COLONNA Jean, Étienne

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 8 juillet 1924 à Pont-Saint-Esprit (Gard), fusillé le 3 mai 1944 au fort de la Duchère, Lyon (Rhône) ; étudiant ; résistant.

Fils de Jean Colonna et de Rose Virgile, Jean Colonna était élève à l’École nationale professionnelle (ENP) à Voiron (Isère).
Le 22 mars 1944, Ernest Jourdan, le chef de la Milice de Voiron, participa à l’assassinat d’un résistant important de la région grenobloise. Le 14 avril, la BBC annonça la condamnation à mort du milicien. Le 20 avril 1944, quatre élèves de l’ENP (École nationale professionnelle de Voiron, Isère), parmi lesquels Jean Colonna et Édouard Girard, exécutèrent Ernest Jourdan, son épouse, sa mère, sa fille de trois ans, sa tante et deux gardes du corps. Le 24 avril, à Grenoble (Isère), des gendarmes arrêtèrent Jean Colonna qui reconnut avoir participé aux meurtres. Les jours suivants, le surveillant Paul Durand et une vingtaine d’élèves, parmi lesquels Édouard Girard et Paul Jarriand, furent arrêtés.
Le 3 mai 1944, après avoir subi des tortures, Jean Colonna, Paul Jarriand, Paul Durand et Édouard Girard furent incarcérés à la prison Saint-Paul (Lyon). Le jour même, ils comparurent devant la cour martiale du secrétariat général au Maintien de l’ordre, siégeant à la prison Saint-Paul. Jean Colonna, Paul Durand et Édouard Girard furent condamnés à mort pour assassinat et fusillés au fort de la Duchère à Lyon (IXe arr.). Ce fut également le cas de Jarriand, mais il n’apprit sa condamnation qu’une fois placé devant le peloton d’exécution. Leurs camarades de l’ENP furent contraints d’assister à l’exécution. L’un d’entre eux témoigna ensuite : « Dans la cour du fort où avait été planté 4 poteaux se trouvaient 4 pelotons en armes (un peloton en face de chaque poteau). Ces derniers étaient composés par moitié de GMR et de [soldats] du 1er Régiment de France. [...] il était 14 h 15, mes jeunes amis, qui n’avaient par complètement perdu courage furent conduits chacun devant un poteau d’exécution, et demandèrent à être fusillés de face, cette dernière volonté leur fut refusée, et l’exécution eut lieu dans le dos. »
En 1944, l’affaire de Voiron heurta les esprits. La propagande vichyste se déchaîna et la Résistance se désolidarisa des trois condamnés. Le 2 mars 1945, la chambre de révisions de la cour d’appel de Lyon cassa l’arrêt de la cour martiale et réhabilita les trois fusillés.

Lyon, fort de la Duchère (19 février - 4 août 1944)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article169421, notice COLONNA Jean, Étienne par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 2 janvier 2015, dernière modification le 3 février 2019.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3678W20, 3808W675. – Virginie Sansico, La justice du pire, les cours martiales sous Vichy, 2002. – tracesdhistoire.fr. – Mémorial GenWeb.

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