Né le 20 mai 1922 à Paris (VIe arrondissement), mort dans la nuit du 29 au 30 novembre 2017 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ; professeur agrégé d’histoire, professeur d’Université ; syndicaliste SNES et SNESup ; résistant ; historien et militant communiste ; secrétaire du cercle des historiens communistes de la Seine, secrétaire de la commission nationale des historiens communistes ; directeur adjoint de l’Institut Maurice Thorez ; membre du comité de rédaction de la Pensée, membre du comité de rédaction des Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez et des Cahiers d’histoire de l’Institut de Recherches Marxistes  ; président de l’Association des Amis de la Commune de Paris 1871.

Grand historien du socialisme, Claude Willard était un auteur et un grand soutien du Maitron. Homme d’une très grande amabilité, il fréquenta jusqu’à un âge avancé nos réunions.

Claude et Germaine Willard
Fils unique de Marcel Willard (1889-1956) et de son épouse Germaine Granjux (1885-1974), Claude Willard grandit choyé dans une famille bourgeoise aisée du VIe arrondissement de Paris. Les grands-parents Willard étaient des juifs alsaciens assimilés non religieux. Seule sa grand-mère était née en Alsace. Elle avait choisi la France en mai 1871 et s’était installé à Paris où elle rencontra son mari. Sa mère Germaine Granjux, née à Maisons Lafitte, fille d’un médecin militaire et nièce d’un curé, élève externe d’un couvent avait reçu une éducation catholique et s’en était détachée. Fuyant un mariage arrangé, comme sa sœur jumelle Marcelle, elle apprit la peinture et travailla dans l’atelier d’André Lhote. Les deux soeurs participèrent avec René Hilsum aux débuts de la maison d’édition Au Sans Pareil qui publia les surréalistes et les dadaïstes. Elles financèrent la première publication et hébergèrent la jeune maison d’édition.. Germaine Granjux épousa Marcel Willard, un ami de René Hilsum, en juillet 1921 et devint sa secrétaire. Sa sœur épousa l’éditeur en décembre. Ces choix matrimoniaux font Claude Willard le cousin germain de Gérard et François Hilsum. Les familles Willard et Hilsum, voisines rue des Beaux Arts en 1936, furent toujours très proches.
De son éducation, la religion fut totalement absente, le communisme et la culture en revanche firent partie de son quotidien. Ses parents militaient tous les deux. Marcel Willard, avocat à la Cour d’appel, communiste avant le congrès de Tours, assuma fin 1933, la défense de Georges Dimitrov. Ce procès politique (et d’autres) fit de lui l’une des grandes figures héroïsées par l’Internationale et le parti communiste français. En 1937, il était responsable du « centre des juristes ». Son épouse militait au Secours rouge international, une organisation de masse communiste. Elle se rendit en 1934 à Vienne avec un autre membre de la section féminine Marie Lahy-Hollebecque. Membre du comité Thaelmann, elle devint en 1937 la responsable française du comité Prestes. Claude Willard adolescent fit en 1934 et/ou 1935 un (ou deux séjours) en Union soviétique. Invité avec ses parents, il séjourna seul dans un camp de pionniers soviétiques. Cette expérience lui donna très tôt des réalités soviétiques une connaissance directe bien que biaisée par son statut très privilégié. Il vécut la vie des pionniers aussi en Autriche en 1937, puis en 1939 dans un groupe du XIXe arrondissement. animé par Marcel Maillol, à Saint-Junien (Haute-Vienne) où il partagea la tente de Mouloudji. Chez ses parents, Claude Willard rencontra à maintes reprises Maurice Thorez et les principaux dirigeants communistes français. Il mentionna dans l’entretien avec Pierre Delon, paru en 1984 : « Je me souviens fort bien qu’il (Jacques Duclos) a passé à la maison une partie de la journée, avec Maurice Thorez, pour attendre les résultats de la grève du 30 novembre 1938, A.B-R. Coups de téléphone et émissaires se succèdent à rythme rapide ! ». Cette proximité avec les membres des cercles dirigeants communistes perdura jusqu’à la mort de son père en 1956. En juin 1946, plusieurs des ministres communistes vinrent rue des Beaux Arts assister à son mariage. « J’ai baigné dans l’univers communiste, il m’a profondément marqué », disait-il en 2012.
