RICHARD Yves, Maurice

Par Jean Reynaud

Né le 17 avril 1930 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise/Yvelines) ; professeur agrégé, puis maître de conférence à Marseille ; directeur du Centre de formation continue et éducation permanente de l’Université ; militant syndical.

Fils d’un métreur, Yves Richard, après l’École normale d’instituteurs (1945-1950), entra à l’École normale supérieure de Saint-Cloud (1950-1955) d’où il sortit agrégé de sciences physiques. Secrétaire de la section de l’ENS de Saint-Cloud du Cartel des ENS, il organisa avec [André Kahane-137346] (ENS de la rue d’Ulm), Simone Gervais (ENS de Fontenay), Maguy Lombard-Reynaud* (ENS de l’Enseignement technique), de multiples actions pour obtenir un traitement, pour tous les élèves des ENS dès la première année de scolarité, actions qui débouchèrent fin 1953 sur la fonctionnarisation de tous les élèves des ENS.

Yves Richard épousa le 1er août 1953 à Marseille Jeannine Faivre, qui devint professeur agrégé au lycée Marseilleveyre à Marseille. Ils eurent deux enfants.

Il enseigna d’abord à l’École normale d’instituteurs d’Avignon (Vaucluse) en 1955, avant de partir au service militaire pour 30 mois, dont 17 en Algérie (mai 1956, octobre 1958). Il prit ensuite un poste au lycée Dumont d’Urville de Toulon (1958-1960) puis au lycée Périer à Marseille (1960-1965).

Militant « liste B » du Syndicat national de l’enseignement secondaire, il fut secrétaire de la section du lycée Périer, et accepta en fin 1961 la lourde responsabilité de secrétaire départemental de la Fédération de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône. Il fut actif lors des manifestations souvent interdites pour la Paix en Algérie, des meetings improvisés contre les menaces envers les militants, dans la lutte contre l’OAS et ses actes de plasticage. Ces actions, et le soutien qu’elles trouvaient auprès des adhérents de la FEN, étaient caractéristiques de l’orientation du courant « Bouches du Rhône » qui joua un rôle décisif dans la création de « Unité et Action ». Son mandat fut interrompu par la maladie.

En 1965, Yves Richard fut nommé maître-assistant à la Faculté des Sciences de Marseille, puis plus tard maître de conférences. Il fut secrétaire de la section locale du Syndicat national de l’Enseignement supérieur. Arrivèrent les événements de Mai 1968, « avec tous les problèmes soulevés tant vis-à-vis des autorités gouvernementales qu’avec les différents courants gauchistes difficiles à contenir dans un respect de la démocratie interne et dans l’application de méthodes plus conformes à l’éthique syndicale », selon son témoignage.

La loi Edgar Faure de réforme de l’Université, puis en 1973 la division, dans l’Académie, de l’Enseignement supérieur en trois Universités, avec notamment la séparation imposée entre UI et UIII, conduisit les syndicats à agir dans les Unités d’enseignement et de recherches, structures de base de l’ensemble universitaire. Yves Richard, qui effectuait un long détachement dans un laboratoire de l’Académie des Sciences de l’URSS, avait été versé d’office dans la nouvelle UIII, mais il obtint, à son retour, sa réintégration à l’Université de Provence (UI).

Membre du bureau de l’Université, il présida la commission pédagogique en 1975-1976. En 1985 il devint directeur du Centre de formation continue et éducation permanente de l’Université, puis contribua avec ses collègues de Strasbourg, de Lille, de Reims, notamment, à la création de la Conférence des directeurs de la formation continue de l’enseignement supérieur, dont il fut le président jusqu’à sa retraite, organisme qui faisait le pendant de la Conférence des Présidents d’Université présidée par le Ministre de l’Éducation nationale.

Yves Richard était membre de l’Union des Physiciens, de l’Association des parents d’élèves du Lycée Marseilleveyre, et titulaire des Palmes Académiques.

Après sa retraite, Yves Richard resta, pendant dix ans, à titre bénévole, directeur-adjoint de l’Institut de promotion supérieure du Travail), associé au Centre National des Arts et Métiers.

Yves Richard, membre du Parti communiste français depuis 1951 à Saint-Cloud, le resta pendant 32 ans, fugitivement secrétaire de cellule à son entrée à la faculté, mais faisant ensuite le choix de ne pas accepter de responsabilités politiques, pour se consacrer à ses activités syndicales et/ou administratives.

En 2008, habitant avec son épouse Marseille, il présidait toujours l’Association culturelle et linguistique franco-russe de Marseille.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article160059, notice RICHARD Yves, Maurice par Jean Reynaud, version mise en ligne le 21 juin 2014, dernière modification le 21 juin 2014.

Par Jean Reynaud

SOURCES : Archives syndicales. — Renseignements fournis par l’intéressé.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément