Né le 16 février 1932 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), mort le 7 mai 2017 ; professeur de droit ; dirigeant local (1954-1955) puis national (1955-1956) de l’UNEF ; membre du PSU depuis 1960, de sa direction politique nationale (1969-1974), membre du comité directeur du PS (1974-1979).

Troisième enfant d’une famille catholique pratiquante, François Borella perdit son père, adjudant-chef aviateur mort en service commandé, à l’âge de cinq ans et fut alors élevé par ses grands-parents maternels. Élève du lycée H. Poincaré de Nancy, boursier, premier prix d’histoire au concours général des lycées en 1949, bachelier en 1950, François Borella fut reçu en 1952 à l’École Nationale de la France d’Outre-Mer mais dut démissionner pour raisons de santé un an après. Mais il poursuivit ses études de droit à Nancy puis à Paris, en travaillant pour payer ses études, obtenant la licence en juillet 1953, le doctorat en mai 1957 ; reçu à l’agrégation de droit public et de science politique en 1962, il fut alors professeur à la Faculté de droit d’Alger au lendemain de l’indépendance.
Engagé à la Jeunesse étudiante chrétienne dès 1944 et à la Fédération française des étudiants catholiques depuis 1950, François Borella milita en 1953 dans l’Association Générale des Étudiants de Nancy, étant président de la « corpo » de droit en 1954, puis de l’Association Générale en 1955. Représentant du courant alors minoritaire (« mino »), syndicaliste et anticolonialiste, il fut élu vice-président de l’UNEF, chargé des questions universitaires au congrès de 1955 de cette organisation encore dominée par les corporatistes dits « majos ».
La guerre d’Algérie exacerba l’opposition entre les deux courants de l’UNEF et mit celle-ci en crise. En octobre 1955 François Borella devint le premier président « mino » de l’UNEF mais dut démissionner au bout de quinze jours faute d’une majorité stable ; il fut ensuite le conseiller juridique de l’UNEF dirigée uniquement par les minos depuis juillet 1956 ; il quitta cette fonction en avril 1957, n’étant désormais plus étudiant, peu avant de publier (avec Michel de la Fournière, président mino de l’UNEF) Le Syndicalisme étudiant, historique et justification de l’orientation du syndicalisme étudiant depuis 1946.
Entre-temps, en marge de l’UNEF mais avec l’accord de son nouveau président et des minos, il organisa à Paris avec Jacques Julliard une « Conférence nationale étudiante pour une solution du problème algérien », tenue en juillet 1956 avec des représentants officieux de l’UGEMA, organisation étudiante du nationalisme algérien. Ses conclusions, publiées dans la revue Esprit en janvier 1957 se voulaient la préfiguration en miniature d’une négociation franco-algérienne. Cela valut à François Borella d’être, en mai 1957, inculpé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, mais acquitté en octobre 1958.
Assistant, puis chargé de cours à la faculté de droit de Nancy, jusqu’en 1962, il reprit son enseignement à Nancy en 1966 jusqu’à 1990, après quatre années à Alger, en qualité de professeur puis de président de l’Université de Nancy II (1973-1978) et directeur du département de science politique (1978-1988). Il prit sa retraite en octobre 2000.
Adhérent à l’UGS en 1956, puis au PSU en 1960, il fut candidat de ce parti aux élections municipales et législatives à Nancy de 1968 à 1973. Proche de Michel Rocard, il adhéra en 1974 comme ce dernier au PS, dont il fut vice-président puis président de la commission nationale des conflits (1979-1994) ; il fut pour le PS candidat aux élections législatives en 1988, et aux municipales de 1983 à 1995 inclus, étant ainsi conseiller municipal de 1983 à 2001, et conseiller régional de Lorraine (1986-1992).
François Borella a été fait commandeur des Palmes académiques et officier dans l’Ordre du mérite. Il se maria religieusement en août 1955 avec Marie-Claire de Thomassin de Montbel, avocate ; le couple eut cinq enfants.
Les obsèques religieuses de François Borella eurent lieu le 11 mai 2017 à l’église Sainte-Anne de Beauegard.

ŒUVRE : Outre Le syndicalisme étudiant, F. Borella est l’auteur de nombreux écrits de science politique, dont Les partis politiques dans la France d’aujourd’hui (Seuil, 1re éd. 1970) ; sa thèse de doctorat est publiée sous le titre L’Évolution de l’Union Française, LGDJ, 1958 ; la bibliographie complète au 1er mai 1999 est rassemblée dans État, société et pouvoir à l’aube du XXIe siècle, Mélanges en l’honneur de François Borella, Presses Universitaires de Nancy, 1999.

SOURCES : Documentation du Germe. — L’Est républicain, 9 mai 2017.

Alain Monchablon

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