Né à Rotterdam en 1883 ; fusillé en Hollande par les Nazis en avril 1942. Envoyé du Komintern en Chine (1921-1923), principal artisan du premier Front uni (1922-1927).

Hendricus Sneevliet, plus connu dans l’histoire de la révolution chinoise sous les pseudonymes de Ma Lin (Maring) et Sun Duo, fut avant et après sa rencontre avec l’Asie orientale un révolutionnaire européen formé à l’école du syndicalisme révolutionnaire, de la social-démocratie (dès 1900) et du léninisme (à partir de la Grande Guerre). Personnalité forte et originale, il ne tarda pas à se séparer du Parti communiste néerlandais après son retour en Hollande (en 1924). Puis de Staline, ce pourquoi il fonda en 1929 un parti trotskyste (le Parti socialiste révolutionnaire), dont il fut le seul représentant au Parlement de 1933 à 1939. Ayant marqué ses distances à l’égard de Trotsky en refusant d’adhérer à la IVe Internationale, il fut, avant son arrestation en 1942, l’un des premiers résistants hollandais et l’éditeur d’un journal clandestin, Spartakus.
Ce militant européen sut deviner très tôt, à l’instar d’un Roy ou d’un Lénine, l’avenir révolutionnaire des « pays coloniaux et semi- coloniaux » (notre Tiers monde). A Java, où il militait depuis 1913, il mit au point une stratégie adaptée à la sociologie et à l’évolution politique de ces pays : la formule reposait sur une alliance étroite entre mouvement révolutionnaire radical (trop faible pour vaincre seul) et mouvement national des élites autochtones (que leur patriotisme, à condition de n’être pas laissé à lui-même, pouvait rallier à un programme de révolution sociale). En 1916, Sneevliet fit adhérer les membres de « son » parti (l’Union sociale-démocrate indienne) au Sarekat Islam (Islam uni). Chargé de représenter le mouvement révolutionnaire indonésien au IIe congrès du Komintern (juillet 1920), le praticien de ce front uni avant la lettre devait tout naturellement soutenir Lénine, avocat de telles alliances, contre Roy, aux yeux duquel la greffe nationaliste ne profiterait qu’à la « bourgeoisie nationale », rebelle et étrangère à toute espèce de révolution sociale. La doctrine lénino-sneevlietienne l’ayant emporté, Maring (Sneevliet avait choisi ce nom pour se rendre à Moscou ; il le conserva lors de ses missions chinoises), élu au C.E.I.C., fut désigné pour représenter le Komintern en Chine dès août 1920. Sa mission, succédant à celle de Voitinsky, consistait à définir une stratégie pour la révolution chinoise tout en explorant les conditions d’une alliance entre les révolutionnaires marxistes et le parti de Sun Yat-sen (孫逸仙).
Le premier séjour chinois de Maring (juin 1921-avril 1922) nous est assez bien connu grâce au rapport officiel qu’il a rédigé pour le C.E.I.C. (11 juillet 1922). Ce document exceptionnel nous renseigne sur le travail clandestin des agents du Komintern, sur les aberrations politiques et sociales de la Chine des seigneurs de la guerre et, d’une manière malheureusement assez vague, sur les activités des intellectuels marxistes de Pékin et de Shanghai (il est vrai qu’à la veille de la fondation du P.C.C., ces activités sont elles-mêmes assez brouillonnes : voir Li Dazhao (李大釗) et Chen Duxiu (陳獨秀)). Dès son arrivée, Maring s’affaire à l’organisation du premier congrès du P.C.C. (juillet 1921), auquel il assiste personnellement ; il supervise ensuite les premiers efforts du nouveau parti en direction du mouvement ouvrier (avec la création du Secrétariat du travail) et dans le domaine de la propagande. Parallèlement, il rencontre de nombreux responsables nationalistes puis Sun Yat-sen lui-même à Guilin en décembre Les deux hommes découvrent qu’ils partagent la même conviction : la révolution chinoise ne peut rien sans le G.M.D. ; à l’inverse, le parti nationaliste a besoin d’aide : Maring sait rendre séduisante celle que Moscou et le P.C.C. peuvent apporter au gouvernement de Canton. Pour arranger les choses, Sun Yat-sen souligne la convergence de la N.E.P. soviétique avec son propre socialisme (tout en prenant soin de préciser qu’il ne se convertit pas au communisme), tandis que Maring relève les tendances réformatrices du G.M.D. attestées notamment par l’existence de syndicats ouvriers d’obédience nationaliste (voir Chen Bingsheng (陳炳生) et Huang Huanting (黃煥廷)). Avant son retour à Moscou, il signifie aux dirigeants du P.C.C. qu’une alliance avec le G.M.D. allant jusqu’à la fusion organisationnelle entre les deux partis lui paraît souhaitable. Cette formule (dite « bloc within » par les Anglo-saxons) choque le sectarisme néophyte des communistes qui ont emprunté sans hésitation la voie prolétarienne au lendemain du 4 mai. Maring finira cependant par l’imposer : mais il faudra une pleine année de crise (printemps 1922-printemps 1923) pour guérir, brutalement, la « maladie infantile » du communisme chinois.
