FU Shenqi 傅申奇

Par Claude Widor

Né le 7 juillet 1954 à Shanghai, animateur du « mouvement démocratique » (fin 1978-fin 1980) dans cette ville, responsable de l’Association nationale des revues non officielles ; arrêté en avril 1981.

Fu Shenqi est né le 7 juillet 1954 à Shanghai. Sa mère est d’origine paysanne, mais son père, simple agent de police, a la mauvaise fortune d’être issu d’une famille de propriétaires fonciers, ce qui lui vaut d’être persécuté — lui et ses proches — pendant la Révolution culturelle. Ses études secondaires achevées, Fu Shenqi se fait embaucher en 1972 dans une usine de générateurs. En 1977 il est admis à l’École normale n° 4 de Shanghai, mais il démissionne l’année suivante pour raisons de santé et regagne son usine.
Inspiré par l’exemple des contestataires pékinois, Fu Shenqi fonde dès le 25 novembre 1978 l’association « Promotion » — des lettres et de la démocratie — (Zhenxingshe), tout en participant aux activités de la « Société de recherches économiques des jeunes de Shanghai ». En janvier 1979 il lance une revue non officielle, Minzhu zhi sheng (La Voix de la démocratie), qui comptera 9 livraisons jusqu’en décembre 1980, plus quelques numéros spéciaux.
Lorsqu’en avril 1980 la municipalité de Shanghai décide, conformément à la nouvelle loi électorale, d’organiser des élections directes au niveau du district, Fu Shenqi se porte immédiatement candidat dans la première circonscription de Shanghai-Sud dont dépend son usine. Il mène activement campagne, convoque des meetings et diffuse plus de dix tracts électoraux dans lesquels il expose son programme : des revendications sociales (congés annuels pour les travailleurs, logement pour les jeunes, etc.), dans le cadre d’un socialisme démocratique et humaniste. En dépit de toutes les pressions exercées par les cadres de son usine, ce « candidat ouvrier indépendant » obtient au premier tour 43 % des suffrages. Pour empêcher son élection, le comité du Parti supprime arbitrairement le second tour de scrutin.
En septembre 1980 Fu Shenqi apporte son soutien à l’Association nationale des revues parallèles fondée à Canton à l’initiative de He Qiu (何求). Il assume, à partir du n° 3, la direction de l’organe central de l’Association, Zeren (Le Devoir).
Au début du mois d’avril 1981 il est arrêté à Pékin, alors qu’il tentait d’obtenir des autorités la reconnaissance officielle des revues démocratiques. On ignore à ce jour si Fu Shenqi, marxiste convaincu, mais favorable au multipartisme, a été condamné aussi lourdement que Xu Wenli (徐文立) — quinze ans de prison — et Wang Xizhe (王西哲) — quatorze ans de prison —, dont il aurait été l’associé au sein d’une clandestine « Ligue des communistes chinois » (voir les attendus du jugement rendu contre Xu Wenli).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article181925, notice FU Shenqi 傅申奇 par Claude Widor, version mise en ligne le 26 octobre 2016, dernière modification le 26 octobre 2016.

Par Claude Widor

ŒUVRE : articles dans La Voix de la démocratie et le Devoir, dont : « Wang Shenyou lieshi yongchui bu xiu » (L’immortel martyr Wang Shenyou), reproduit in Minzhu Zhonghua (La Chine démocratique) (1982), p. 363-368 ; traduit in Benton (1982), p. 122- 127. — « Minzhu yu shehuizhuyi » (La démocratie et le socialisme), Xueyou tongxin (La lettre des compagnons d’étude), Canton, 1980, n° 5 ; reproduit in Minzhu Zhonghua, ibid., p. 337-347.

SOURCES : « Women de xiongdi Fu Shenqi » (Notre frère, Fu Shenqi), in Minzhu Zhonghua, p. 370-377. — Qishi niandai (Les Années 1970), n° 145, février 1982, p. 88-90.

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