LIAO Mosha 廖沫沙

Par Wotjtek Zafanolli

Né en 1907 dans la province du Hunan ; journaliste et propagandiste du P.C.C., l’un des artisans de la fronde anti-maoïste des premières années 1960. Incarcéré pendant la Révolution culturelle, réhabilité en 1978.

Liao Mosha a fait ses études à l’École normale de Changsha. C’est à cette période de son existence, semble-t-il, que remonte son adhésion au P.C.C. Dans les années 1930, il participe aux activités de la Ligue des écrivains de gauche à Shanghai (voir Lu Xun (魯迅)), et il se lie d’amitié avec le dramaturge Tian Han (田漢). Pendant la Révolution culturelle, on ne manquera pas de lui reprocher cette amitié, en même temps qu’un article paru en dans le Daxin wanbao (Daxin Soir), « La littérature en dentelles », dans lequel il brocarde Lu Xun. Au début de la Guerre de résistance anti-japonaise, il est à Wuhan, où il travaille quelque temps pour le 3e bureau du département politique de la Commission militaire, qui est contrôlé par Guo Moruo (郭沫若). Puis il retourne au Hunan, où il devient rédacteur au Kangzhan ribao (Quotidien de la résistance), journal qui est financé par le P.C.C. et dirigé par Tian Han. En 1941, le Parti l’envoie à Hong Kong pour prendre la direction du Hua shang bao (Journal du commerce chinois). Peu après, il retourne à Chungking, où il est nommé rédacteur en chef du Xinhua ribao (Quotidien de la Chine nouvelle), l’organe du P.C.C. pour la Chine du Sud. En mai 1945, il est à nouveau à Hong Kong, à la tête du Hua shang bao. Pendant la guerre, Liao Mosha a publié de nombreux essais, mais surtout des romans historiques, parmi lesquels : Li Yin et Xianyang you (Voyage à Xianyang). Beaucoup plus tard, ses détracteurs verront dans ce dernier roman une satire indirecte de la vie à Yan’an.
A la fin de 1949, il quitte Hong Kong pour Pékin, où jusqu’à son élimination en 1966 il travaillera au comité municipal, d’abord comme vice- directeur du Département de la propagande et directeur du Département de l’éducation, puis, à partir de 1959, comme directeur du Département du front uni. Après 1962, il devient vice-président de la C.P.C.P.C. de Pékin. En 1961, alors qu’ont lieu les premières escarmouches annonciatrices de la Révolution culturelle, il publie dans le Beijing wanbao (Pékin Soir) l’article You gui wu hai lun (Du caractère inoffensif des démons), qui est une prise de position en faveur de la pièce à caractère historique, Li Huiniang, de Meng Chao. La pièce, qui met en scène la maîtresse d’un fonctionnaire corrompu qui ose plaider en faveur du peuple devant lui, est, tout comme Hai Rui démis de ses fonctions (voir Wu Han (吳晗)), une critique à peine voilée de la destitution de Peng Dehuai (彭德懷). En 1963, cet article lui vaut d’être très rudement mouché par la presse au service de Jiang Qing (江青), entre autres par le « critique littéraire » Li Xifan et par Yu Minghuang, qui est alors le vice-directeur du Département de la propagande du Bureau de la Chine de l’Est, tandis que Meng Chao fait l’objet d’une campagne de critique nationale. Durant la même période, il apporte sa contribution à la frondeuse Chronique du village des Trois, à laquelle participent Deng Tuo (鄧拓) et Wu Han. Quand éclate la Révolution culturelle, il est accusé d’être un « espion du G.M.D. et un traître » et doit subir plusieurs centaines de meetings de lutte-critique (pidou hui). Il passe ensuite huit ans en prison. Il n’est réhabilité qu’à la fin de 1978. Ses essais ont cessé depuis lors d’être à l’index, et ils ont pu être réédités. Lors du procès de la « Bande des Quatre », à la fin 1980, Liao Mosha figurait parmi les témoins à charge cités contre Jiang Qing.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182713, notice LIAO Mosha 廖沫沙 par Wotjtek Zafanolli, version mise en ligne le 15 novembre 2016, dernière modification le 15 novembre 2016.

Par Wotjtek Zafanolli

ŒUVRE : Fenyinji (Courts instants), Pékin, 1979, est un recueil des articles écrit par Liao Mosha sous le pseudonyme de Fan Xing, de 1959 à 1962.

SOURCES : Lin Manshu et al. — Mingbao du 14 janvier 1980. — Yu Minghuang, in Wen- huibao du 6 mai 1963, pour la critique de Liao Mosha dans les années 1960. — Sur le même thème, voir Qi Benyu : Ping « Qianxian », « Beijing ribao » de zichan jieji lichang (Critique des positions bourgeoises du Front et du Quotidien de Pékin), Hongqi, 1966, n° 7.

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