Certains historiens (voir Sources) ont voulu voir dans le double « scoop » indonésien et chinois la preuve que le Front uni (tel qu’il allait être appliqué en Chine jusqu’en 1927) relevait moins des directives abstraites (et léniniennes) de 1920 que des initiatives personnelles de Maring. Dov Bing est allé jusqu’à faire de ce Front une stratégie purement « sneevlietienne ». Or, sans le Komintern, rallié depuis son IIIe congrès (juin 1921) au mot d’ordre du Front, Maring eût été impuissant. Cette stratégie, destinée à préparer une nouvelle offensive révolutionnaire en Europe (après l’échec de la poussée issue de la guerre) pouvait être étendue à l’Orient. C’est dans ce domaine que Maring lui offre une première chance d’application, et c’est dans cette perspective qu’il faut interpréter la mise en œuvre par Moscou de l’alliance avec Sun Yat-sen. En dehors de la résistance des communistes chinois (mais c’était là un obstacle bien frêle), deux difficultés ont certainement retardé l’avènement de la nouvelle politique en compliquant la tâche de Maring.
Il s’agissait en premier lieu des réserves nourries par certains dirigeants soviétiques (Zinoviev et son entourage) à rencontre de toute stratégie reposant sur l’ajournement de la révolution et sur l’élargissement hétérodoxe du camp révolutionnaire. Du premier congrès des Travailleurs de l’Orient (janvier 1922) au IVe congrès du Komintern (décembre 1922), ces réserves s’expriment surtout à propos de la question chinoise et à rencontre du G.M.D. Tout en se résignant à une alliance tactique avec ce dernier, les hommes de la révolution immédiate (plus encore que partisans de Roy) préfèrent l’alliance paysanne, admise par Marx et utilisée par Lénine en 1905 et en 1917, à l’alliance bourgeoise qui symbolise tous les délais et tous les compromis qu’ils rejettent. Ils invitent donc les communistes chinois à « aller aux masses », c’est-à-dire, au-delà des ouvriers, à une paysannerie dont ils gonflent l’inclination révolutionnaire pour les besoins de la cause (alors que Maring constate plus prosaïquement la passivité des paysans chinois). Au printemps 1923, ce gonflement est accentué par la révolution agrarienne de Bulgarie qui est censée préparer une conflagration prolétarienne en Allemagne : bien plus que l’écrasement des cheminots du Jing-Han par les troupes de Wu Peifu en février (voir Yang Defu), c’est cette circonstance « centrale » qui explique l’inflexion pro-paysanne d’ultimes directives envoyées par le Komintern en mai 1923 ainsi que l’évolution subséquente de Maring quant au rôle potentiel de la paysannerie dans le Front.
Le deuxième obstacle tenait à la coexistence équivoque de plusieurs « lignes » chinoises. Certes, la possibilité que Voitinsky avait explorée d’une alliance méridionale avec Chen Jiongming (partenaire de Sun Yat-sen) plus qu’avec Sun lui-même avait été abandonnée. Mais alors même que Maring et A.A. Joffe négocient avec Sun, Moscou entretient les meilleures relations avec ses adversaires pékinois. Maring a vigoureusement dénoncé le « flirt » du commissariat aux Affaires étrangères (Narkomindel) avec la clique du Zhili, maîtresse de Pékin, que domine Wu Peifu. Il est peut-être exagéré d’attribuer cette politique au Bureau d’Irkoutsk de l’internationale (version de Maring lui- même, qui parle d’une « ligne d’Irkoutsk »). Toujours est-il que les militants du P.C.C. s’engouffrent dans la brèche (voir Li Dazhao (李大釗), Bao Huiseng (包惠僧), Deng Zhongxia (鄧中夏), Xiang Ying (項英), Lin Yuying (林毓英), Lin Yunan (林育南)), et que Wu lui-même lève l’équivoque (par le massacre mentionné ci-dessus) au lendemain de l’accord Sun-Joffe (26 janvier 1923 : voir Joffe). Tout en renforçant la main de Maring à Moscou, cette tragédie a surtout démontré le bien-fondé de son analyse en prouvant que le mouvement syndical révolutionnaire ne pouvait se développer qu’à l’abri de conditions politiques favorables, telles que le G.M.D. pouvait en offrir au P.C.C. dans le Sud. Maring ne se fit pas faute d’invoquer cette démonstration contre les responsables du mouvement ouvrier qui continuaient d’animer la résistance au Front.