Claude Willard fit les études de son milieu, secondaires et classiques, au lycée Montaigne, puis à partir de la classe de troisième au lycée Louis Le Grand où il obtint en 1939 le baccalauréat A philo latin grec. Admis en classe préparatoire littéraire au lycée Henri IV, il passa l’année scolaire de la « drôle de guerre » à Rennes où elle était repliée. À l’automne 1940, il revint à Paris faire une licence d’histoire à la Sorbonne. Ses études plusieurs fois interrompues furent chaotiques. Il termina la licence à la Libération. Elle fut suivie d’un DES consacré à Babeuf soutenu en 1945. Ni lui, ni ses parents ne se déclarèrent juifs en octobre 1940, car, dit-il, ils ne se considéraient pas comme tels. Ils avaient opté pour la clandestinité après le procès des députés communistes au printemps 1940 et persistèrent dans ce choix sous l’Occupation. Ils vécurent à Thorigné dans les Deux-Sèvres jusqu’à la Libération. Leur fils les y rejoignit à plusieurs reprises en 1942 et 1943.
Étudiant intermittent, Claude Willard devint actif dans la Résistance en 1944, dans la région parisienne. En 1943, pour échapper au STO, dit-il, il vécut « illégal » à Paris, 4 impasse de la Gaîté ( XIVe arr.) sous le pseudonyme de Christian. Il correspondit avec Geneviève de Gaulle avec qui il entretenait une relation amicale. Il l’évoqua en 2012, lettres à l’appui. Dans les trois questionnaires biographiques de la commission des cadres, il n’en parla pas. Il déclara seulement que son action dans la Résistance et son adhésion au Parti communiste avaient débuté toutes deux en février 1944. Garants de la simultanéité de ce double engagement, Francis Cohen, le responsable des étudiants communistes et l’avocat Joë Nordmann, un proche de son père, qui le mit en contact avec le mouvement de résistance, Front national. Il détailla en 1956 : « organisations de Résistance : -d’abord dans l’appareil technique du mouvement des intellectuels (diffusion des Lettres françaises, Université libre etc..), responsable André Voguet, -puis responsable (Région parisienne, section Nord) de l’Assistance française (aide aux familles de déportés, fusillés emprisonnés) relevant de l’UFF Union des femmes françaises, responsable Nicole Debarry (actuellement Nicole Martin). C’est ce poste que j’occupais lors de la Libération. » . Il continua de travailler dans cette organisation jusqu’en 1945. En 2012, il souligna, amusé, avoir été le seul homme appointé par une organisation de femmes et en faisait une preuve de féminisme. Pendant la libération de Paris, il participa dès le 19 août 1944 à l’occupation du Ministère de la Justice. Il fit valoir ses états de service au moment de passer l’agrégation et fut classé sur la liste destinée aux étudiants résistants.
Comme son épouse Germaine Willard, rencontrée à l’automne 1944 dans les rangs des Étudiants communistes, épousée en juin 1946, avec qui il chemina affectivement et intellectuellement toute leur vie commune, Claude Willard fut un militant communiste d’une fidélité « absolue » (l’expression est de Roger Martelli). Jamais il n’exprima publiquement hors de milieux communistes de réserves ou de critiques, ni ne prit de distance. Il demeura membre et assuma les politiques successives. Cela le singularise dans la cohorte d’historiens venus au communisme par la Résistance et juste après la guerre. La majorité d’entre eux à l’instar d’Annie Kriegel ou de Jean Poperen ont quitté le Parti communiste après une petite dizaine d’années de militantisme actif. Les autres ont pris leurs distances progressivement et sont partis discrètement (Claude Mossé, Jean-Pierre Vernant, Maurice Agulhon) ou ont été exclus à la fin des années soixante (Madeleine Rebérioux).
