BERTHELOOT André

Par Michel Dreyfus, Jeanne Siwek-Pouydesseau

Né en 1919 à Bergues (Nord), mort le 23 mars 2004 ; fonctionnaire aux Contributions indirectes ; secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF, 1956-1963) ; membre de la commission administrative puis du bureau confédéral de la CGT de 1957 à 1977.

Le père d’André Bertheloot, linotypiste, affichait des positions radicales socialistes. André Bertheloot fit des études secondaires au lycée Jean Bart à Dunkerque puis occupa un poste de maître d’internat au Quesnoy. Appelé aux armées en septembre 1939, il suivit son unité d’aviation au Maroc et ne fut pas rendu à la vie civile avant 1942. Il rejoignit alors Toulouse où il entreprit des études de droit, tout en exerçant des fonctions de maître d’internat à Auch. En 1944, il passa le concours de contrôleur - l’équivalent actuel d’inspecteur des Contributions directes - puis après un stage de formation à l’école de la rue Cardinet à Paris, il reçut une affectation à Agen et commença à exercer comme fonctionnaire de catégorie A.
André Bertheloot adhéra à l’automne 1944 au Syndicat national des agents des contributions indirectes (SNACI). Il y acquit rapidement des responsabilités, et publia de nombreux articles dans son organe régional, L’Eveil du Sud-Ouest. Secrétaire de section puis responsable régional de la 18e Région syndicale, qui correspondait à l’actuelle Région Aquitaine actuelle, il fut élu au bureau du SNACI - qui devint ultérieurement le SNADGI - en 1950 et au secrétariat général de 1952 à 1954. Il y impulsa l’orientation syndicale qui demandait alors qu’il n’y ait pas de « fusion des Régies sans harmonisation préalable des carrières et des rémunérations ». Il fut également un des tout premiers responsables des syndicats de fonctionnaires à prendre des responsabilités à la tête d’une Union départementale, celle du Lot-et-Garonne.
En 1954, André Bertheloot quitta le bureau du SNACI et rejoignit la direction de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires de France (UGFF), ou aux côtés de Léon Clair, il épaula le secrétaire général Léon Rouzaud* ; il lui succéda au secrétariat général en 1956. Léon Rouzaud, qui n’était pas communiste, avait soutenu Pierre Le Brun* considéré comme réformiste, au niveau confédéral. Bien qu’également non communiste, André Bertheloot se différencia de la minorité confédérale, animée par Pierre Le Brun, contrairement au secrétaire général de l’administration pénitentiaire, Aimé Pastre*. Jusqu’en 1963, les secrétaires généraux non communistes de l’UGFF eurent pour adjoint un membre du PC puis l’équilibre fut inversé. André Bertheloot fut secrétaire général de l’UGFF jusqu’en 1963 et siégea à son Bureau jusqu’en 1968.
En 1957, André Bertheloot fut élu, en tant que représentant de sa fédération, à la commission administrative de la CGT et en 1959, il entra au bureau confédéral. Il lui fut d’abord confié la responsabilité de trésorier de la CGT, fonction qu’il assura jusqu’en 1977. À partir de 1967 les fonctions d’administration (notamment celle du personnel, exercée par Lucien Jayat), de la gestion (patrimoine et dépenses de fonctionnement, exercée par A. Merlot) et de trésorerie furent regroupées et confiées à André Bertheloot. De 1965 à 1969, il lui échut également la présidence de l’Union générale des ingénieurs et cadres (UGIC) ainsi que les questions de fiscalité mais il fut rapidement déchargé de ces deux dernières fonctions. En revanche, André Bertheloot eut également en charge l’administration de la CGT ; il joua en particulier un rôle important dans la mise en place de « l’université syndicale » que fut le Centre d’éducation et de formation de la CGT à Courcelles, en région parisienne.
André Bertheloot remplit cette tâche, également jusqu’en 1977, date à laquelle il démissionna de ses responsabilités après neuf mandats confédéraux pour reprendre ses activités professionnelles dans son administration d’origine. De 1965 à 1974, il aurait également été en charge du service de la « propagande », de la « coordination de la presse confédérale », service de communication de la Confédération, qui, selon Dominique Andolaffatto et Dominique Labbé (op. cit. p. 130) ne put jamais émerger réellement. Lors du 40e congrès de la CGT (Grenoble, 1978), Georges Séguy tint à rendre hommage à André Bertheloot en ces termes : « ... Il est un de ceux qui, n’ayant pas d’engagement politique, contribue à l’équilibre des positions de la CGT sans jamais en atténuer, bien au contraire, le caractère avancé, progressiste et donc conquérant... André est l’un de ces hommes qui ont contribué à donner à la CGT son caractère unitaire et démocratique. »
En décembre 1977, André Bertheloot revint dans son administration d’origine comme conservateur des hypothèques à Compiègne (Oise). Il se tint désormais en marge de l’activité syndicale tout en manifestant son grand attachement à la CGT. Père d’un fils, il mourut le 23 mars 2004.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16488, notice BERTHELOOT André par Michel Dreyfus, Jeanne Siwek-Pouydesseau, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 octobre 2008.

Par Michel Dreyfus, Jeanne Siwek-Pouydesseau

SOURCES : Georges Séguy, « Le chaleureux hommage du Congrès », Le Peuple, n° 1050-1051, 1-31 décembre 1978, pp. 66-68, cité par Dominique Andolfatto, Le personnel dirigeant de la CGT..., op. cit. — Dominique Andolfatto, Dominique Labbé, La CGT. Organisation et audience depuis 1945, Paris, La Découverte, 1997. — Jeanne Siwek-Pouydesseau, Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle, Paris, Berger-Levrault, 2001. — Renseignements fournis par l’Institut CGT d’histoire sociale et par le SNADGI-CGT. — Notes d’André Allary.

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