JEAN Léon, Auguste [dit Jean-Jean]

Par Dominique Tantin

Né le 29 janvier 1889 à Damvix (Vendée), fusillé le 20 mars 1943 à Chizon, à Sainte-Pezenne, commune aujourd’hui rattachée à Niort (Deux-Sèvres) ; journalier, pêcheur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Léon Jean, fils de Léon et Marie Cardinaud, époux de Bénonine Hervé, père d’une fille, Jeannine, née en 1921, était domicilié au Vanneau à Irleau (Deux-Sèvres). Il était un militant communiste actif.
Il s’engagea dans la Résistance en liaison avec Stephan Kucharik alias Philippe, responsable fédéral militaire des Francs-tireurs et partisans (FTP) domicilié à Arçais. L’enquête de la police française sur le cambriolage de la villa Warion (banquier à Niort) à Arçais en juin 1942, commis avec Kucharik, conduisit à son arrestation et son incarcération à la maison d’arrêt de Niort à compter du 23 décembre 1942 et à son inculpation pour vols et recel. Sur commission rogatoire du juge d’instruction, une perquisition des gendarmes chez lui, le 2 janvier 1943, permit de découvrir 190 tracts communistes, 3 opuscules dont une « Histoire du Parti communiste », deux fusils de chasse et quarante-quatre cartouches. En conséquence de quoi, il fit l’objet d’un mandat de dépôt du juge d’instruction du tribunal de Niort le 6 janvier 1943 sous l’inculpation de « détention de mauvaise foi de tracts et écrits communistes, détention d’armes de chasse et de munitions, dans le but de favoriser le communisme, l’anarchie ou la subversion sociale et nationale ». Le 9 mars, au Vanneau, la police découvrit une autre cache d’armes dans une cabane, deux mousquetons et deux fusils.
Avertis dès janvier par le procureur de Niort, les Allemands se saisirent de l’affaire. Interrogé, Léon Jean les aurait nargués en affirmant qu’ils perdraient bientôt la guerre. Léon Jean fut condamné à mort « pour intelligence avec l’ennemi et détention d’armes » le 15 mars 1943 par le tribunal FK 651 de Niort et, après ratification par le chef de l’administration militaire en France, il a été fusillé le 20 mars 1943 à 17 heures à Chizon, lieu-dit de Sainte-Pezenne, commune rattachée depuis à Niort.
Il a été inhumé au cimetière des Sablières à Niort. Il fut reconnu « Mort pour la France » et Interné Politique. La Croix de guerre lui a été décernée à titre posthume. Son nom est inscrit sur le monument aux morts du Vanneau-Irleau.
Lieu d’exécution et de massacre : Niort, Chizon de Sainte-Pezenne (Deux-Sèvres).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149382, notice JEAN Léon, Auguste [dit Jean-Jean] par Dominique Tantin, version mise en ligne le 10 octobre 2013, dernière modification le 22 septembre 2019.

Par Dominique Tantin

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Deux-Sèvres, 158 W 221, 3 U 3. – Michel Chaumet et Jean-Marie Pouplain, La Résistance en Deux-Sèvres, 1940-1944, La Crèche, Geste Éd., 2010. — Pas de fiche sur Mémoire des Hommes.

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