TOMASZEWSKI [autre orthographe : TOMASCEWSKI] François

Par Pierre Schill

Né le 8 octobre 1901 à Zakrzew (Prusse, aujourd’hui Zakrzewo, Pologne) ; mineur aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) puis aux Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ; militant de la CGT et du Parti communiste ; résistant du groupe « Mario » en Moselle annexée au IIIè Reich.

Né en Pologne, fils de Martin Tomaszewski, cultivateur, et de Françoise Krolak, sans profession, François Tomaszewski arriva en France en avril 1923 et commença à travailler aux mines de La Houve à Creutzwald (Moselle) à partir du mois d’août. Occupé à un poste de rouleur (fond), il la quitta dès le mois d’octobre pour aller aux houillères de Sarre et Moselle et y travailler en tant que piqueur au puits Sainte-Fontaine à Merlebach (Moselle). Son parcours professionnel et son mariage avec une polonaise née en Westphalie peuvent suggérer un passage par une houillère allemande avant son arrivée en Lorraine.

François Tomaszewski milita au syndicat CGT des mineurs au moment du Front populaire. Il participa aux grèves et manifestations qui jalonnèrent le mouvement dans le bassin houiller lorrain.
Il formula une demande de naturalisation française en mai 1937 arguant de sa volonté de rester en France et de l’absence de famille en Pologne. Les parents de son épouse appartenant à l’importante communauté polonaise de Stiring-Wendel (Moselle). La houillère où il travaillait devant formuler un avis sur cette demande, un employé indiqua : « valeur professionnelle : bonne ; moralité : je ne suis pas d’avis de naturaliser un étranger qui défile derrière un drapeau rouge dans un pays qui n’est pas le sien ». La demande, finalement « soutenue » par la houillère, n’aboutira finalement pas.

Après l’annexion de la Moselle au IIIè Reich, François Tomaszewski, travailla entre le 1er septembre 1940 et le 20 février 1942 pour l’entreprise Thyssen à la remise en état des installations d’extraction des houillères de Merlebach. Il retrouva ensuite son poste de mineur et fit partie à la même période du groupe de résistance « Mario », affilié au mouvement de résistance communiste Front national, mis sur pied par l’instituteur messin Jean Burger* dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». Il effectua son dernier poste aux houillères de Merlebach le 2 décembre 1943, date à partir de laquelle il fut signalé « en fuite ». Son entrée dans la clandestinité découlait probablement de sa volonté d’échapper aux Allemands suite aux premières arrestations qui frappèrent les membres du groupe « Mario » dans le bassin houiller au mois de novembre 1943.

Au lendemain de la guerre, il recommença à militer au syndicat CGT des mineurs et au Parti communiste. Il participa activement aux « grèves rouges » qui touchèrent le bassin houiller en 1947-1948. François Tomaszewski fut expulsé du territoire national en juin 1952, probablement vers la Pologne.

Il s’était marié le 19 février 1927 à Stiring-Wendel (Moselle), avec Hedwige Tomczyk née en Westphalie (Allemagne). Il était le beau-frère de Joseph et Stanislas Tomczyk*, également membres du groupe « Mario ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article180954, notice TOMASZEWSKI [autre orthographe : TOMASCEWSKI] François par Pierre Schill, version mise en ligne le 30 mai 2016, dernière modification le 26 décembre 2017.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine : dossier personnel. – Arch. de l’ADIRP (Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes) de la Moselle (fonds Léon Burger) : liste des membres du groupe. - Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965. - Pierre Schill, « Les mineurs de charbon étrangers membres du groupe de Résistance ‘‘Mario’’ en Lorraine annexée (1940-1945) », p. 243-261, dans Institut d’Histoire Sociale Minière, Mineurs immigrés. Histoire, témoignages (XIXe-XXe siècles), VO éditions, 2000. - Cédric Neveu, La Résistance en Moselle annexée. Le groupe « Mario », Strasbourg, Éditions du Quotidien, 2015. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément