deux enfants qui reçurent les premiers sacrements catholiques.
Socialiste SFIO, Eugène Mourou devint conseiller municipal de la commune, en mai 1929, avec 98 voix sur 180 inscrits. Non candidat par la suite, il fut membre des conseils d’administration de la coopérative vinicole (qu’il présida) et de la Mutualité agricole régionale. Il adhéra au Parti communiste en 1939.

Réformé, Eugène Mourou participa activement à la Résistance sous les pseudonymes "Adrien, Guillaume, Ricard" (Front national depuis 1941, hébergement de responsables communistes, FTPF puis Milices patriotiques, ravitaillement des maquis FTPF, stockage d’armes parachutées dans les locaux de la coopérative vinicole qu’il présidait). Arrêté par le SO de Draguignan, le 12 juin 1944, incarcéré à Draguignan, transféré à Marseille (Baumettes), il y resta jusqu’au 16 août 1944, libéré lors de l’insurrection. Avec son épouse Germaine Mourou, membre du comité local de Libération au titre du comité de défense paysanne, il fut désigné, le 5 septembre 1944, pour faire partie de la délégation municipale. Le 17 septembre 1944, il obtint deux voix lors de la désignation du président et fut renommé le 26 octobre 1944. Non candidat aux élections municipales de 1945 et de 1947, il fut membre du Comité départemental de défense et d’action paysanne.
Eugène Mourou, à la tête de la liste "d’union paysanne et de défense des intérêts communaux" présentée par le Parti communiste français, fut élu le 26 avril 1953 et désigné comme maire le 9 mai avec 8 voix sur 11 votants. Arrivé en tête, le 15 mars 1959, avec 160 voix sur la liste "d’union d’intérêts communaux et de défense paysanne", il conserva son poste avec 8 voix sur 11 votants, il conserva son poste jusqu’en 1971.

Le PCF étant devenu très faible dans la commune, Eugène Mourou désapprouva le désistement du candidat communiste Jean Bartolini aux élections législatives de 1962 pour le candidat socialiste SFIO arrivé derrière lui au premier tour. Il cessa alors d’adhérer au PCF, cette raison politique venant compléter des raisons personnelles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article123434, notice MOUROU Eugène, Théodore par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 29 août 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 7 32 1, 18 M 92. — Arch. Com. Ginasservis. — Renseignements fournis par le fils de l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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