Dans le mouvement communiste, Claude Willard n’eut pas de responsabilités de premier plan. De l’automne 1944 à l’automne 1945, il fut le secrétaire des Étudiants communistes de la Région parisienne et participa en leur nom en novembre 1945 à Prague au congrès mondial des étudiants qui devait recréer une association internationale d’étudiants sous obédience soviétique. Il abandonna (ou perdit) cette fonction en 1946 alors qu’il préparait l’agrégation. Après sa réussite au concours en 1947, il milita à la base dans des cellules locales et des organisations de masse. En 1949, il était membre de la cellule de l’Arbre sec (Ier arrond.), des associations France-URSS, France-Tchécoslovaquie et des Combattants pour la liberté et la paix ainsi que syndiqué au SNES. Il devint membre en 1950 du cercle des historiens communistes de la Fédération de la Seine et y évolua dès lors exclusivement. Il en devint l’une des figures centrales. Il y mit initialement son expertise d’historien au service des luttes du moment. Il défendit dans divers articles et notes de lecture les choix de l’URSS avant et pendant la deuxième guerre mondiale. En 1954, dans l’ouvrage dirigé par Émile Tersen, L’Europe (de Napoléon à nos jours) : Mythes et réalités, il s’attacha à démontrer « que la finance internationale est derrière les tentatives européennes : et ceci rend plus facile à comprendre le caractère essentiellement antisoviétique de l’Europe qui tente de se construire ». Cette activité importante sur le plan idéologique à l’heure de la guerre froide le distingua. La commission des cadres lui proposa un poste de permanent. Il le refusa sans fermer toutes les portes. L’éventualité qu’il finisse par accepter cette proposition est mentionnée le 13 janvier 1955 : « Prépare actuellement une thèse. Ne tient pas par conséquent actuellement à devenir permanent (7ans) ».
La thèse engagée en 1954 le mobilisa plus de dix années. Elle fit de lui un des pionniers de l’histoire du mouvement ouvrier français, lui permit de mener à bien une carrière universitaire et le conduisit au professorat et à la direction du département d’histoire de l’Université de Paris VIII.
Il quitta l’enseignement secondaire en 1959 quatre ans après Annie Kriegel, grâce à un détachement au CNRS pour préparation de doctorat, devint assistant à la Sorbonne en 1961, puis maître-assistant en 1964 à la faculté de Nanterre. Claude Willard fut dirigé par le professeur Ernest Labrousse. Détenteur de la chaire d’histoire économique et sociale à la Sorbonne, militant communiste de 1920 à 1925, socialiste ensuite, auteur en 1932 d’une thèse marxiste qui a renouvelé l’histoire économique et sociale, ce professeur impulsait les recherches universitaires sur le terrain neuf de l’histoire du mouvement ouvrier. Il attirait de très nombreux doctorants communistes ou de sensibilité communiste. Annie Kriegel, Rolande Trempé, Madeleine Rebérioux, Michelle Perrot furent ses élèves en même temps que Claude Willard. Annie Kriegel soutint sa thèse sur les origines du Parti communiste la première en 1964. La soutenance de Claude Willard eut lieu le 29 mai 1965. Sa thèse portait sur les guesdistes et le mouvement guesdiste entre 1893 et 1905. Il choisit de les étudier de façon totale. Il passa les productions idéologiques des congrès et de la presse au crible. Il pesa et situa les forces guesdistes (les électeurs et les militants) dans toute la France. Il présenta et évalua les différents facteurs (économiques, sociaux, politiques) permettant d’expliquer l’implantation de ce qu’il considérait comme : « le premier vrai parti politique de type moderne, avec des organisations locales et régionales, une direction nationale, un programme national », le premier parti ouvrier marxiste et un ancêtre du parti communiste. Parmi les sources, il privilégia les écrits de