BEAUX Jean, Pierre, Émile, alias "Guillot" (surnom)

Par André Balent

Né le 1er mars 1873 à Valmanya (Pyrénées-Orientales), assassiné à Valmanya par les forces d’Occupation ou la Milice les 2 ou 3 août 1944 ; agriculteur à Valmanya.

Agriculteur à Valmanya, Pierre Beaux se maria le 21 mai 1898 à Estoher (Pyrénées-Orientales) avec Catherine, Marie Thérèse Bousquet. En 1944, il avait trois enfants âgés respectivement de trente-neuf, quarante-deux et quarante-cinq ans.

Le 2 août 1944, alors que les Allemands et la Milice attaquaient le village de Valmanya, « coupable » à leurs yeux de complicités avec les maquis du Canigou FTPF Henri-Barbusse (Voir Panchot-Barthélemy ; Panchot Julien) et de l’AGE (Voir Galiano Gracia Manuel ; Gandia Lorenzo Rafael), la population avertie à temps se réfugia dans les montagnes. Seuls quatre hommes restèrent sur place et furent torturés et assassinés par les Allemands (Douane et armée) ou, plutôt, par les francs gardes de la Milice (Voir Romeu Jacques ; Barrena Emeterio, Gimeno José). Comme Romeu, Beaux se considérait comme trop âgé pour s’enfuir dans la montagne et pensait que l’on ne lui ferait rien. René Horte, résistant et président du CLL de Valmanya signala son "exécution par les Allemands le 3 aôut 1944 à 11 heures du soir". Il déclara aussi que Beaux " a rendu de grands services aux FFI de la région (ravitaillement)" (Sentis, op. cit., p. 26). D’après un chauffeur de l’un des véhicules réquisitionnés par les Allemands afin d’acheminer leurs hommes à Valmanya, Beaux et les trois autres prisonniers ont été retenus plusieurs heures par les miliciens. Dans la soirée, Beaux décida de rentrer chez lui. Un franc garde voulut l’en empêcher. Beaux le frappa avec sa canne. Le milicien l’abattit alors d’une rafale de mitraillette en même temps que les trois autres prisonniers. Ce témoignage conforte la la version qui permet d’attribuer à la Milice et non aux Allemands l’exécution des quatre habitants de Valmanya.

Les noms des quatre fusillés du village de Valmanya s’ajoutent à celui de Julien Panchot chef adjoint du maquis FTPF Henri-Barbusse, exécuté dans la montagne aux mines de fer de la Pinosa (commune de Valmanya) par les forces d’occupation après avoir été blessé dans le combat. Le nom de Julien Panchot ne figure pas sur la plaque commémorative de la « grotte » proche du village incendié et détruit puis reconstruit après la Libération. Le nom des quatre fusillés ainsi que celui de François Cabaussel, un FTP « disparu » alors qu’il avait pris part aux combats des 2 et 3 août 1944 et ceux des déportés — dont l’épouse du résistant René Horte — de la commune figurent sur la plaque commémorative de la « grotte ».

Voir Lieu d’exécution de Valmanya [Velmanya] (Pyrénées-Orientales)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article170667, notice BEAUX Jean, Pierre, Émile, alias "Guillot" (surnom) par André Balent, version mise en ligne le 15 février 2015, dernière modification le 6 juillet 2017.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 2 E 4135, état civil de Valmanya, acte de naissance de Pierre Beaux et mention marginale. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 762, p. 764, p. 921. — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, I, Chronologie des années noires, Prades, Terra Nostra, p.p. 318-319. — Georges Sentis, Dictionnaire biographique des résistants et des civils des Pyrénées-Orientales tués par les Allemands et les collaborateurs, Perpignan, ditions M / R, 28 p. [p. 26].

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