CADDÉO René

Par René Danti, Jean-Paul Bénetière

Né le 29 octobre 1911 à La Condamine-Châtelard (Alpes-de Haute-Provence), mort le 27 janvier 2011 à Saint-Étienne (Loire)  ; linotypiste ; secrétaire du syndicat typographique de Saint-Étienne de 1940 à 1955 ; membre du bureau de l’UD CGT de la Loire de 1944 à 1946 ; secrétaire général du Syndicat du Livre CGT de Saint-Étienne de 1955 à 1972 ; diffuseur du journal clandestin Le Mouvement Ouvrier Français de 1941 à 1944.

René Caddéo
René Caddéo

René Caddéo était le fils d’un père militaire qui devint ensuite gérant de la cantine des postes à la gare de Perrache à Lyon. Après avoir fait son apprentissage aux Imprimeries réunies et au Progrès de Lyon, il vient travailler comme linotypiste au journal stéphanois La Tribune Républicaine , il se syndiqua au Livre à dix-huit ans en 1929 mais dit être vraiment devenu un militant en 1934 face aux manifestations des Croix de feu.

Mobilisé en 1939, il fut démobilisé après l’armistice de 1940.
Il fut élu secrétaire départemental du Syndicat Typographique de Saint-Étienne fin 1940. Il organisa la diffusion d’un petit journal à destination des prisonniers de guerre en Allemagne, La Gagazette.

Tout en conservant ses fonctions syndicales et en continuant à vivre à Saint-Etienne, il travailla à Lyon pendant l’Occupation. Il participa avec son ami Édouard Ehni, délégué régional de la FFL-CGT et Marius Vivier-Merle, secrétaire de l’UD-CGT du Rhône à la rédaction et à la diffusion de journaux clandestins d’informations syndicales destinés à maintenir l’expression cégétiste et à lutter contre la charte du travail mise en place par le gouvernement de Vichy, Le Mouvement Ouvrier Français et L’Action Ouvrière. Les textes étaient composés clandestinement par les linotypistes du journal stéphanois La Tribune Républicaine. Le plomb, récupéré par René Caddéo était stocké à son domicile de Saint-Étienne. La mise en pages était réalisée à l’imprimerie Verdier à Saint-Étienne. Le journal était distribué dans toute la zone Sud de la France par un réseau de postiers à partir de Lyon. C’est le père de René Caddéo, gérant de la cantine des postes à la Gare de Perrache comme nous l’avons dit, qui organisait la répartition des paquets de journaux dans les différents wagons postaux.

Le 26 mai 1944, Saint-Étienne et Lyon furent bombardés par l’aviation américaine. René Caddéo avait rendez-vous ce jour-là avec Marius Vivier-Merle, mais il avait déplacé ce rendez-vous la veille, ce qui fait que, si Marius Vivier Merle perdit la vie dans ce bombardement, René Caddéo en sortit sain et sauf avec un tract qu’il ramenait de Lyon.

À la Libération de Saint-Étienne, le 20 août 1944, René Caddéo fut élu au bureau de l’UD-CGT. Il fut rédacteur en chef du Travailleur Syndicaliste, journal de l’UD-CGT de la Loire. Il fit partie de la Commission d’épuration de Saint-Étienne.

Il fit également partie de la Commission de la Presse qui proposa au Préfet la publication de quatre journaux : Le Patriote de Saint-Étienne pour le Front National, L’Espoir pour les Mouvements Unis de la Résistance (MUR), Le Cri du peuple pour le Parti communiste, La Dépêche Démocratique pour les Équipes Chrétiennes. Il assura les conditions de parution de ces quatre journaux.

René Caddéo, malade en 1946, suspendit ses activités à l’UD-CGT. Après sa guérison, il limita son activité au Syndicat du Livre et au Conseil des Prudhommes de Saint-Étienne jusqu’à son départ à la retraite en 1972.

Partisan de l’indépendance et de l’unité syndicale, il s’opposa à la scission de la CGT-FO en 1947, et resta à la CGT avec son ami Édouard Ehni, secrétaire général de la Fédération du Livre-CGT depuis 1944.

Le syndicat du Livre de Saint-Étienne mena une grande grève pour une augmentation des salaires dans les imprimeries de mars à octobre 1949.
Sous sa direction, le Syndicat du Livre-CGT de la Loire participa à des organismes de liaison avec les syndicats FO, FEN et CFTC-CFDT : « le Comité de liaison intersyndical pour la coordination démocratique de l’action syndicale » créé en 1950, le PUMSUD (Pour un Mouvement Syndical d’Unité Démocratique) lancé au niveau national par Denis Forestier (FEN), Aimé Pastre (CGT-Pénitentiaire), Roger Lapeyre (FO), la « Table-Ronde Syndicaliste » créée en mai 1958 avec le Groupement Intersyndical d’Education Ouvrière (GIECO) qui organisa des conférences sur des thèmes économiques, politiques et culturels et des sessions de formation.

René Caddéo participe aux négociations consécutives aux changements dans la presse stéphanoise et aux premières réunions sur l’informatisation de la composition des textes et les changements qui en résulteront. Un accord garantit l’emploi du personnel touché par l’évolution technique et des départs en préretraite.

Il partit lui-même en préretraite en 1972. Il resta secrétaire de la section des retraités du syndicat du livre de Saint-Étienne de 1972 à 1985.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18303, notice CADDÉO René par René Danti, Jean-Paul Bénetière, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 1er juillet 2013.

Par René Danti, Jean-Paul Bénetière

René Caddéo
René Caddéo

SOURCES : René Danti, « Biographie de René Caddéo » in Archives Syndicat du Livre de Saint-Étienne. – FILPAC-CGT, Janvier 2011. — Entretien de René Caddéo avec Jean-Paul Bénetière du 9 novembre 2007. — Témoignage de Claudius Ravachol. — Jean-Michel Steiner, Le PCF dans la vie stéphanoise (1944-1958), Communisme et anticommunisme dans une grande ville ouvrière sous la Quatrième République, Thèse de doctorat d’Histoire, Université Jean Monnet, Saint-Étienne, 2005, p. 131. — Remplace une ancienne notice par Claude Pennetier.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément