TOURE Abou El Caba

Par Françoise Blum

Né en 1933 à Matam (Sénégal) ; Enseignant ; Directeur général de la Culture et de la Communication à l’Agence de Coopération culturelle et technique (A.C.C.T., actuelle OIF) ; Association générale des étudiants de Dakar (AGED) ; Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) ; Parti africain de l’indépendance (PAI) ; Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES).

Abou El Caba Touré est né en 1933 à Matam, un village de la vallée du fleuve Sénégal. Son père était commerçant. Après l’école coranique, comme plus tard ses frères et sœurs, il va à l’école française, à Matam, où il obtient son Certificat d’études. Il s’inscrit ensuite en Lettres classiques au lycée Faidherbe de Saint-Louis. Il est alors à l’internat, dans des conditions qu’il se rappelle dures (le froid de l’hiver et le manque de confort en général). Cette école française et le régime sévère du lycée l’auront, dit-il, beaucoup marqué.

Après son baccalauréat, il s’inscrit en propédeutique à l’Université de Dakar où il arrive en 1956. Il milite alors à l’Association Générale des Étudiants de Dakar (AGED). Toujours à Dakar, il obtient, en sus de la propédeutique, deux certificats, en littérature et philologie-grammaire.

En 1958, il arrive à Paris, où il poursuit des études de linguistique à la Sorbonne. Il se souvient encore avec bonheur des cours d’André Martinet. Il loge alors à la Maison de la France d’Outre-mer (FOM) de la Cité Internationale universitaire du boulevard Jourdan et milite à la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) et au Parti Africain de l’Indépendance (PAI). Il est élu au Comité Exécutif de la FEANF, alors dominé par le PAI, en décembre 1961, comme vice-président aux affaires panafricaines, ce qui le conduit à beaucoup voyager : Londres pour les contacts avec la Wasu, Tunis, Prague. Il connaît alors de nombreux intellectuels du Parti communiste français : Paul Laurent, Roger Garaudy, Georges Cogniot, Philippe Robrieux qui est alors à l’UEC chargé des relations avec la FEANF. Il quittera le PAI en 1967, du fait, dit-il des « problèmes » qu’a connu le parti. Ces activités militantes ne l’empêchent pas d’obtenir une licence de linguistique, une licence de lettres modernes puis le CAPES.

Il rentre au Sénégal en 1962, une fois ses diplômes obtenus à Paris, et il est recruté sur un poste au lycée Gaston Berger de Kaolack, où il enseigne pendant huit ans le français. Syndiqué, il est l’un des responsables du Syndicat Unique et démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES) dès sa création, en 1976. Par la suite, il deviendra, pendant 4 ans, proviseur du lycée Faidherbe de Saint-Louis, retournant ainsi sur les lieux de ses études secondaires.

Tant à Kaolack qu’à Saint-Louis, il rencontre quelques problèmes avec les gouverneurs, qui l’accusent de susciter la grève des élèves, du fait de son engagement syndical. Il a en revanche entretenu d’excellents rapports avec les ministres de l’Éducation nationale que furent Assane Seck et son ancien condisciple Abdel Kader Fall.

En 1977, il est nommé à la Commission nationale de réforme de l’Éducation nationale, avant de prendre part aux États généraux de l’Éducation nationale au début des années 80.

Il prend ensuite fonction à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Dakar, qui deviendra la FASTEF (Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation), où il enseigne comme formateur.

Parallèlement, il donne des cours à l’Institut des Sciences de la terre, et à l’ENSUT.

Il est nommé Directeur général de la Culture et de la Communication à l’Agence de Coopération culturelle et technique (A.C.C.T., actuelle OIF) en 1986. Il restera ainsi 4 ans à Paris, où il s’installe avec sa famille. À la fin de son mandat à l’A.C.C.T., il reprend ses fonctions à l’ENS, jusqu’à sa retraite en 2003. Depuis, il se consacre à ses recherches en stylistique et en linguistique, sur la poésie pulaar.

Il est marié à Khady Kane, Docteur en Sciences de l’information et de la Communication, et chercheure à la retraite. Ils ont cinq filles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article170639, notice TOURE Abou El Caba par Françoise Blum, version mise en ligne le 14 février 2015, dernière modification le 18 juin 2015.

Par Françoise Blum

SOURCES : Entretien avec El Caba Touré, Dakar, janvier 2015

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