Né le 25 juin 1911 à Breslau (Allemagne) ; typographe et comptable ; réfugié en France.

Allemand, Georges Adam s’était réfugié en France en 1927 ou 1929 selon les sources. Il vécut vraisemblablement d’abord à Toulouse - où il aurait été membre du groupe Bien être et liberté -, puis à Marseille, à Lézignan et à Narbonne. Inscrit sur le Carnet B de l’Aude, il fut l’objet d’un arrêté d’expulsion daté du 26 juin 1934 sur proposition du préfet de l’Aude, suite à sa participation à des manifestations, notamment à Narbonne, mais il parvint à se soustraire aux recherches.
La police signala sa présence du 20 novembre au 5 décembre 1936 à Paris où il avait été hébergé par Marcel Gold, membre de la SFIO et dirigeant de l’organisation Les faucons rouges. Ce même mois de décembre 1936, il partit pour Barcelone et se mit, en tant que non combattant, au service des républicains espagnols.
Revenu en France en février 1938, il travailla alors à Nîmes comme typographe à l’imprimerie La Laborieuse de Prudhommeaux* chez qui il habitait. Lors des évènements de Munich, il participa à un mouvement de grève et, sur le point d’être arrêté, quitta la cité gardoise pour Paris où il habita 18 rue Saint Rustique (18e arr.) chez sa compagne Hélène Le Bastard (née Kocsio, ou Kocais, le 4 février 1906 à Brasov, Roumanie), mécanicienne en fourrures avec laquelle il vivait maritalement depuis plusieurs années et dont il eut un enfant. Il était toujours sous la menace de l’arrêté d’expulsion mais bénéficiait, selon la police, de la protection de membres influents du Parti socialiste, dont Paul Rivet, député du 5e arrondissement. En octobre 1938 il aurait succédé à Julien Toublet comme secrétaire de la CGT-SR.
En septembre 1939, en tant que sujet allemand, il fut interné à Colombes puis dans un camp dans la Sarthe avant d’être enrôlé en décembre dans la 234e Compagnie de travaileurs étrangers dont il fut démobilisé le 28 juillet 1940 à Toulouse. Revenu à Paris en septembre 1940, il ne tarda pas à utiliser la fausse identité d’Emile Lacourt (né à Toulouse le 19 décembre 1906). Selon la police et jusqu’à son arrestation, Georges Adam, qui était membre de la CGT et de la Libre Pensée, fut en contact avec "Roger Michaud, rédacteur à Forces ouvrières, Julien Toublet, électricien 24 rue Sainte Marthe, et Vedrin avec lesquels il aurait constitué un noyau de résistance syndicale".
Le 3 avril 1941, suite à une perquisition chez sa compagne qui était suspectée d’être une militante communiste – elle avait été expulsée de France sous son nom de jeune fille en juillet 1927, était revenue en France pour épouser Albert Le Bastard dont elle s’était séparée, et avait cessé de milter au PC à la fin des années 1920 –, Georges Adam Lacourt fut arrêté avec notamment Marcel Berger (dont le vrai nom était Partoschek) et Michel Levachon (Kovetzki). Inculpé d’utilisation de faux état civil, il fut mis à la disposition des autorités allemandes le 4 avril et incarcéré à la Santé dont il fut libéré au bout de trois mois. Sa compagne, trouvée en possession de faux papiers et de récépissés en blanc, fut condamnée à six mois de prison.
A sa libération, Adam trouva un emploi de comptable dans une entreprise de construction au Bourget. En octobre 1942, pour échapper à la police allemande et en accord avec son patron, il fut transféré à Choisey (Jura), dans une succursalle de la même entreprise, Interreger, comme chef-comptable. Il y fit embaucher plusieurs réfractaires au STO et, en 1944, avertit plusieurs jeunes gens de leur prochaine arrestation par la Gestapo. Fin mai 1944, il fut l’objet d’une demande d’enquête auprès des renseignements généraux, étant suspecté d’être un ancien combattant des Brigades internationales et d’être l’auteur de deux attentats.
A la Libération il résidait à Choisey, puis à Oyonnax (Ain). En date du 21 février 1977, il fut l’objet d’un nouveau bordereau d’enquête (n°75.755) des renseignements généraux (pièce non versée aux archives).
Il y a peut êtrre un lien de parenté avec Georges Adam, qui dans les années 1960, était lié au groupe Jeunes Libertaires et à la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL), fut le gérant administrateur du Bulletin de liaison des jeunes libertaires-CLJA (Paris, 1963-1964) et du journal Action Libertaire (Paris, 6 numéros, novembre 1963-juillet 1965) dont le principal objet était d’assurer la défense des militants de la FIJL poursuivis et emprisonnés pour leurs actions contre le régime franquiste.

SOURCES : Archives du Gard 1W174 — APpo GA 11 (rapport des RG, 7 juin 1944) — R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste..., op. cit. — Notes de D. Vidal.

Rolf Dupuy

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