HUANG Huanting 黃煥廷

Par Alain Roux

Un des principaux responsables du Syndicat des mécaniciens de la province du Guangdong, mi-politicien nationaliste, mi-syndicaliste de droite.

Lors du mouvement du 4 mai 1919, Huang Huanting est le président de l’Association de soutien des mécaniciens du Guangdong qui, depuis 1918, remplace la Société d’études des mécaniciens du Guangdong, organisation mixte mi-ouvrière mi-patronale. Cette Association joue un grand rôle en 1919 dans le lancement d’un mouvement autonomiste sous le mot d’ordre « le Guangdong aux Cantonais ». Les militaristes du Guangxi qui contrôlent alors Canton arrêtent Huang et font exécuter une cinquantaine de personnes. Associé à Xie Yingbo, Huang Huanting développe les activités de son Association (qui ne prendra le nom de Syndicat des mécaniciens qu’en janvier 1926 : voir Ma Chaofan (馬超凡)). Celle-ci, en liaison avec l’Association ouvrière des mécaniciens chinois de Hong Kong, crée un syndicat général des mécaniciens de Chine qu’elle héberge dans ses locaux. L’orientation suivie par cette Association, qui hésite devant le nom même de syndicat, est corporatiste, influencée par le trade-unionisme britannique : elle regroupe les mécaniciens sur la base du métier et non de l’entreprise, et la direction syndicale est aux mains des cadres, techniciens, et ouvriers qualifiés. Ce qui n’interdit pas des prises de positions politiques en faveur du G.M.D. : ainsi le 1er avril 1921, Huang préside à Canton un meeting durant lequel Sun Yat-sen (孫逸仙) s’adresse à 3 000 ouvriers. Le 27 février 1922, alors que le soutien des ouvriers chinois en faveur de la grève des marins de Hong Kong atteignait son apogée (voir Lin Weimin (林偉民)), Huang Huanting propose de créer une Fédération des syndicats du Guangdong, avec cinquante-six syndicats. C’est chose faite le 23 octobre 1922 mais avec cent vingt syndicats et sous le nom de Syndicat général du Guangdong.
Dominé par ce qui allait devenir le Syndicat des mécaniciens, ce Syndicat général, d’orientation nettement conservatrice, devient la base essentielle permettant l’action du Guomindang dans le monde du travail. Entre-temps il est vrai, Huang Huanting a contribué au succès du Ier Congrès pan-chinois du travail : il fournit aux congressistes réunis à Canton à partir du 1er mai 1922 les locaux du syndicat, au sud de la Rivière des Perles. Il est un des cinq membres du bureau du congrès où il représente le G.M.D. avec deux autres délégués. Mais déçu par l’atmosphère du congrès, où l’influence des éléments anarcho-syndicalistes et des éléments communistes l’emporte sur le corporatisme modéré, il ne participe pas aux débats. Le 1er mai 1925, lors du second Congrès pan-chinois du travail, tenu à nouveau à Canton alors que le Syndicat général pan-chinois voit le jour, il est dénoncé dans une résolution comme un « bandit ouvrier ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182122, notice HUANG Huanting 黃煥廷 par Alain Roux, version mise en ligne le 26 octobre 2016, dernière modification le 26 octobre 2016.

Par Alain Roux

SOURCES : Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I (1971) — Chesneaux (1962).

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