DOURET Marcel

Par Daniel Grason

Né le 25 novembre 1913 à Monthermé (Ardennes), exécuté le 16 août 1944 par les Allemands à la cascade du Bois de Boulogne (Paris XVIe arr.) ; terrassier, livreur, gardien de la paix ; membre du Mouvement de Libération Nationale (MLN), des Forces Françaises Combattantes (FFC) et des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I).

Marcel Douret.
Marcel Douret.

Fils d’Arthur et de Marie, née Moyen, Marcel Douret obtint le CEP à la fin de sa scolarité. Le 13 octobre 1934 il était incorporé dans le 16ème Bataillon de Chasseurs à pied à Saint-Avold (Moselle), il fut libéré avec le grade de caporal le 12 octobre 1935. Il demeura chez ses parents à Monthermé, à Véretz (Indre-et-Loire), puis au 16 rue des Glycines à Gagny (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). Il épousa Marguerite Chapin le 12 septembre 1936 à Poinçon-lès-Larrey (Côte-d’Or). Le couple demeura 19 rue de la Cote des Levants à Villemomble (Seine, Seine-Saint-Denis), trois enfants naquirent.

Marcel Douret travailla comme terrassier avec son père, en 1930 il devint livreur chez un chez un grainetier à Rosny-sous-Bois. Il postula un poste de gardien de la paix en décembre 1937, Il entra dans la police le 23 mars 1938, il fut affecté au commissariat de Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis). Il ne se fit pas remarquer pendant la guerre par une activité politique.

Début juin 1944 Wigen Nercessian, ingénieur, gaulliste rencontra Charles Porel qui se présenta comme un autrichien, ancien brigadiste en Espagne républicaine, membre de l’Intelligence service. Il s’agissait en fait de Karl Rehbein, membre du Sicherheitsdienst, service de renseignements de la SS (SD). Celui-ci mit Nercessian en relation avec un autre capitaine de l’Intelligence service, « Jack » qui parlait couramment le français, l’italien, l’anglais et l’allemand n’était autre que Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, alias Guy de Montreuil etc., chef de groupe de la Gestapo. Wigen Nercessian mit en relation « Jack » avec les résistants Guy Hémery et Jean Favé. Des Résistants de l’entourage du docteur Henri Blanchet, capitaine FFI le mirent en garde, en cette mi-août 1944 trois tonnes d’armes qui allaient tomber du ciel leur parurent suspects.

Des résistants de différents groupements : Jeunes chrétiens combattants, Organisation civile et militaire, FFI-FTP de Chelles et de Draveil, ainsi que des membres du réseau Turma-Vengeance du Raincy et de Chelles. Ils se présentèrent à bord d’une ambulance et de deux camionnettes, le capitaine anglais « Jack » les accueilli. En réalité il s’appelait Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, alias Guy de Montreuil etc. Parlant couramment l’anglais, l’italien et l’allemand il travaillait pour le Sicherheitsdienst, le service de renseignements de la SS (SD) installé rue des Saussaies.

Le 16 août 1944 vers 8 heures du matin Marcel Douret et Bernard Gante également gardien de la paix participaient à l’escorte de camions devant aller chercher des armes pour des résistants de différents groupes. L’opération était commandée par le docteur Henri Blanchet chef des FFI-FTP de Chelles (Seine-et-Marne) et Jean Favé chef de groupe FFI de Gournay. Tous les deux dirigeaient le 2ème groupe composé de Marcel Douret, Bernard Gante, Arthur de Smet, René Faugeras, Pierre Bezet, Jean Veron, Robert Magisson, Luigi Vannini, Franck Hémon, Roland Verdeaux, Charles Birette et Jacques Schlosser. Une quarantaine de résistants étaient répartis dans deux camionnettes et une ambulance. « Jack » et Wigen Nercessian attendaient sur place. Le convoi alla à quelques rues de là, emprunta la rue d’Armaillé, entra au 11 bis dans un grand garage vers 11 heures 30. Les véhicules furent cernés une trentaine de SS et des hommes de mains en civils commandés par le lieutenant SS Walter tirèrent. Dans la soirée du 16 août 1944, des bruits de mitrailleuse et de grenades retentirent près de la Cascade du Bois de Boulogne, la Gestapo exécutait trente-quatre hommes dont Marcel Douret.

L’agent infiltré, chef de groupe de la Gestapo Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, dit « Jack » fut arrêté par les Services américains au Danemark et remis à la police française le 25 octobre 1945. Responsable d’une centaine d’arrestations, notamment des exécutions de la rue Leroux et de la Cascade du Bois de Boulogne, il comparut le 2 avril 1949 devant la cour de Justice de Paris. Condamné à mort il fut passé par les armes le 20 avril à 8h 30 au fort de Montrouge.

Friedrich Berger responsable des antennes de la Gestapo de la rue de la Pompe et de l’avenue Victor-Hugo, condamné à mort par contumace le 22 décembre 1952 mourra de maladie le 10 février 1960 à son domicile de Munich (Allemagne).
Inhumé le 19 août 1944 au cimetière parisien de Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine), Marcel Douret fut exhumé le 2 octobre. Une cérémonie religieuse se déroula dans l’église de Villemomble, puis la ré-inhumation eut lieu dans le caveau familial au cimetière de Gagny.

Marcel Douret fut déclaré « victime du devoir », cité à l’ordre de la Nation, décoré de la Légion d’honneur à titre posthume, homologué FFI et membre des Forces Françaises Combattantes. Son nom figure sur les stèles et plaques commémoratives du commissariat de Noisy-le-Sec, de la cascade du Bois de Boulogne, sur la liste des Morts pour la Libération de Paris au Musée de la Police, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, Ve arr. et sur le monument aux morts de Villemomble. Le conseil municipal de Villemomble donna le nom de Marcel Douret à une rue de la ville.

Son nom est inscrit sur le mémorial de la Résistance ardennaise de Berthaucourt à Charleville-Mézières (Ardennes).



16 août 1944. Cascade du Bois de Boulogne à Paris (XVIe arr.)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article171228, notice DOURET Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 mars 2015, dernière modification le 17 janvier 2019.

Par Daniel Grason

Marcel Douret.
Marcel Douret.

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, JB 11, JB 15, KC 11. – SHD, Caen AC 21 P 122626. – Bureau Résistance : GR 16 P 11280. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la Résistance, Éd. Le Cherche Midi, 2005. – Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos. La bande de la rue de la Pompe 1944, Éd. Ouest-France, 2013. – Guy Krivopissko, Axel Porin, « Les fusillés de la Cascade du bois de Boulogne », Éd. Mairie de Paris, 2004. – Site internet Gilles Primout, « Guet-apens Porte Maillot », 2015. – Site internet GenWeb. – État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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