Né le 15 juin 1905 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), mort le 1er mai 1967 à Dijon (Côte-d’Or) ; employé de bureau, peintre en bâtiment puis journaliste et écrivain (1930-1967) ; militant socialiste et antifasciste.

Albert Soulillou resta jusqu’à neuf ans à Angers où ses parents accueillaient sous leur toit les enfants des grévistes de Trélazé, et où son père, publiciste, militant socialiste, fut élu conseiller municipal.
Pendant la Première Guerre mondiale, Albert Soulillou, dont le père avait été fait prisonnier à Verdun, partit avec sa mère à Chalon-sur-Saône chez son grand-père qui était ouvrier aux usines Schneider. Après l’école, il allait livrer les couronnes mortuaires du magasin où sa mère travaillait. Fin 1918, la famille s’installa à Dijon, Albert Soulillou entra au lycée et y demeura jusqu’en classe de seconde. De 1922 à 1927, il exerça divers métiers, mais en même temps, le soir, il suivait les cours de l’École des Beaux-Arts. Attiré par la musique et la peinture, il devint membre de chorales et d’orchestres (flûte et violon) et décora d’une fresque (aujourd’hui disparue) la première Maison des étudiants. Il participa activement, d’autre part, à la création d’un groupe de Jeunesses socialistes. En 1929 il partit pour Paris et, peu après, entra aux usines Ford. Il n’y resta que quelques semaines avant de faire ses débuts dans le journalisme. De 1930 à 1936, devenu chef du service artistique et des informations illustrées à Voilà et Détective, Albert Soulillou collabora à de nombreux journaux et revues : Europe, Commune, Regards, le Journal des poètes, Monde, Nouvel âge, Germinal, l’œuvre, dans lesquels il publia des nouvelles, des poèmes et surtout des reportages.
En 1932, il adhéra au Groupe des écrivains prolétariens de langue française et publia un roman, Les Enfants possédés, puis, en 1933, Élie ou le Ford-France-580, et, en 1934, Nitro, reportages sur la condition ouvrière chez Ford et Duco. En 1935, Albert Soulillou créa à Boulogne-Billancourt l’Université populaire « Henri-Barbusse » où Jean Rostand, Jean Painlevé, Andrée Viollis* vinrent faire des conférences. De 1936 à 1938, il séjourna à plusieurs reprises en Espagne, effectuant des reportages pour Vendredi, Regards, le Journal de Charleroi, et donnant des conférences à Paris, ainsi qu’en Tunisie. En 1937, il fut rédacteur en chef du Journal de Barcelone, puis de la Nouvelle Espagne antifasciste, et Europe publia, dans une suite de numéros, son roman Jo Les Gorgones. De 1939 à juin 1940, Albert Soulillou fut secrétaire de rédaction à L’œuvre et à la Justice
Après l’armistice, ayant refusé de reprendre sa collaboration à l’œuvre, il devint chômeur. Dans le courant de l’année 1941, Albert Soulillou partit volontaire comme bûcheron sur le chantier forestier de chômeurs de Trois-Vêvres (Nièvre), puis revint à Paris, un emploi de rédacteur lui ayant été offert à Chantiers, revue du Commissariat à la lutte contre le chômage, dans laquelle il publia de nombreux articles sur les métiers. En 1943, il dirigea un chantier de reclassement professionnel à Comblanchien (Côte-d’Or) et y créa un centre de réadaptation professionnelle de sculpteurs et architectes où de nombreux jeunes gens suivirent un cours d’apprentissage du travail de la pierre en même temps qu’ils trouvaient un abri contre le STO.
De 1944 à 1946, délégué de la région Bourgogne pour le reclassement des chômeurs intellectuels et artistiques, Albert Soulillou fonda un Musée du travail bourguignon (qui n’existe plus) et une école artisanale de dessin (devenue école des arts appliqués). Revenu au journalisme à la fin de 1946, Albert Soulillou fut correspondant de presse au Progrès de Lyon et aux Dernières dépêches de Dijon, puis à Aix-en-Provence, reporter à la Journée vinicole et à la Journée du bâtiment. De retour à Paris en 1951, il devint secrétaire de rédaction à la Revue du bois et continua ce travail à Dijon de 1955 à 1958. À partir de 1958, journaliste indépendant, Albert Soulillou écrivit des reportages et des études plus particulièrement sur les métiers du vin et du bâtiment et des articles pour le Bien public, Vie et langage, les Dernières dépêches et organisa plusieurs expositions artistiques.
Albert Soulillou qui, depuis longtemps, se proposait de brosser une vaste fresque sociale à laquelle il devait donner le titre général : Le Temps promis, avait commencé de remanier ses romans déjà parus et à en ébaucher la suite. Sa disparition prématurée l’empêcha de réaliser son projet.

ŒUVRE : En dehors des ouvrages cités ci-dessus : Chair des Atlantes et Dans la lumière, Gallimard, 1932. — La Peur sur les marcs d’or (roman paru en feuilleton dans La Justice), 1939. — Zone de la force (roman inédit).

SOURCE : Rens. de Madame Soulillou.

Jean Prugnot

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