PRULIÈRE Louis [Dictionnaire des anarchistes]

Par Laurent Gallet

Anarchiste puis syndicaliste « jaune » et antimilitariste de Lyon.

Prulière se fit connaître sans doute pour la première fois lors de la réunion privée anarchiste tenue au café Marcellin le 13 juin 1891. Par la suite, il fut impliqué dans une poursuite pour association de malfaiteurs en avril-mai 1892 en prévision du premier mai et du procès de Ravachol* tous deux approchants. Il fut parmi les derniers arrêtés, avec Ancian, Lombard et quelques autres, le 30 avril.

Soldat de la classe 1891, il fut dirigé vers le 99e de ligne à Gap. À son retour en 1895, il se tint à l’écart de la politique pendant quelques années.

Avec Loenger, il tenta sans succès, en 1898, de louer une salle pour y tenir des réunions et héberger la « bibliothèque scientifique pour tous » fondée par Pierre Desgranges.

Le 16 mars 1902, il se rendit au meeting organisé à l’occasion de la sortie du dernier numéro du journal anarchiste viennois Le Flambeau. Il ne prenait d’une manière générale jamais la parole lors des réunions politiques, sauf , parfois, lors de soirées consacrées à la chanson.

Prulière (parfois orthographié Prulhière) fut le gérant de L’Avenir de la métallurgie (n°1 en Juillet 1906), journal éphémère de Firminy dont le premier numéro livre le programme politique : « Le Capital et le Travail sont deux facteurs inséparables de la richesse sociale d’un pays [...] vouloir la guerre entre eux, c’est commettre un crime de lèse-patrie et de lèse-humanité ». Ce journal développa les mêmes idées de collaboration de classe que son homologue lyonnais, Le Cri d’alarme de Rivière-Latour et Francisque Brunet (n°1 le 7 avril 1906), sans toutefois adopter le catholicisme social de ce dernier. Prestement disparus, les deux journaux reparurent fusionnés sous le titre L’Union prolétarienne (n°1 en novembre 1906).

Ce même L. Prulière fut l’un des fondateurs d’un syndicat jaune à Lyon, la même année : « L’Union prolétarienne ». Ses membres, « commencèrent d’abord par fréquenter les milieux libertaires. Éconduits de ces milieux », ils se firent connaître lors de la grève des ouvriers en chaussures de Fougères, en Bretagne, à laquelle le patronat local répondit par un lock-out. Le secrétaire de la Bourse du travail de Lyon, Chazeaud, avertit les grévistes de l’arrivée des jaunes qui furent ainsi prestement démasqués et chassés.

Lorsque, début 1909, Rivière-Latour et Brunet donnèrent un successeur au journal, sous le nom L’opinion ouvrière, Prulière ne sembla pas en être l’un des animateurs. Sans doute avait-il pris ses distances vis-à-vis d’un journal opposé à l’antimilitarisme, lui qui fut inscrit au même moment sur le carnet B du Rhône.

Inscrit en mars 1909 comme antimilitariste, il fut radié du carnet B en 1913.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article154209, notice PRULIÈRE Louis [Dictionnaire des anarchistes] par Laurent Gallet, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 19 avril 2014.

Par Laurent Gallet

SOURCES : A.D.Rhône 4M260, 4M301, 4M312, 4M316, 4M326, 2T99 — L’Humanité, 22 décembre 1906.

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