BUISSON Louis

Par Jean-Luc Marquer, Claude Pennetier

Né le 10 décembre 1915 à Vienne (Isère), exécuté sommairement le 30 août 1944 à Vienne (officiellement à Chuzelles, Isère) ; ouvrier du textile ; homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant.

Cliché de  Yannick Voyeaud
Cliché de Yannick Voyeaud

Louis Buisson était le fils de Joseph et de Consoline, Angèle, Marie Négri.
Cinquième d’une famille modeste de huit enfants, il fut très vite placé chez des agriculteurs mais fut attiré très rapidement par la mécanique.
Il effectua son service militaire dans une unité d’auto-mitrailleuses de reconnaisssance et devint conducteur d’engins blindés.
Au mois de juillet 1938, il fut embauché par l’usine textile Pascal-Valhuit à Vienne.
Le 19 août 1939, il épousa Marie, Antonia Royet. Le couple s’installa au mas de Leveau à Chuzelles (Isère).
Rappelé à l’activité en septembre 1939, il fut affecté au 20ème groupe de reconnaissance de corps d’armée (G.R.C.A.), dans un escadron moto.
Son unité fut chargée de la défense de la frontière suisse.
En juin 1940, le 20ème G.R.C.A. stationna à La Fouillouse (Loire).
Le 23 juin 1940, lors d’une patrouille à Saint-Symphorien-sur-Coise (Loire), il réussit à échapper aux troupes allemandes qui arrivaient, ramenant sur son side-car un de ses camarades de patrouille.
Le 15 juillet 1940, au cours d’une prise d’armes à la caserne de la Part-Dieu à Lyon (Rhône), Louis Buisson fut cité à l’ordre de la Division et décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent.
Démobilisé le 26 juillet 1940, il reprit son emploi dès le 29.

Encouragé par son voisin Henri Jullien, Louis Buisson s’engagea dans la Résistance active à partir de la mi-août 1944 et entra dans la clandestinité le 21 août, rejoignant le groupe Lagrange, entre Vienne et Chuzelles (Isère), installé au restaurant Charvet, route de Leveau.
Il se chargea de l’entretien des voitures des maquisards et de la garde des prisonniers allemands, revenant prendre quelques heures de repos chez lui.
Le 30 août 1944, averti que les Allemands avaient investi le restaurant Charvet et saisi le stock d’essence et de chaussures, Louis Buisson sauta sur son vélo.
Quand il arriva, essence et chaussures étaient déjà parties mais Louis Buisson voulut déplacer les armes cachées dans la cave. Trois employées du restaurant s’employaient à transporter les provisions alimentaires pour éviter leur pillage quand un nouveau camion allemand se présenta.
Ses occupants en descendirent promptement mirent en joue les trois femmes.
Louis Buisson s’interposa alors. Il fut fouillé et le revolver qu’il portait et dont il avait oublié de se débarrasser fut trouvé.
On le fit asseoir sur un banc et il fut mis en joue.
Profitant d’un instant d’inattention de la sentinelle, il tenta de s’échapper mais fut blessé d’une rafale de mitraillette qui l’arrêta dans sa fuite.
Louis Buisson fut alors achevé d’une autre rafale,de coups de crosse dans la tête et du coup de grâce.
Le restaurant Charvet fut incendié par les Allemands qui interdirent aux pompiers d’approcher.

Louis Buisson fut enterré dans le cimetière de Chuzelles.

Il obtint la mention "Mort pour la France", fut homologué membre des Forces françaises de l’Intérieur avec le rang de caporal et interné résistant.

Il fut décoré de la Médaille militaire et de la Médaille de la Résistance à titre posthume.

Son nom figure sur la stèle érigée à proximité du lieu de l’exécution, route de Leveau, sur le monument aux morts de Chuzelles et sur le sur le monument commémoratif des usines Vaganay place Muray-Tardy à Vienne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article171092, notice BUISSON Louis par Jean-Luc Marquer, Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 février 2015, dernière modification le 5 décembre 2019.

Par Jean-Luc Marquer, Claude Pennetier

Cliché de  Yannick Voyeaud
Cliché de Yannick Voyeaud

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’oppression : 3808 W 659 — SHD Vincennes, GR 16 P 96818 — AVCC Caen, AC 21 P 35717 et AC 21 P 719473 (à consulter) — Jean-Daniel Berger, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère, tome 1, Juin 1940-juin 1944, tome 2, Juin-septembre 1944, Impressions Modernes (Guilherand-Granges) ; 2001 — Mémorial GenWeb — Mémoire des hommes — État civil — Note de Yannick Voyeaud.

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