Née le 21 novembre 1932 à Alger (Algérie), morte le 14 août 2018 à Paris (Xe arr.) ; professeure ; militante du SNES ; militante communiste.

Photographie d’É. Sorel
Etya Tartakowsky, exclue de l’école publique avec les lois antisémites de Vichy, intégra le lycée d’Alger en 1943, soit un an après le débarquement anglo-américain. Sa mère, Henriette Attali, caissière d’un grand magasin, fut, dès 1934, une militante du Parti communiste algérien et du Syndicat du commerce d’Alger. Elle se remaria avec Louis Molinier, militant communiste de la Fédération du Gard, libéré au début de 1944 du camp d’internement vichyste de Bossuet (Algérie). Ils rentrèrent en France en 1946.
Etya Tartakowsky adhéra à l’Union des jeunes filles de France en 1948 et au Parti communiste français en 1949. Cette année-là, elle fut exclue du lycée Lamartine (Paris, IXe arr.) pour raisons politiques. Soutenue par l’Union française universitaire, issue de la Résistance, admise au lycée Hélène Boucher (Paris, XXème arr.), elle adhéra à la cellule des professeurs et des élèves.
Étudiante boursière d’histoire-géographie à la Sorbonne, elle se maria en juillet 1953 à Paris (XXe) avec Alfred Sorel, instituteur communiste et militant syndicaliste. Ils eurent trois enfants.
Elle obtint l’agrégation en 1961. Elle exerça au lycée de Rouen (Seine-Maritime) de 1961 à 1963, au lycée de Pontoise (Seine-et-Oise/Val d’Oise) de 1963 à 1965, puis de 1965 à sa retraite, en 1989, au lycée Romain Rolland, nouvellement construit dans la ZUP d’Argenteuil (classé Zone d’éducation prioritaire par la suite). Chaque année, elle fit participer des élèves au Concours national de la Résistance, où ils obtinrent les premiers prix des jurys départementaux.
Elle participa au stage pour les enseignants communistes organisé par la direction du PCF au milieu des années 1950. Secrétaire de sa cellule à la fin des années 1960, elle collaborait à L’Ecole et la Nation et devint membre de son comité de rédaction à partir d’octobre 1970. Membre du comité de la fédération communiste du Val-d’Oise à sa naissance en 1966, elle fut réélue au comité fédéral en 1970. Elle fut secrétaire de sa cellule pendant toute cette période. Militante de la Fédération des conseils de parents d’élèves, elle fut dans les années 1970 candidate à son comité directeur. Elle était aussi active dans le Mouvement de la Paix.
Dans les années 1980, elle collaborait à La Pensée et au Centre d’études et de recherches marxistes, y publiant une brochure sur les « Mouvements de libération nationale, néocolonialisme, développement. 3, Histoire de la colonisation, le thème colonial dans les manuels de l’enseignement secondaire français, l’exemple de l’Afrique ». En 1989, elle participa à la coproduction pour le Bicentenaire de la Révolution française d’une exposition qui fit le tour des établissements scolaires et des entreprises. Elle fut la co-responsable du colloque, sous les auspices de La Pensée, sur le plan Langevin-Wallon qui se déroula au Sénat les 6-7 juin 1997.
Dans les années 1990, elle participa à la commission du comité central du PCF sur l’enseignement, puis au Réseau École qui lui succéda en s’élargissant aux enseignants non communistes.
Etya Sorel se consacra alors à des recherches qui aboutirent à la rédaction d’Une ambition pour l’école : le Plan Langevin-Wallon. En 1994, Fernande Seclet-Riou*, secrétaire de la commission Langevin-Wallon, lui confia avant son décès les archives de la Commission (1944 - 1947) "pour en faire bon usage".
Étya Sorel signa un appel dans le cadre de la campagne du référendum en 2005, "Non d’espoir pour construire une autre Europe" (juin 2005). Elle collaborait à Nouveaux Regards, mensuel du centre de recherches de la Fédération syndicale unitaire sur les questions scolaires.
Dans son carnet, l’Humanité du 22 août 2018 annonçait « sa mort dans la dignité atteinte d’une maladie neurodégénérative ».

ŒUVRES : SOREL (Étya), Une ambition pour l’école. Le plan Langevin-Wallon, Paris, Editions sociales, 1997. — BOUTAN (Pierre), SOREL (Étya), sous la direction de, Le plan Langevin-Wallon, une utopie vivante, Paris, PUF, 1998.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse nationale. — Arch. IRHSES. — Renseignements fournis par l’intéressée. — Note d’Alain Dalançon.

Iconographie : Photographie d’É. Sorel suivant le congrès du SNES en 1995 pourl’Humanité.

Jacques Girault

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