ROUILLON Pierre, Vincent

Par Daniel Grason

Né le 31 décembre 1924, exécuté le 16 août 1944 par les Allemands à la cascade du Bois de Boulogne (Paris XVIe arr.) ; étudiant ; membre des Jeunes chrétiens combattants (JCC).

Fils d’Eugène Rouillon, négociant, et de Marie Geneviève Gouax, sans profession, Pierre Rouillon habitait chez ses parents 55 quai d’Austerlitz Paris (XIIIe arr.), son père était gérants du buffet de la gare. Brillant en mathématiques, étudiant en 1ère année à HEC (Hautes études commerciales), titulaire d’une licence en histoire-géographie, il rencontra en 1942 le révérend père Jacques membre du Front national de lutte pour l’indépendance de la France créé par le Parti communiste. Pierre Rouillon interrompit ses études après l’arrestation du père Jacques en 1944. Responsable de la société Saint-Vincent de Paul de la paroisse Saint-Marcel dans le XIIIe arr., il participa à l’organisation des Jeunes chrétiens combattants en région parisienne et aux actions du mouvement par la diffusion de tracts.

À la suite de plusieurs contacts entre des responsables de la Résistance : Wigen Nercessian, Guy Hémery, Jean Favé avec Charles Porel qui se présenta comme un ex-brigadiste autrichien en Espagne républicaine, membre de l’Intelligence service en fait Karl Rehbein, membre du Sicherheitsdienst, service de renseignements de la SS (SD). Des rencontres eurent lieu aussi avec un capitaine de l’Intelligence service « Jack » qui n’était autre que Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, alias Guy de Montreuil etc., chef de Groupe de la Gestapo. Des Résistants de l’entourage du docteur Henri Blanchet, capitaine FFI le mirent en garde, en cette mi-août 1944 trois tonnes d’armes qui allaient tomber du ciel leur parurent suspects.

Plusieurs groupes de Résistants de diverses obédiences : Jeunes chrétiens combattants (JCC), Organisation civile et militaire (OCM), groupe Franc de Turma Vengeance, FFI-FTP de Chelles, près d’une cinquantaine de résistants dont une vingtaine âgés de moins de vingt-et-un ans unis pour récupérer des armes au rendez-vous fixé par le capitaine « Jack » le 16 août au matin à la Porte-Maillot à l’angle des rues Saint-Ferdinand et de la Grande-Armée à Paris (XVIIe arr.) Non loin de là, côté XVIe arr. les forces répressives allemandes et leurs auxiliaires français disposaient de plusieurs hôtels particuliers : avenues Foch et Victor-Hugo, rues de la Pompe, Lauriston et Leroux.

Fernand Bellanger avec Guy Hémery commandait le 1er groupe composé de Pierre Sarrabayrouse, Maurice Thibairenq, Jean Gay, Pierre Rouillon, Jacques Restignat, Jean Desfarges, Michel Huchard, Georges Lorioz, Jean Dudraisil, Robert Chalard et les frères Roger et Jacques Bernard. Une quarantaine de résistants étaient répartis dans deux camionnettes et une ambulance. Jack et Wigen Nercessian attendaient sur place. Le convoi alla à quelques rues de là, emprunta la rue d’Armaillé, entra au 11 bis dans un grand garage vers 11 heures 30. Les véhicules furent cernés une trentaine de SS et des hommes de mains en civils commandés par le lieutenant SS Walter tirèrent. Dans la soirée du 16 août 1944, des bruits de mitrailleuse et de grenades retentirent près de la Cascade du Bois de Boulogne, la Gestapo exécutait trente-quatre hommes dont Pierre Sarrabayrouse.

L’agent infiltré, chef de groupe de la Gestapo Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, dit « Jack » fut arrêté par les Services américains au Danemark et remis à la police française le 25 octobre 1945. Responsable d’une centaine d’arrestations, notamment des exécutions de la rue Leroux et de la Cascade du Bois de Boulogne, il comparut le 2 avril 1949 devant la cour de Justice de Paris. Condamné à mort il fut passé par les armes le 20 avril à 8h 30 au fort de Montrouge.
Friedrich Berger responsable des antennes de la Gestapo de la rue de la Pompe et de l’avenue Victor-Hugo, condamné à mort par contumace le 22 décembre 1952 mourra de maladie le 10 février 1960 à son domicile de Munich (Allemagne).

L’inhumation de Pierre Rouillon, Michel Huchard, Jacques Restignat et Maurice Thibairencq eut lieu au cimetière de Gentilly (Seine, Val-de-Marne), les quatre noms sont gravés sur une plaque commémorative et sur la stèle commémorative à la Cascade du Bois de Boulogne. Pierre Rouillon fut homologué Résistant.



16 août 1944. Cascade du Bois de Boulogne à Paris (XVIe arr.)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article171491, notice ROUILLON Pierre, Vincent par Daniel Grason, version mise en ligne le 23 mars 2015, dernière modification le 16 janvier 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, JB 11, JB 15. – Bureau Résistance : GR 16 P 522845. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la Résistance, Éd. Le Cherche Midi, 2005. – Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos. La bande de la rue de la Pompe 1944, Éd. Ouest-France, 2013. – Guy Krivopissko, Axel Porin, « Les fusillés de la Cascade du bois de Boulogne », Éd. Mairie de Paris, 2004. – Site internet Gilles Primout, « Guet-apens Porte Maillot », 2015. – Site internet MémorialGenWeb. — État civil.

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