militants et s’appuya sur des correspondances. Celle d’un guesdiste breton, cadre de rang intermédiaire, Charles Brunelière fit l’objet de sa thèse complémentaire. En accordant aux hommes un poids spécifique au-delà du quantitatif, il se différenciait de son maître Labrousse. « Partout pèse le poids des hommes et des organisations qu’ils animent, expliqua-t-il lors de sa soutenance. La personnalité des militants, leur dévouement, leurs dons oratoires, leur chaleur humaine, constituent un facteur essentiel de persuasion. » Les comptes rendus parus dans les revues historiques soulignent tous l’exhaustivité du travail réalisé, « rien ou quasi rien de ce qui pouvait lui être accessible ne lui a échappé » (Madeleine Rebérioux), le caractère novateur du sujet , «  pour la première fois nous connaissons la structure sociale d’un parti » (Michelle Perrot), et celui des méthodes utilisées, Claude Willard a travaillé «  sans qu’aucun modèle ne pût l’aider  » (Jean Bouvier). Ils se font l’écho aussi des vifs débats entre historiens du mouvement ouvrier depuis la thèse d’Annie Kriegel sur le caractère conjoncturel de la création du Parti communiste français. « L’accident communiste dure, jusqu’à devenir un acquis, une structure, une tradition. (..) le guesdisme n’y est-il pour rien ? ou y fut-il pour quelque chose ?  » (Jean Bouvier). Michelle Perrot mit en doute les réalités du marxisme guesdiste. De tous ces historiens, Claude Willard fut proche bien que leur militantisme les séparât parfois. Ils furent collègues à la Sorbonne. Il dialogua avec eux au sein du comité de rédaction de la revue Le mouvement social, où il siégea et dont il fut l’un des quatre hommes fondateurs en 1962. S’il considéra Jean Bouvier comme « un frère », il vit en Jean Maitron un ami. Il rappela au moment de son décès en 1987, la force de leurs liens. « Quand E. Labrousse en devient président, la palette politique de l’IFHS Institut Français d’Histoire Sociale s’élargit sur la gauche et je suis élu en janvier 1959 membre du bureau de l’IFHS. De là date une longue collaboration amicale, reposant sur une affection et une confiance réciproques ».
La légitimité universitaire acquise, il fut élu en 1966 maître de conférence à l’Université de Nanterre, poste qu’il quitta en octobre 1968 pour aller à Poitiers où se rendit plus tard Jean Ellenstein. Claude Willard ne resta guère à Poitiers, préférant participer à la création de l’université expérimentale de Vincennes en janvier 1969. Il y demeura jusqu’à sa retraite en 1988. Il y retrouva les historiens Jean Bruhat, Jean Bouvier, Madeleine Rebérioux, et Claude Mossé qui partageaient (ou l’avaient fait) ses partis pris historiques et ses engagements politiques. Il y fut élu professeur sur la chaire d’histoire contemporaine en octobre 1970. Depuis ce poste sans perspective de carrière, taillé sur mesure pour un « communiste marginalisé » observa dans son journal le jeune Michel Winock qui s’adressa néanmoins à lui pour qu’il dirige sa thèse, il développa sa vision de l’histoire ouvrière. Il continua à explorer l’histoire sociale des courants du mouvement socialiste d’avant l’unification. Il porta son attention sur divers aspects culturels le Front populaire, les rencontres par exemple entre intellectuels et la politique durant les années 1930. Il collabora au début des années 1980 avec l’Université de Paris 1. Cela déboucha sur un chantier CNRS innovant, interdisciplinaire et fécond, le Greco 55 intitulé « banlieues et changements urbains » qu’il dirigea avec le géographe Guy Burgel de 1985 à 1989. Lors des journées d’études comme « culture en banlieue » les 21 et 22 mai 1987, tous les acteurs de la banlieue dialoguèrent : chercheurs, élus municipaux, responsables d’équipements culturels, animateurs d’associations et militants de la culture dans les entreprises.
