ODINOT

Cheminot ; syndicaliste CGT de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ou de Lisieux (Calvados).

En 1907, Odinot fut délégué au 18e congrès national des travailleurs des chemins de fer, qui se tint à Paris du 10 au 13 avril. Il y représentait les sections de Rouen-Ouest et de Lisieux. Il joua un rôle très actif dans ce congrès, en intervenant à plusieurs reprises dans les débats, et en étant assesseur, avec Amory* d’Argenteuil et de Versailles, de Villain*,(peut-être Villain), de Béthune et Longueau, président de la séance de soirée le 12 avril.

Il intervint sur le rapport de la commission de contrôle, et fut le signataire, avec Roger (de Caen), Augereau* (du Mans), Avenel (de Rennes et Dol), Sigrand* (de Cherbourg), et Marchal (de Paris-Ouest RD), d’une motion visant à lui donner plus de pouvoir.

Il intervint sur le rôle et les attribution des contrôleurs du travail dont il dénonça l’insuffisance des attributions, à l’origine de l’inefficacité de leurs interventions. Il demanda que la délégation du congrès, qui devait être reçue par le ministre, insiste pour que « toutes les plaintes soient reçues, et les dérogations constatées par les contrôleurs soient l’objet de procès verbaux, et que ceux-ci ne puissent être arrêtés par les fonctionnaires des travaux publics. » Sa proposition fut acceptée par le congrès.

Odinot, signalant la situation précaire des ouvriers poseurs de voies, demanda la création d’une commission de la voie, proposition qui fut acceptée par le congrès. Il fut élu rapporteur de cette commission, qui fut composée aussi de : Chaulet, d’Avignon et Toulon ; Denis*, de Valenciennes ; Durançon*, de Rambouillet et Chartres ; Faure*, de Toulon S.-O. ; Grandvallet*, d’Epernay ; Lecoanet*, de Noisy-le-Sec, Legouhy*, de Pontarlier ; Pétry*, de Saint-Mariens ; Schès*, de Dunkerque ; Scholl*, de Toulouse et Agen ; Thuau*, de Paris-Orléans ; Hubert*, délégué du conseil. Odinot présenta le rapport de cette commission durant la 6e séance du congrès, le 12 avril après-midi.

Il intervint aussi sur le rachat de la compagnie de l’Ouest par l’État, et il défendit longuement la proposition de modification de l’article 11 du projet de loi, fait par la commission d’étude du Syndicat national, qui préconisait que les représentants du personnel bénéficient d’un tiers des postes au conseil d’administration de la compagnie, soit neuf représentants, contre un seul poste pour le projet du gouvernement, la commission de la Chambre des députés en proposant trois. Le congrès se prononça pour le rachat total par l’État de la compagnie de l’Ouest, et vota la proposition de la représentation des salariés, en précisant que les neuf élus par le personnel le seraient à raison de trois par service.
_Après avoir insisté sur l’idée qu’il devait y avoir un salaire minimum établi par région, il proposa l’ordre du jour suivant qui fut voté par le congrès, à l’unanimité moins douze voix : « Les salaires doivent être fixés par région en établissant un salaire minimum pour permettre aux familles de vivre.
Le congrès national laisse ce soin au congrès régionaux, seuls qualifiés pour connaître le prix des vivres dans leurs régions respectives. »

Il intervint aussi sur la presse syndicale pour protester contre les articles publiés contre des personnalités en citant le cas d’un article fâcheux visant un « sous-inspecteur », et déposa au nom du groupe Rouen-Ouest une proposition de résolution tendant à la suppression de ces articles. Il fut soutenu en ce sens par Guérard, le secrétaire du conseil d’administration du syndicat, qui appuya, au nom du CA, sa proposition et critiqua ce genre d’articles en citant l’exemple d’un article intitulé : « Le train de sa majesté Peau de Boudin, » à propos duquel une correspondance très vive fut échangée entre le siège, qui refusa de le publier, et le groupe à l’origine de l’article. La proposition du groupe Rouen-Ouest fut adoptée à l’unanimité.

Se confond peut-être avec Odinot, chef de district à Évreux (Eure) en 1910, qui fut secrétaire du comité exécutif provisoire du syndicat des ouvriers et employés des chemins de fer après la grève de 1910.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article169505, notice ODINOT, version mise en ligne le 5 janvier 2015, dernière modification le 5 janvier 2015.

SOURCE : Compte rendu du 18e Congrès national du Syndicat national des travailleurs des chemins de fer (France). Impr. nouvelle (Paris), 1907, sur Gallica.fr.

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