BERTRAND Émile

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 18 mai 1920 à Lyon (IIe arr.), guillotiné le 3 novembre 1943 à la prison Saint-Paul (Lyon, IIe arr.) ; horticulteur ; membre des Jeunesses communistes ; résistant au sein des FTPF dans le Rhône.

Émile Bertrand était le fils de Jean Antoine Bertrand et Marguerite Vignat. Il fut élève du Foyer départemental de la Côte-Saint-André (Isère) et devint horticulteur à Décines-Charpieu (Isère, Rhône). Il milita dans les Jeunesses communistes. En 1943, sa mère demeurait au 4 rue Jules Ferry à Décines-Charpieu. Émile Bertrand résidait au 243 route de Vienne à Lyon (VIIIe arr.).

Il constitua le groupe de résistance Guy-Môquet dans le secteur Vaulx-en-Velin – Décines-Charpieu. Son groupe fut ensuite rattaché à la 2e compagnie de Ville des FTP, 2e sous-section. De mars à septembre 1943, son groupe détruisit des réserves de carburant et d’alcool (usines Gignoux), sabota des usines travaillant pour l’Allemagne, détruisit des lignes téléphoniques souterraines, sabota des pylônes à haute tension, vengea les résistants victimes de dénonciations et récupéra des tickets d’alimentation dans des mairies.
Émile Bertrand fut arrêté le 6 octobre 1943 puis incarcéré à la prison Saint-Paul (Lyon). Il fut condamné à mort le 25 octobre 1943 par la Section spéciale de la cour d’appel de Lyon puis guillotiné dans la cour de la prison Saint-Paul le 3 novembre.
Le 12 décembre 1943, un commando de FTP exécuta Faure-Pinguely, le président de la Section spéciale, qui l’avait fait guillotiner.
Le jour de son exécution, Émile Bertrand écrivit une dernière lettre à sa mère et à sa fiancée, Olga.

Le 3 novembre 1943, son corps fut mis en terre au cimetière de la Guillotière nouveau (Lyon, VIIIe arr.). Exhumé le 6 novembre à la demande de sa famille, il fut inhumé définitivement au cimetière de Décines-Charpieu.

Son frère, Jean Bertrand, maquisard au camp Desthieux, fut tué le 19 mars 1944 lors du combat de Montchal (Loire). Sa nièce fut la dirigeante communiste Mireille Bertrand.

Une rue à Décines-Charpieu porte son nom.

« Dernière lettre
prison Saint-Paul à Lyon
3 novembre 1943
Mimile à sa mère et à Olga
 
Ma chère maman Ma chère Olga
 
L’heure fatale est arrivée. Je vous quitte. Je viens d’entendre la Sainte Messe et j’ai communié. J’ai retrouvé le chemin de Dieu et je meurs avec confiance.
Quelle douleur pour vous deux ma chère maman et toi qui étais plus que ma fiancée, déjà ma femme. Mes dernières pensées auront été pour vous deux. Ne pleurez pas trop, pensez que je suis mort en Français, en Communiste et aussi surtout en Chrétien.
Soyez mes messagères auprès de tous ceux que j’aime pour leur porter mon dernier souvenir, mes derniers baisers.
Ne vous laissez pas abattre, j’ai eu conscience de faire mon devoir. Je regrette seulement et de tout cœur d’avoir tué.
Pardon maman pour cette grande peine. Sois courageuse Olga. Je vous aime du fond du cœur.
Je vous embrasse bien bien tendrement comme je vous ai toujours aimées.
Mimile »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article169568, notice BERTRAND Émile par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 7 janvier 2015, dernière modification le 29 juillet 2019.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Mun. Lyon, 1014WP11. — CHRD, Lyon, art. 1167 (dossier de Simon Frid). – Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et alentours : 2 824 engagements, 2003. – Mémorial GenWeb. — Dernière lettre communiquée par Mireille Bertrand.

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