Né le 6 juin 1921 à Morteau (Doubs) ; instituteur ; secrétaire de la section du Doubs du Syndicat national des instituteurs (1958-1960).

Fils d’un terrassier et d’une horlogère qui détestaient la droite et les cléricaux, petit-fils d’un cordonnier décédé en 1934, militant communiste actif, Jules Aberlin fréquenta le cours complémentaire de Morteau puis l’École normale d’instituteurs de Besançon dont il sortit en 1941. Pacifiste intégral, lecteur de La Patrie humaine depuis 1938, il s’abstint de toute participation à la Résistance. Il exerça comme instituteur dans le département (Hauterive-la-Fresse, 1941-1945, Montlebon, 1945-1946, Les Hôpitaux-Neufs, 1946-1965 où il créa et dirigea le cours complémentaire). Il termina sa carrière en 1975 comme sous-directeur du collège d’enseignement secondaire Lumière à Besançon.
Militant du Syndicat national des instituteurs depuis 1948, secrétaire départemental de la commission des jeunes, Aberlin appartenait au courant de pensée se réclamant de L’École émancipée. Délégué par l’assemblée générale de la section au congrès national du SNI de Pau, en 1953, il y intervint pour repousser le rapport moral, trouvant insuffisante pour la défense corporative la nécessaire unité avec les autres catégories sociales. A nouveau lors du congrès de Paris en 1954, il repoussa le rapport, estimant que le SNI s’isolait en raison de l’action réformiste de la majorité. Délégué au congrès de Grenoble (1956), il défendit les positions de son courant dans la question sur "les aspects économiques et sociaux du progrès scientifique et technique". Il fut candidat pour le bureau national du SNI en treizième position sur la liste des « Amis de l’Ecole émancipée ». Le comité national, le 26 décembre 1955 lui donna 75 voix sur 34 108 suffrages exprimés. A nouveau candidat, le 23 décembre 1957, en troisième position sur la liste présentée par « les Amis de L’École émancipée », il ne fut pas élu avec 220 voix. Il fut à nouveau candidat sur la liste « Pour un syndicalisme de combat et d’efficacité par les Amis de L’École émancipée », en décembre 1959 en troisième position. Il figurait sur les listes présentées par sa tendance pour les élections du bureau en 1960 et en 1962.
Jules Aberlin, secrétaire de la section du Doubs de la Fédération de l’Education nationale (novembre 1956- novembre 1958), devint le secrétaire de la section départementale du SNI (septembre 1958-septembre 1960) et participa aux congrès nationaux pendant cette période. Membre du conseil syndical jusqu’en juin 1963, il fut chargé des affaires administratives et corporatives. Sur le plan départemental, il prit part aux actions contre la guerre d’Algérie et pour la défense de l’école laïque et fut le porte-parole de sa tendance. Mais en 1963, aucun syndiqué n’acceptant de le remplacer dans cette responsabilité essentielle, il préféra renoncer. De 1956 à 1963, il exerça la responsabilité de la parution et de la rédaction des bulletins départementaux mensuels de la FEN et du SNI.
Membre du groupe de Besançon de la Fédération anarchiste de 1949 à 1952, il avait participé à l’été 1949 au camping organisé par la FA à l’auberge de jeunesse tenue par José et Renée Salamé à l’île Sainte-Marguerite, en face de Cannes. En 1950 il était avec Claude Chevey, Michel Donnet et Kleber Duval le responsable de la rubrique "école" dans le Libertaire hebdomadaire. Au début des années 1950, lors des affrontements idéologiques au sein de la FA entre les partisans de Georges Fontenis et ceux de Maurice Joyeux, des frères Lapeyre*,etc.. regroupés autour du bulletin L’Entente Anarchiste, il prit partie pour ces derniers et participa à la reconstruction de la FA qui édita à partir de 1954 l’hebdomadaire Le Monde Libertaire.
Puis Aberlin cessa toute affiliation en "libertaire conséquent". Il adhéra en 1957 à l’Union rationaliste et la quitta en 1976, l’estimant trop marxiste et pro-nucléaire. Il avait été secrétaire de mairie aux Hôpitaux-Neufs depuis 1958. Membre du syndicat des instituteurs-secrétaires de mairie et de la Mutuelle retraite, il devint président de la MRI départementale (1965-1975).
Aberlin s’était marié en décembre 1951 aux Hôpitaux-Neufs avec une employée des PTT qui cessa de travailler par la suite et l’aida dans son activité militante. Le couple eut un fils.

SOURCES : Presse syndicale. – Centre H. Aigueperse (UNSA-Education). – Renseignements fournis par l’intéressé — G.Fontenis "L’autre communisme... op. cit. " — Le Lien, année 1950 — Notes D. Dupuy.

Jacques Girault, complété par Rolf Dupuy

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