La capacité à dialoguer au-delà de ses propres appartenances partisanes caractérisa toujours Claude Willard selon Claude Mossé qui le connut bien. Ils appartinrent au même groupe de travail pour préparer l’agrégation en 1946-1947, puis se retrouvèrent en 1969 collègues à l’Université de Vincennes. « Claude a un côté très britannique, flegmatique, très à l’aise dans des milieux très différents, dit-elle. (..) A Vincennes, il s’entendait bien avec tout le monde. (..) Il était très ami de Marc Belloc, un historien catholique pratiquant. »
Historien communiste, c’est-à-dire actif dans les lieux dédiés à l’histoire par le parti communiste, il ne cessa jamais de l’être non plus. Il participa avec Jacques Chambaz, Jean Bruhat et son épouse Germaine Willard en 1964 à la rédaction du manuel d’histoire du Pcf, qui fixa une vision officielle très militante, mais nia en 2008 l’importance de sa contribution. Il appartint de 1966 à 1979 à l’équipe de direction de l’Institut Maurice Thorez. Directeur adjoint, il fut l’homme de confiance et l’interlocuteur des principaux responsables Georges Cogniot, Victor Joannès et de Jean Burles. Il apporta sa caution d’universitaire aux projets de l’IMT, par exemple pour le colloque organisé à l’occasion du 50e anniversaire du parti communiste en 1970. Celle-ci fut toujours mise en avant dans les réunions publiques et les comptes rendus publiés par les Cahiers de l’Institut. En novembre 1972, il apparut comme la voix du Séminaire des historiens communistes dont émergèrent Jacques Girault et Danielle Tartakowsky. Avec certains d’entre eux (Jacques Girault, Jean-Louis Robert, Danielle Tartakowsky, Jean Charles), il publia une édition commentée et critique du sténogramme du congrès de Tours, un monument de 917 pages.. Quelques-uns firent des travaux universitaires sous sa direction. Danielle Tartakowsky prépara et soutint avec lui son doctorat de 3e cycle sur les écoles. Elle commença aussi sa thèse d’État sur les manifestations sous sa direction. Il l’associa à plusieurs projets éditoriaux, des synthèses sur les années mille neuf cent trente. Serge Wolikow d’abord dirigé par Jean Bouvier termina sa thèse avec lui en 1990. Claude Willard se mit à collecter systématiquement les témoignages de militants communistes aux responsabilités diverses afin de constituer des archives orales du communisme français. Cette enquête donna lieu à de nombreux articles publiés par les Cahiers d’histoire, ainsi qu’à deux livres d’entretiens avec Henri Jourdain (1982) et Pierre Villon (1983). Entre 1997 et 2003, une nouvelle campagne de collecte lui permit de rédiger les nombreuses notices (59) qu’il donna alors au Maitron.
Claude Willard remplaça en 1984 à la tête de l’association, Les Amis de la Commune 1871, l’historien communiste Jean Bruhat qui avait succédé à Jacques Duclos en 1975. Sous sa longue présidence (1984-2007), l’association se développa et élargit son champ d’action. Elle rassemblait initialement surtout des communistes et des sympathisants. Il œuvra pour élargir son audience à toutes les sensibilités de la gauche. Il s’agissait pour lui aussi de faire connaître l’héritage démocratique de la Commune de Paris au-delà du cadre français. En 1989, il projeta la création d’une association internationale des Amis de la Commune. Elle ne vit pas le jour, mais le 130e anniversaire de la Commune en 2001 donna lieu à une série de conférences au Brésil. Le travail dans les commissions « comme au temps de la Commune » (Claudine Rey) permit de multiplier et de diversifier les activités. Claude Willard a dit à plusieurs reprises la fierté du travail accompli au sein de cette organisation dont il demeure en 2017 président honoraire.
