Né le 9 juillet 1925 à Auby (Nord) ; mineur ; secrétaire général de la Fédération CGT du sous-sol.

Achille Blondeau eut ses deux grands-pères et son père mineurs. Ses parents, s’étant marié civilement, n’eurent pas droit à un logement dans les corons, aussi prirent-ils en 1926 un estaminet à Raimbeaucourt. Le jeune Achille s’intéressa bientôt aux discussions politiques qui s’y déroulaient. Son père, militant communiste, fut secrétaire de la section syndicale CGTU des mineurs de Raimbeaucout puis de la section CGT réunifiée. En 1935, il fut élu conseiller municipal.
Après son certificat d’études primaires, obtenu en 1937 avec une mention Très bien (la seul du canton), Achille Blondeau aurait pu poursuivre ses études au lycée grâce à une bourse mais son père refusa que son aîné devienne ingénieur alors que ses deux frères auraient été mineurs. Il aida alors sa mère, tout en effectuant des travaux agricoles saisonniers qui lui semblèrent très pénibles. Il avait rejoint les rangs de la fanfare, L’Avenir où il eut grand plaisir à jouer du bugle. Peut-être serait-il devenu musicien car à l’automne 1939, il s’inscrivit au Conservatoire de musique de Douai.
Embauché à quatorze ans au puits Bernard, à la Compagnie des mines d’Aniche, Achille Blondeau descendit à la mine comme galibot l’année suivante. Ayant adhéré aux Jeunesses communistes en octobre 1940, il organisa sa première grève durant l’hiver 1940-1941, mais elle fut un échec : marqué par cette expérience, il comprit « la nécessité d’être attentif aux conditions de travail ». Profondément « anti-boche », il fut arrêté le 19 janvier 1943 avec le petit groupe des JC par la Gestapo, puis transféré en avril à la forteresse de Huy, près de Liège, étape vers l’Allemagne. Achille Blondeau y souffrit de la faim et craignit d’être fusillé comme otage ; en septembre 1943, tous ceux qui, à Huy, n’avaient pas été jugés furent rapatriés en France et comparurent devant la Cour spéciale de Douai. Acquitté, il fut repris par les Allemands quelques semaines plus tard et transféré à la prison de Loos. Fin février 1944, il en fut libéré avec une petite minorité. Début avril 1944, il entra dans les FTP et devint chef de groupe, tout en reconstruisant également les JC. À la Libération, il s’engagea dans la Première armée qu’il suivit jusqu’à Berlin, mais sans avoir à combattre. Démobilisé en octobre, il reprit son travail au puits Bernard.
Militant à l’Union des jeunesses républicaines de France (UJRF) et au syndicat CGT, il fut élu en 1946 au comité du PC et en 1947, à la commission administrative du syndicat des mineurs du Nord. Début 1949, il accéda à la Fédération régionale du Nord Pas-de-Calais mais comme il le dit lui-même, « je préférais nettement l’activité syndicale à l’action politique ». Il s’était marié en juin 1948 avec Louisette, qu’il avait connue en octobre 1947 à l’École de jeunesse du PC.
Après avoir été permanent à la Fédération régionale des mineurs à Lens, Achille Blondeau accéda en février 1951 au secrétariat de la Fédération CGT du Sous-Sol ; le couple vint alors s’installer dans la région parisienne. Le militantisme d’Achille Blondeau lui valut plusieurs condamnations, tant pour son action gréviste que pour sa lutte contre la guerre d’Indochine où il fut poursuivi « pour provocation de militaires à la désobéissance » ; il bénéficia d’une grande campagne de soutien du PCF et n’écopa que d’une amende. Il devait être arrêté une dernière fois à Santiago du Chili en 1981 où il était venu pour le compte de l’Union internationale des mineurs.
À la Fédération du Sous-Sol, Achille Blondeau fut secrétaire à la jeunesse, trésorier fédéral de 1956 à 1958, puis responsable à l’organisation et à l’éducation. Il dirigea Le Travailleur du Sous-Sol et Droit minier. Il fut élu secrétaire général de la Fédération lors de son congrès tenu à Pau en 1960, et conserva cette responsabilité jusqu’en juin 1980. De 1978 à 1983, il fut administrateur des Charbonnages de France.
En 1951, il avait été élu, au titre de sa Fédération, à la commission administrative de la CGT. Il y siégea jusqu’en 1969 et accéda alors à sa commission exécutive jusqu’en 1977, exerçant de façon consécutive onze mandats confédéraux.
Présent dans la Tour B à Argenteuil lorsqu’elle explosa, fin 1971, en faisant vingt morts, il fut hébergé par Louis Viannet qui habitait dans la même commune et avec qui il fit alors connaissance : de cette date naquit « une amitié indéfectible » entre les deux hommes.
À la retraite en 1980, Achille Blondeau poursuivit son militantisme sous diverses formes. Il anima notamment l’Institut CGT d’histoire sociale des mines qui se transforma en février 2002 en Institut d’histoire sociale mines énergie, dont il fut le président.

SOURCES : Témoignage manuscrit d’Achille Blondeau, Centre confédéral d’archives de la CGT. — Dominique Andolfatto, Le personnel dirigeant..., op. cit. — Pierre Outteryck, préface de François Duteil, Achille Blondeau, Mineur, Résistant, Déporté, Syndicaliste , Éditions Geai bleu, 2006, 238 pages.

Michel Dreyfus

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