GARON Paul

Par Jean-Pierre Besse, André Jeannet

Né le 18 décembre 1917 à Chalmoux (Saône-et-Loire), exécuté sommairement le 12 juin 1944 à Dagneux (Ain) ; cultivateur ; brigadier-chef au 5e régiment de dragons, à Mâcon (Saône-et-Loire) ; résistant des Forces françaises combattantes (FFC) et des Forces françaises de l’intérieur (FFI) en Saône-et-Loire, Rhône et Vaucluse.

Paul Garon était le fils de Francis, maçon et d’Anne Berland, sans profession. Après l’obtention du certificat d’études, Paul Garon travailla pour. aider ses parents à élever son frère et ses trois sœurs. La guerre le surprit dans l’unité où il était affecté, le 506e RCC, à Besançon. Son régiment ne combattit pas avant le 10 mai 1940.
Démobilisé, il se rengagea dans le 5e régiment de dragons stationné à Mâcon (armée d’armistice). Il se maria en 1942 à Coublanc (Saône-et-Loire) avec Andrée Félicie Christiane Gaillard, dont il eut un fils et il exerça le métier de cultivateur à Coublanc. Lorsque Paul Meyer (Robin) prit la tête de l’AS, en Saône-et-Loire, il engagea Garon dans le réseau Marco Polo sous le pseudonyme de Gaspard, comme chargé de mission, agent P2 et avec le numéro d’immatriculation 99 335. Celui-ci habitait Hurigny (Saône-et-Loire), dans la campagne mâconnaise. La tranquillité du lieu lui fit accepter de cacher un poste émetteur qui servit plusieurs fois par semaine au cours des mois de mai et juin 1943.
Il fit la connaissance du capitaine Charles-Louis Cayotte (Colas), aussi membre du réseau Marco Polo, avec lequel il participa à des sabotages dont l’un provoqua un déraillement près de Tournus (Saône-et-Loire) au cours duquel des Italiens dirigés sur l’Allemagne parvinrent à s’évader, ils furent conduits au maquis de Beaubery (Saône-et-Loire).
Le 26 octobre 1943, à six heures du matin, la villa de Cayotte fut cernée par les Allemands, il n’eut que le temps de se sauver à travers champs et d’avertir Garon. Cayotte se rendit dans le Beaujolais et Garon au maquis de Beaubery. Garon devint chef de groupe franc. Le 4 novembre 1943, lui et deux membres de son groupe, s’emparèrent d’un camion d’essence de l’armée allemande après avoir tué les convoyeurs. Le camion fut conduit au maquis de Beaubery. Cette action déclencha une violente attaque des forces allemandes qui anéantirent le maquis et prirent son chef, Paul Meyer (Robin).
L’activité de Garon est moins connue après l’affaire du camion d’essence, on sait qu’il se rendit ensuite à Lyon (Rhône) où il s’engagea peut-être dans un groupe franc FTPF. Il participa ou organisa une longue série d’attaques contre les convois allemands, son rôle fut particulièrement brillant dans le Vaucluse où, avec les maquis de ce département il n’hésita pas à s’en prendre à un convoi de vingt camions allemands.
Le 4 février 1944, imprudemment attablé dans un café de Mâcon où il avait retrouvé un ami, ils furent reconnus, arrêtés, emmenés à Lyon et incarcérés à la prison de Montluc, à Lyon (Rhône) Ils furent fusillés le 12 juin 1944, au lieu-dit Moulins Givry, près du chemin de Pizay, à Dagneux (Ain),.
L’acte de décès dressé le 13 juin 1944 à Dagneux et transcrit le 2 février 1945, à Coublanc (Saône-et-Loire).
Il obtint la mention « Mort pour la France » qui lui fut accordée en avril 1946 et reconnu interné résistant en mai 1952.
Il fut homologué au grade de sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC), des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et obtint le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR) [SHD Vincennes GR 16 P 244308].
Une stèle lui a été élevée à Saint-Igny-de-Roche (Saône-et-Loire).
Son figure sur la stèle 1939-1945, à Pizay (Ain) et sur les monuments aux morts, à Chalmoux, Hurigny et Saint-Igny-de-Roche (Saône-et-Loire).
Une rue porte son nom à Hurigny.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article158994, notice GARON Paul par Jean-Pierre Besse, André Jeannet, version mise en ligne le 4 juin 2014, dernière modification le 29 septembre 2019.

Par Jean-Pierre Besse, André Jeannet

SOURCES : DAVCC, Caen, dossiers 21 P 255 382 et 21 P 712 028. — André Jeannet, Marie-Hélène Velu, Commission départementale de l’Information et du Souvenir, Sur les chemins de l’Histoire et du Souvenir ACVG, Mâcon, 1988. — André Jeannet, Mémorial de la Résistance en Saône-et-Loire. Biographies des résistants, 2005, JPM.— Mémorial Genweb.— notes de Jean-Louis Ponnavoy.— État civil

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