BARRAU Louis, Jean, Joseph. Écrit parfois BARREAU Louis

Par André Balent

Né le 17 décembre 1924 à Sentenac-d’Oust (Ariège), fusillé sommairement le 12 septembre 1943 à Arrien-en-Bethmale (Ariège) ; cultivateur à Sentenac-d’Oust ; résistance aide et sauvetage.

Louis Barrau (1924-1944)
Louis Barrau (1924-1944)
Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. Cliché recadré par André Balent.

Fils de Norbert, François Barrau, cultivateur, et de Justine, Léret Callenne, ménagère, le jeune passeur Louis Barrau, (écrit parfois Barreau) âgé de 19 ans, appartenait à une filière de passages clandestins vers l’Espagne depuis le Couserans (Ariège). La famille Barrau, implantée dans les communes de Sentenac-d’Oust et de Seix, cette dernière frontalière avec l’Espagne, était toute entière impliquée dans cette activité résistante. Cette filière, comme celle du village voisin d’Alos, était liée à Noël Peyrevidal (Voir Pujol Louis).

Norbert Barrau, employé de la SNCF, convoyeur en gare de Saint-Girons, né en 1896 et son frère Jean-François, né en 1898, agent des Eaux et Forêts à Seix, la faisaient fonctionner de concert avec les fils de Norbert, Louis et Paul. D’après Claude Delpla, ils se livrèrent « très tôt » aux passages vers l’Espagne. Ils firent passer plusieurs dizaines de fugitifs.

Leur activité avait été dénoncée dès septembre 1943 aux Allemands par José Dolader, un passeur d’Eycheil, près de Saint-Girons qui faisait rémunérer des prestations. Le 25 avril 1944, la Sipo-SD arrêta Norbert à l’hôtel Mirouze de Saint-Girons et le 3 mai 1944, Jean-François à Seix, un village du Haut-Couserans. Paul put s’enfuir en Espagne et intégrer les FFL en Afrique du Nord après que son frère Louis eut été tué. En effet, il fut prévenu à temps de la mort de ce dernier. Norbert fut déporté à Buchenwald puis à Dora où il mourut le 8 février 1944. Jean-François fut déporté à Buchenwald puis à Flossenburg où il mourut le 13 mars 1944.

Louis, s’était caché dans les montagnes des environs de Seix et de Sentenac, au dessus de ce village, au col de l’Artigue, dans la cabane de Larrech, sur le territoire de la commune d’Arrien-en-Bethmale. Dans la nuit du 12 septembre 1943, accompagnés de miliciens des Allemands, décidés à le capturer vivant, furent conduits par le passeur transfuge à proximité de la cabane où se cachait Barrau qui ignorait tout de la trahison qui allait lui être fatale. Dolader l’appela. Barrau était sur le point de sortir lorsque un agent de la Sipo-SD le somma de se rendre. Comprenant la situation, il décida de soutenir un "siège". Pour l’obliger à sortir de son réduit, les Allemands décidèrent d’enflammer le toit de chaume de la cabane afin que le feu se propageât à tout l’édifice. Cerné dans la cabane en flammes, Louis Barrau tenta le tout pour le tout. Il sortit à travers les flammes et tenta d’atteindre en courant la lisière d’une forêt qui eût pu lui apporter le salut. Mais il fut fauché par une rafale de mitraillette à une cinquantaine de mètres de celle-ci.

Louis Barrau fut le premier passeur abattu par les Allemands dans les Pyrénées ariégeoises.
Une stèle a été élevée en 2002 afin de perpétuer la mémoire de Louis Barrau. Son nom figure sur monument aux morts de Sentenac-d’Oust. Dans le hameau de Montarna, une stèle a été élevée à la mémoire de tous les passeurs de Montarna et d’Alos (Ariège), morts en déportation ou abattus sommairement par les Allemands (Louis Barrau et Louis Pujol).

Louis Barrau a reçu la mention « Mort pour la France » par ordre du ministre des Anciens combattants en novembre 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article174996, notice BARRAU Louis, Jean, Joseph. Écrit parfois BARREAU Louis par André Balent, version mise en ligne le 20 mars 2018, dernière modification le 12 septembre 2019.

Par André Balent

Louis Barrau (1924-1944)
Louis Barrau (1924-1944)
Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. Cliché recadré par André Balent.

SOURCES : AVCC Caen 21 P . — Francis Aguila, Passeurs d’hommes et femmes de l’ombre. Ariège et Cerdagne 1942-1944, Toulouse, Le Pas d’oiseau, 2011, 219 p. [p. 112, pp. 194-197]. — Claude Delpla, article sur les frères Barrau, Le Patriote, 3 septembre 2004. — Émilienne Eychenne, Montagnards de la liberté. Les évasions par l’Ariège et la Haute-Garonne 1939-1945, Toulouse, Milan 1984, 364 p. [p.199, p. 333]. — André Laurens, Ariège 1940-1945 : portraits et parcours de Collabos, Pamiers, COREP et Le Patriote, 411 p. — Conversation téléphonique avec André Laurens, 1er mars 2018. — Courriel d’André Laurens, historien, à André Balent, mars 2018. — Notes de Jean-Pierre Besse et David Aguilar. — État civil. — MemorialGenWeb, consulté le 1er mars 2018 (André Balent).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément