BANDIERI Aldo [BANDIERI Aldobrando, Giuseppe, Mario, dit]

Par Pierre Broué

Né le 7 novembre 1899 à Modène (Italie), mort vers le 20 octobre 1955 à Grenoble ; ouvrier du Livre à Grenoble ; militant de la CGTU comme secrétaire du syndicat du livre (mais non communiste), puis de la CGT (réorganisateur de l’Union locale de Grenoble et de l’Union départementale de l’Isère fin 1939, secrétaire du syndicat CGT du Livre en 1946), puis de la CGT-FO ; fondateur et secrétaire de l’Union départementale Force ouvrière de l’Isère.

Fils d’ouvrier italien immigré, naturalisé Français, Aldo Bandieri était en 1934 à Grenoble (Isère) secrétaire du syndicat du Livre affilié à la CGTU, l’un des rares responsables « unitaires » à n’être pas militant du PC. Il conserva ses responsabilités après la réunification de la CGT.

En 1939, au lendemain de la signature du Pacte germano-soviétique, il tenta, de concert avec Alix Berthet du SNI d’obtenir de la CA de l’Union départementale un désaveu, mais n’ayant pas réussi à entamer la majorité des ex-unitaires, préféra quitter la séance. En septembre 1939, à la suite de la dissolution par le gouvernement Daladier des organisations syndicales dirigées par des militants du PC qui refusaient de désavouer le pacte, la municipalité de Grenoble ferma la Bourse du Travail. Au moment où les responsables provisoires de l’UD, Robert Buisson et Marie-Louise Beau tentaient d’organiser une protestation ouvrière contre ces mesures, Bandieri fut l’un de ceux qui regroupèrent les syndicats épargnés en vue d’une « réorganisation » de l’Union locale de Grenoble et de l’Union départementale de l’Isère, avec une direction épurée des militants du PC. Le 22 octobre, il fut désigné par la nouvelle CA comme secrétaire adjoint de l’Union départementale, et secrétaire de l’Union locale. À la suite de la démission du nouveau secrétaire de l’UD, l’instituteur Albert, il fut appelé à le remplacer dès le 10 novembre 1939.

À la Libération, il fut désigné pour faire partie de la commission départementale de reconstruction des organisations syndicales, avec quatre autres syndicalistes, tous militants du PC Mais son attitude de 1939 ne lui était pas pardonnée, et, en décembre de la même année, il fut exclu pour cinq ans de toute responsabilité syndicale : bien que ses liens avec la Résistance fussent connus, on lui reprocha d’avoir collaboré en 1941 avec d’anciens syndicalistes liés au régime de Vichy. Mais Bandieri conservait la confiance des ouvriers du Livre et la sanction étant finalement levée, il redevint secrétaire du syndicat CGT du Livre. Après la scission de 1947, il prit le secrétariat de l’Union départementale de la CGT-Force ouvrière. Il conservait pourtant en même temps le secrétariat du syndicat CGT du Livre à Grenoble : il fut en définitive exclu de la CGT pour avoir participé à un comité confédéral national de Force ouvrière. Il conserva ensuite pendant plusieurs années le secrétariat de l’UD-FO.

Fondateur puis secrétaire général de l’Union départementale Force ouvrière de l’Isère, créée seulement le 28 décembre 1949 selon la mairie de Grenoble, Aldo Bandieri mourut dans la deuxième quinzaine d’octobre 1955 et fut inhumé le 24 octobre à Grenoble. Depuis quelques années, la maladie l’avait contraint à renoncer à ses responsabilités syndicales.

Son épouse, Marie-Madeleine décéda le 20 mai 1995, à l’âge de 87 ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article15576, notice BANDIERI Aldo [BANDIERI Aldobrando, Giuseppe, Mario, dit] par Pierre Broué, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 16 décembre 2011.

Par Pierre Broué

SOURCES : Arch. Dép. Isère, 167 M 5. — Le Travailleur Alpin, 29 décembre 1945. — Le Dauphiné Libéré, 1947-1948, passim. — Force ouvrière, n° 103, 1947 ; n° 105, 1948 et n° 506, 27 octobre 1955. — FO Hebdo, 7 juin 1995. — Arch. de la mairie de Grenoble. — Note de Louis Botella.

ICONOGRAPHIE : Force ouvrière, n° 506, 27 octobre 1955

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