LESEC Ernest, Pascal, François

Par Gilles Pichavant

Né le 29 novembre 1918 à Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire), fusillé après condamnation par les Allemands le 2 août 1943 dans les fossés de la citadelle d’Amiens (Somme) ; officier de la marine marchande ; résistant FTPF.

Ernest Lesec
Ernest Lesec
Photo de la page "Résistants" du site de la Maire de Mers-les-Bains (Somme)

Fils d’Henri Lesec, employé au Ministères des Finances, et de Jeanne Pauline Olivieri, sans profession, Ernest Lesec , après de brillantes études au lycée Voltaire à Paris (XIe arr.) entama une carrière d’officier de la marine marchande en 1939. Refusant de commander un navire à Marseille sous les ordres des Allemands, il revint à Mers (Somme) le 24 mars 1943.
Il entra dans la Résistance, dans les Francs-tireurs et partisans français (FTPF), dans ce qui devint à la Libération la 3e compagnie FTP. Il fut conduit dans une cache près de Saint-Riquier (Somme), par le cheminot mersois et résistant Robert Monchaux. Intégré au groupe Michel (voir Jules Bridoux, dit « Michel »), il participa à de nombreuses actions.
Le 17 avril 1943, Ernest Lesec participa au sabotage, à Hangest-sur-Somme, de la voie ferrée Amiens-Abbeville. Ce fut un succès, mais, en regagnant sa cache, il fut arrêté avec Jules Mopin. Seuls trois résistants du groupe Michel échapperont à l’arrestation, dont un mersois Robert Richard, dit « Michonnet ».
Livré à la Gestapo, il fut interrogé et torturé pendant plusieurs semaines, sans rien avouer. D’autres membres du groupe Michel furent arrêtés et torturés. Leur procès se déroula le 23 juillet 1943 et onze résistants furent condamnés à mort.
Le 2 août 1943, Ernest Lesec a été fusillé en même temps que les autres membres du groupe Michel : Georges Debailly, Alfred Dizy, Charles Lemaire, Jules Mopin, Georges Robbe, Maurice Seigneurgens, Paul Moreau, Louis Martin, Jacques Wilgos et Henri Wilgos, dans les fossés de la citadelle d’Amiens. Son corps fut retrouvé et identifié le 13 septembre 1944.
Après l’annonce de sa mort et de celle de Jules Mopin, une vague d’émotion, mêlée de colère, submergea la petite ville de Mers. Une cérémonie patriotique marquée par dépôt de gerbe au monument aux morts, suivie d’une cérémonie religieuse, eurent lieu. Non seulement les familles des défunts furent présentes, ainsi qu’une partie de la municipalité, mais une grande partie de la population mersoise y assista.
Sur le moment, l’occupant allemand n’osa pas intervenir, mais dans la soirée une quinzaine de personnes furent arrêtées, et incarcérées à la prison d’Amiens, pour être ensuite transférées à Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
À la Libération, on attribua à Ernest Lesec la mention « Mort pour la France », et le grade de capitaine à titre posthume. Après la Libération, la ville de Mers-les-Bains donna le nom d’Ernest Lesec à l’une de ses rues.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152624, notice LESEC Ernest, Pascal, François par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 9 juillet 2015, dernière modification le 17 octobre 2016.

Par Gilles Pichavant

Ernest Lesec
Ernest Lesec
Photo de la page "Résistants" du site de la Maire de Mers-les-Bains (Somme)

SOURCES : DAVCC de Caen. – Site Mémoire des Hommes, cote AC 21 P 74852. – Le bulletin municipal de Mers-les-Bains (Somme), no 6, automne 2006. – Résistants fusillés à la citadelle d’Amiens, relevées du journal La Picardie Nouvelle, des 7, 8, 11, 12 et 13 septembre 1944. — État civil.

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