MARTIN Louis, Jean

Par Gilles Pichavant, Jean-Paul Nicolas

Né le 2 août 1918 à Brest (Finistère), fusillé le 2 août 1943 à la citadelle d’Amiens (Somme) suite à une condamnation à mort ; instituteur ; communiste clandestin, résistant membre des FTPF.

Louis Martin
Louis Martin

Louis Martin naquit le 2 août 1918 à Brest, de Louis, Jean Martin, et de Jeanne Abaléa. Son père, mécanicien dans la marine, après la guerre 14-18 passée sur les navires de la Marine nationale, fut embauché comme mécanicien sur les navires de la Compagnie maritime des chemins de fer de l’État. Il fit donc carrière à Dieppe sur les paquebots de la ligne Dieppe-Newhaven.
Louis Martin passa son enfance à Dieppe et y fit ses études : la famille habitait 25 rue des Fontaines en 1936. Cette année-là, sa sœur aînée, Alberte, née en 1916 à Brest, était institutrice dans la nouvelle école Jules-Ferry, dans le quartier de Janval à Dieppe.
Louis Martin passa le concours de l’École normale de Rouen, fut reçu à son baccalauréat, et fut nommé instituteur dans une école publique de la ville d’Eu, aujourd’hui dénommée Brocéliande, et habita 21 avenue de la Gare à Eu. C’est là qu’il connut Paul Moreau, lui-même instituteur. Celui-ci fut nommé à l’école du Tréport, aujourd’hui appelé Ledret-Delmé-Moreau. Ils entrèrent ensemble dans la Résistance, dans le réseau AGIR le 25 juillet 1942, avec Victor et Marcel Dolique, militants communistes. Ils adhérèrent au Parti communiste clandestin, et appartinrent à la 5e compagnie des FTP.
Le 22 avril 1943, Louis Martin déposa un engin explosif, dans un cinéma que fréquentaient exclusivement les troupes d’occupation à Eu, en compagnie de son collègue Paul Moreau*. L’engin ayant été découvert avant d’avoir explosé, Louis et son camarade furent arrêtés et transférés à la citadelle d’Amiens. Livré à la Gestapo, il fut interrogé et torturé pendant plusieurs semaines, sans rien avouer. Les membres du groupe Michel furent arrêtés dans la même période et torturés au même endroit.
Leur procès se déroula le 23 juillet 1943, et onze résistants furent condamnés à mort comme francs-tireurs par le FK 580. Le 2 août 1943, Louis Martin a été fusillé dans les fossés de la citadelle d’Amiens, avec les autres membres du groupe : Paul Moreau, Georges Debailly, Alfred Dizy, Charles Lemaire, Ernest Lesec, Jules Mopin, Georges Robbe, Maurice Seigneurgens, Jacques et Henri Wilgos. Son corps ne fut retrouvé qu’après la guerre.
Le 10 février 1947, la ville de Dieppe donna le nom de Louis-Martin à l’ancienne rue de l’Ermitage, située dans le quartier de Janval. Une plaque commémorative, comportant les noms de Louis Martin et de Paul Moreau*, ainsi que deux instituteurs morts pendant la Première Guerre mondiale, est posée sur un mur de l’école Brocéliande de la ville d’Eu.
« Mort pour la France », Louis Jean Martin fut fait sergent FFI à titre posthume.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article152665, notice MARTIN Louis, Jean par Gilles Pichavant, Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 28 janvier 2014, dernière modification le 4 novembre 2016.

Par Gilles Pichavant, Jean-Paul Nicolas

Louis Martin
Louis Martin

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Maritime, cote 51W428 (fusillés). – Dictionnaire historique des rues de Dieppe de Claude Féron, édition 1976, et édition 2013. – Fonds ancien de Dieppe, quai Bérigny à Dieppe. – Bulletin municipal du Tréport (Seine-Maritime), 2001. – Résistants fusillés à la citadelle d’Amiens, relevées du journal La Picardie Nouvelle, des 7, 8, 11, 12 et 13 septembre 1944.

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