SILVESTRE Henri [SILVESTRE Léon, Henri]

Par J. Gaumont

Né à Dijon (Côte-d’Or) le 27 septembre 1880 ; mort le 13 mai 1953 ; typographe ; militant syndicaliste et coopérateur.

Compagnon et disciple de Boutinon, Silvestre était d’inspiration proudhonienne. Trésorier de la Bourse du Travail de Dijon en 1904 et membre de la Commission de contrôle, il entra en conflit avec le secrétaire permanent Leloup, anarchiste, qu’il accusa d’abus de pouvoir et de malversations (1907). Après la crise et la scission de la Bourse en 1907, il dirigea la fédération ouvrière de Dijon et de la Côte-d’Or fondée le 1er décembre 1907, affiliée à l’Association nationale française pour la protection légale des travailleurs, mais non à la Fédération des Bourses qui reconnut l’organisation rivale syndicaliste-révolutionnaire. Secrétaire de la Bourse réformiste, il polémiqua vivement contre l’autre, mais, par la suite, il aida à la réconciliation et à la fusion des deux Bourses qui se produisit en avril 1909. En 1913, il s’occupait particulièrement du Réveil syndical, organe mensuel de l’UD.

Actif propagateur de l’idée coopératiste, Silvestre fut directeur-fondateur en 1908 de l’Imprimerie coopérative ouvrière de Dijon (elle existe encore), membre fondateur de la boulangerie coopérative « La Maison du Peuple » (1907), à laquelle il voulut adjoindre un rayon d’épicerie en 1912.

Mobilisé en 1914, il fit la guerre sur le front d’Orient. À sa démobilisation, il reprit son activité militante à la Bourse du Travail et soutint notamment la grève des travailleurs dijonnais du Livre en janvier 1920. Il fut trésorier de la section dijonnaise de l’ARAC et s’opposa à l’UNC, mais il fut de ceux qui s’opposèrent à l’adhésion à la Troisième Internationale.

Toujours activement coopérateur, Silvestre dirigea l’Union des coopérateurs dijonnais née en 1919 de la fusion de la « Maison du Peuple » et du Centre de ravitaillement créé pendant la guerre par la Bourse du Travail. Il fut placé à la tête de la fédération des coopératives de Bourgogne et Franche-Comté par le congrès d’août 1920. En 1935, il devint secrétaire de la section de Dijon de l’Union des coopérateurs de Lorraine qui avait absorbé les coopératives de consommation de la Côte-d’Or. Lors de l’invasion de 1940, il s’efforça d’empêcher le pillage des magasins coopérateurs de Dijon et de l’entrepôt de Velars-sur-Ouche de l’UCL.

H. Silvestre s’intéressa également à la mutualité et aux Assurances sociales : administrateur de la caisse départementale des AS de 1930 à 1940, il fut, de 1936 à 1938, président de l’union régionale des caisses d’AS.

Il a été de 1923 à 1925 administrateur du journal cartelliste La Côte-d’Or républicaine. Il fut également un membre actif du Cercle laïque.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131203, notice SILVESTRE Henri [SILVESTRE Léon, Henri] par J. Gaumont, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par J. Gaumont

SOURCE : Article nécrologique du Coopérateur de France, 30 mai 1953.

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