FACHARD Claude, Alexandre [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né vers 1859, ouvrier mouleur, faux monnayeur à Saint-Etienne (Loire).

Fachard avait subi une condamnation pour escroquerie et abus de confiance. Il fut un ami de Ravachol* qu’il connut au syndicat des hommes de peine qui siégeait à la bourse du travail de Saint-Etienne, où les anarchistes étaient prédominants. Ce fut lui qui, semble-t-il initia Ravachol au faux monnayage.

Le 16 février 1886, Fachard fut arrêté en compagnie de sa mère et de Pierre Fauvet, 27 ans, armurier, demeurant 10 rue du Pré. Une perquisition faite à leur domicile dans le quartier Patroa amena la découverte de matières propres à la fabrication de fausse monnaie. Les pièces d’argent fabriquées étaient toutes à l’effigie de Napoléon III et au millésime de 1861. Chez Fauvet, la police trouva différents objets servant au faux-monnayage : moules, marques, liquide à argenter, des pièces de 2 francs et rien que des pièces de 2 francs fausses. La mère de Fachard était chargée de leur mise en circulation et utilisait une technique bien particulière : elle n’avait sur elle jamais plus d’une fausse pièce afin de ne pouvoir être accusée de faux-monnayage, en cas d’arrestation, et elle enterrait les autres à proximité, pour venir les chercher, une par une.

Fachard avoua devant le juge d’instruction avoir fabriqué une centaine de pièces de 2 francs.

Le 11 mai 1886, Fachard qui n’avait pas d’avocat fut condamné à 18 mois de prison, Fauvet à 15 mois et la mère de Fachard à 8 mois.

En mars 1891, des malfaiteurs pénétraient avec escalade et effraction dans une maison de campagne au lieu-dit La Côte et emportèrent une quantité considérable d’objets de literie, vêtements, mobilier. Les voleurs mirent ensuite le feu à la maison mais l’incendie fut arrêté par les voisins.

La participation de Fachard à ce vol ne put être prouvée, mais le propriétaire de la maison, M. Loy, avait occupé auparavant sa sœur comme domestique et, lors des perquisitions qui suivirent l’arrestation de Ravachol après l’assassinat de l’ermite de Chambles, la police retrouva une partie des objets volés chez lui. Fachard aida également Ravachol et sa maîtresse Madeleine Labret à transporter le butin mais prétendit qu’il croyait qu’il s’agissait d’alcool, Ravachol étant également contrebandier.

C’est à cette époque qu’un soldat du 86ème de ligne, en garnison au Puy, lui écrivit : "Chers collègues, ici, ce n’est que marches militaires, service en campagne et tout le saint-frusquin. Quant à moi, je tire ma flemme à l’infirmerie, à l’hôpital et ailleurs ; il faut faire comme on peut, sans quoi on recevrait des pruneaux, comme à Fourmies... Et Ravachol ? Ah ! en voilà un qui a bien travaillé à Chambles en débarrassant la société d’une crapule ! Quelle frousse, mes amis pour les bourgeois ! Ca craque ! courage ! Ah ! que le temps me dure de sortir de cette pourriture qu’on appelle l’armée".

Incarcéré, Fachard écrivit un billet chiffré pour faire savoir aux amis politiques que Ravachol ne serait pas chargé par les détenus, lors de l’instruction du meurtre de l’ermite. Ce billet fut trouvé dans le col de la veste d’un autre prévenu. Interrogé par M. Benad, le chef de la Sûreté de St Etienne, le jour de son arrestation, il déclara : « Si Ravachol a tué l’ermite Jacques Brunet, c’est pour la cause sainte, dans l’intérêt du parti anarchiste ».

Pour le recel de ces deux vols, la cour d’assises de la Loire le condamna le 12 décembre 1891 à 5 ans de travaux forcés.

Fachard purgea sa peine en Nouvelle Calédonie. En 1903, un Fachard était horloger à Nouméa, place du marché (Nouvelle Calédonie) où il diffusait les brochures anarchistes et le journal Les Temps Nouveaux ; il pourrait s’agir de Claude Fachard.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154144, notice FACHARD Claude, Alexandre [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 18 avril 2014, dernière modification le 14 septembre 2016.

Par Dominique Petit

SOURCES : Le Petit stéphanois 18 février et 12 mai 1886 et Le Stéphanois 12, 13, 14 décembre 1891 Mémoire, actualité en Rhône Alpes — La Croix 20 avril 1892, La Lanterne 27 mars 1892, Le Matin 4 avril 1892 Gallica — ANOM dossier H 158 — note de Rolf Dupuy.

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