Il forma avec Germaine Willard un couple très uni, soudé à la fois par le militantisme communiste et leur passion de l’histoire. Très attachés à leur cellule familiale, ils cultivèrent aussi leur réseau d’amis. Ils eurent deux enfants, Marie-Claude (1947) et François (1948).

Œuvre choisie : 23 notices nominatives à la BNF.

En collaboration avec Germaine Willard, Babeuf : textes choisis, Éditions sociales, 1951. En collaboration avec Germaine Willard La nation française, Éditions sociales, 1955. La fusillade de Fourmies, Éditions sociales, 1957. Le mouvement socialiste en France (1893-1905) : les guesdistes, Éditions sociales, 1965. La correspondance de Charles Brunelière (1880-1917), Klincksieck, 1968. Socialisme et communisme français, Armand Colin, 1967, réédition remaniée en 1978. Le socialisme de la Renaissance à nos jours, PUF, 1971. En collaboration, Le congrès de Tours, Éditions sociales, 1980. Montreuil-sous-bois, Temps actuels, 1982. Pierre Villon, résistant de la première heure, Éditions sociales, 1983. En collaboration avec Danielle Tartakowsky, Des lendemains qui chantent : la France des années folles et du Front populaire, Messidor, 1986. En collaboration avec Maurice Moissonnnier, Barricades : révoltes et révolutions au 19e siècle. Messidor, 1991. (Dir) La France ouvrière tome 1. Des origines à 1920 : histoire de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier français. Editions sociales, 1993 .
Articles dans la Pensée, Le Mouvement social, Annali Feltrinelli,Cahiers d’Histoire de l’Institut Maurice Thorez, de l’Institut de Recherches Marxistes, Franzouski Ejegodnik.
Cinquante-sept notices biographiques dans le DBMOF.

SOURCES : Arch. privées Marie-Claude Willard, Arch. du comité national du Pcf.
Entretiens avec Roger Bourderon, Claudine Cardon-Hamet, Roger Martelli, Claude Mazauric, Claude Mossé, Claudine Rey, Jean-Paul Scot , Claude Willard, Marie-Claude Willard, Serge Wolikow. — « Claude Willard », Entretien avec Pierre Singaravélou, 25 janvier 2008 », in Le Mouvement Social 2008/2 (n° 223), p. 30-32. — « les Cominterniens », in Communisme n°38/39, 1994, p.71. — Rachel Mazuy, « Marcel Willard un avocat communiste en Union soviétique ». In hal.archives-ouvertes.fr, 2014. — Annie Kriegel, Ce que j’ai cru comprendre, 1991. — Jean Bouvier, in Revue du Nord, vol.47, 1965. — Madeleine Rebérioux, in Revue historique, n°237, 1967. — Michelle Perrot, in Annales Economie, société, civilisation, vol. 22, 1967. — Claude Willard « Jean Maitron : la mort d’un défricheur de l’histoire ouvrière », Cahiers d’histoire de l’IRM, n°31, 1987. — Frédéric Genevée, La fin du secret. Histoire des Archives du Parti communiste français, Editions de l’Atelier, 2012. — Marco di Maggio, « Recherche historique et engagement militant : les Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez dans le dispositif culturel du PCF », in Cahiers d’histoire revue d’histoire critique, n°123, avril-Juin 2014. — Emmanuel Le Roy Ladurie, Paris Montpellier P.C PSU 1945-1963, Gallimard, 1982. — Virginie Linhart, « le Greco « banlieues et changements urbains »(1968-1989) ou la difficulté de l’interdisciplinarité dans la recherche », in La Revue pour l’histoire du CNRS, 2006/14. — Bernard Chambaz, Kinopanorama, Le Pavillon, 2005. — Etat civil.

Annie Burger-Roussennac

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