VILLIEN Marie-Louise [née ROSSI Marie-Louise Antoinette]

Par Jean-Michel Steiner

Née le 2 juillet 1912 à Valence (Drôme) ; enseignante ; membre du Parti socialiste SFIO ; membre de la commission exécutive de la section SFIO de Saint-Étienne (Loire).

Marie-Louise Rossi était la fille de François, surveillant de maison d’arrêt âgé de trente-cinq ans, originaire de Calcatoggio (Corse), domicilié à Villefranche-sur-Saône (Rhône) et de Thomas Henriette Joséphine, vingt-six ans, originaire de Valence, fille d’un peintre sur verre qui signa l’acte.
Le 2 octobre 1935 à Lyon 7°, Marie Louise Rossi épousa Henri, Alphonse, Eugène Villien, né le 11 mars 1910 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) fils de Joseph Antoine, principal clerc d’avoué et Marie Henriette Augusta Payen, sans profession.
Agrégée d’histoire et géographie, elle enseigna au lycée de Saint-Étienne. Pendant la guerre elle fut agent de liaison de l’Armée secrète. À la Libération elle habitait 2 rue d’Arcole.
Placée en dernière position sur la liste de démocratie socialiste et laïque de libération nationale (MLN-SFIO) que conduisait le maire sortant Henri Muller lors du premier tour des élections municipales à Saint-Étienne le 29 avril 1945, Marie-Louise Villien fut retirée au second tour de la liste d’alliance que le MLN-SFIO conclut avec le MRP et les radicaux socialistes. Seule femme présente sur la liste de l’Union Démocratique et Socialiste de la Résistance (alliance SFIO, Mouvement de Libération Nationale et Jeune République) lors des élections législatives générales du 21 octobre 1945, Marie-Louise Villien était en quatrième position le 2 juin 1946 et en deuxième position le 10 novembre 1946 sur les listes homogènes présentées dans le département de la Loire par le parti socialiste SFIO. Lors de la campagne pour ce scrutin, elle prit la parole à la Bourse du Travail de Roanne pour rappeler « l’action de Léon Blum en faveur de la femme », réclamer la suppression de “l’enseignement libre” et défendre le principe de la laïcité au nom du principe « le curé dans son église, l’instituteur dans son école », dénoncer le danger d’une Allemagne militairement forte.
Lorsque le 17 janvier 1947, l’assemblée générale de la section stéphanoise désigna ses candidats pour l’élection à la commission exécutive, il fallut l’intervention de Jean Robert pour que le nom de ML Rossi soit ajouté à la liste. Lors des élections municipales du 19 octobre 1947, elle était en dixième position sur la liste SFIO à Saint-Étienne qui n’eut aucun élu.
Le 13 février 1948, J. Robert constata que « l’activité du groupe féminin, malgré le dévouement apporté par M-L Villien fut nulle ». Cette critique feutrée n’empêcha pas la réélection de cette dernière à la commission exécutive. Lors de l’assemblée générale de la section du 25 juin 1948, elle fit une longue intervention pour critiquer le rapport moral « en raison des concessions multiples que le parti fait à la politique du MRP. Un parti qui est en train de se couper des masses populaires, qui devient le portrait du parti radical, qui ne mène pas une politique en faveur de la classe ouvrière et de ce fait perd ses adhérents ». Elle fut désignée comme déléguée au congrès de Roanne.
Elle intervint à nouveau lors de l’Assemblée générale du 5 novembre 1948, en pleine grève générale des mineurs, pour approuver la participation socialiste au gouvernement tout en dénonçant la politique économique conduite par les ministres de la SFIO. Le 22 janvier elle fut une nouvelle fois élue à la CE de la section.
Après cette date, son nom disparaît des comptes rendus de la section. Elle semble alors avoir quitté la Loire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182573, notice VILLIEN Marie-Louise [née ROSSI Marie-Louise Antoinette] par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 16 juillet 2016, dernière modification le 16 juillet 2016.

Par Jean-Michel Steiner

SOURCES : Archives municipales de Chalon-sur-Saône, 2E117, acte de naissance de Henri, Alphonse, Eugène Villien. — Arch. Dép. Loire, 2W97. — Arch. Mun. Saint-Étienne, 1S 346, cahiers de la section stéphanoise de la SFIO (1927-1960). — Bibliographie : Jean-Michel Steiner, Le PCF dans la vie stéphanoise (1944-1958). Communisme et anticommunisme dans une grande ville ouvrière sous la IV° République. Thèse, St-Étienne, 2005 ; (id), Métallos, mineurs, manuchards… Ouvriers et communistes à Saint-Etienne (1944-1958), PUSE, 2014.

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