A partir de sa deuxième mission (été 1922) en effet, Maring s’emploie surtout à vaincre l’obstacle chinois en brisant cette résistance. En juillet le C.E.I.C. l’avait muni d’instructions (récemment publiées en U.R.S.S.) qui recommandaient une version nettement « entriste » du Front. A l’opposé, les dirigeants communistes, profitant de son absence au début de l’été, ne s’étaient ralliés que du bout des lèvres à la nouvelle stratégie afin d’en mieux éluder les conséquences hétérodoxes. Le IIe congrès du P.C.C. (juillet 1922) n’avait retenu que l’expression la plus vague et la moins contraignante d’une « action commune » avec le G.M.D. contre l’impérialisme (dite « bloc without »). Maring réunit la direction communiste à Hangzhou en août afin d’imposer le « bloc within », avec lequel Sun Yat-sen, qui se savait courtisé par Moscou, confondait désormais ses exigences. Au cours de ce plénum célèbre, Li Dazhao et Zhang Tailei (張太雷), le secrétaire de Maring, soutinrent seuls le représentant du Komintern, qui dut employer l’argument d’autorité. Maring régla avec Sun Yat-sen les modalités organisationnelles d’une alliance dont Sun lui-même et Joffe allaient définir la philosophie quelques mois plus tard (janvier 1923) dans la déclaration qui passe pour l’acte de naissance officiel du premier Front uni. Les membres du P.C.C. adhéraient à titre individuel au G.M.D. ; ils juraient allégeance à l’idéologie nationaliste (les trois principes du peuple) et reconnaissaient le rôle dirigeant du G.M.D. dans la révolution.
Tout en sacrifiant à la règle de la double appartenance, les dirigeants du P.C.C. continuaient de résister aux décisions de Hangzhou. Maring fit un nouveau voyage à Moscou, d’où il rapporta de fermes directives édictées le 10 janvier 1923 par le C.E.I.C. : l’internationale le chargeait de réunir un congrès afin de briser l’opposition au Front ; la formule de Hangzhou était entièrement sanctionnée par le Komintern. Prestigieux (il venait d’être nommé au Bureau d’Extrême-Orient créé par l’internationale à Vladivostok en remplacement du Bureau d’Irkoutsk), et triomphant (le revirement de Wu Peifu coïncide avec son retour en Chine), Maring domina le IIIe congrès du P.C.C. (réuni à Canton du 10 au 20 juin 1923). Il n’est pas sûr qu’un 4e voyage de Maring à Moscou (en avril ?) ait précédé ce congrès. Toujours est-il que s’il le fit, Maring n’en profita pas pour rapporter les nouvelles directives du C.E.I.C. concernant la paysannerie (qui n’arrivèrent à Shanghai qu’au lendemain du congrès, suivant le témoignage des historiens soviétiques). Il n’en reste pas moins que l’évolution du Komintern lui était connue et que ce congrès, qui fut celui de sa victoire, fut aussi celui de la synthèse : la « question paysanne » (nongmin wenti) y fut débattue pour la première fois. Grâce au soutien de Qu Qiubai (瞿秋白) et de Deng Zhongxia (鄧中夏), qui vinrent grossir la fraction des fidèles (Li Dazhao et Zhang Tailei), il y fut moins isolé qu’à Hangzhou. Cai Hesen (蔡和森), Li Lisan (李立三) et Zhang Guotao (張囯燾) animèrent la résistance. Mao Tse-tung (毛澤東), qui comptait alors beaucoup moins que les susnommés, vola au secours de la victoire : il y gagna un siège au C.C. et le Département de l’organisation (retiré à Zhang Guotao).
Maring se rendit ensuite à Shanghai afin d’empêcher toute interprétation restrictive (comme en 1922) des décisions de Canton. Il semble aussi avoir mis la main à la création d’une revue théorique destinée à justifier et à expliquer sa politique par l’analyse du développement économique et social de la Chine. C’est en effet dans les colonnes de l’éphémère Qianfeng (L’Avant-garde) qu’on trouve les premières études sur le développement du capitalisme chinois (voir Qu Qiubai (瞿秋白)), la première analyse des classes de la société chinoise et la première analyse de fond, en termes orthodoxes, de la « question paysanne » (voir Chen Duxiu (陳獨秀)). En dehors de Chen Duxiu, rallié au Front après une valse-hésitation plutôt bienveillante, la revue était la chose du clan sneevlietien (Zhang Tailei, Qu Qiubai). Maring (sous la signature de Sun Duo) lui donna un article important (sans doute traduit par Zhang Tailei), qui expliquait de manière très lucide « le passé et les perspectives d’avenir » du mouvement révolutionnaire chinois. Mais trop incisive sur le plan des rapports humains, cette lucidité lui valut d’être rappelé à Moscou peut de temps après le IIIe congrès. Le mystère de ce rappel s’explique en effet si l’on considère que le Komintern eut l’habileté d’écarter l’homme tout en poursuivant la politique. D’autres, plus souples (Voitinsky à Shanghai), non moins fermes mais plus adroits (Borodine à Canton), surent regagner la confiance de militants ébranlés en exploitant brillamment les avantages de cette politique. Maring ne l’entendit pas de cette oreille. C’est un homme amer et rancunier qui s’ouvrit de ses griefs — le P.C.U.S. donnait dans la xénophobie — à Peng Shuzhi (彭述之) lors du IVe congrès de l’I.C. (juin 1924). « L’unique raison pour laquelle on a refusé de me faire confiance (...) est que je suis un non-Russe ! » L’évolution ultérieure de l’opposant Maring s’explique mieux compte tenu de cette mortification.
La catastrophe de 1927 a terni le souvenir des avantages du Front. Pourtant, jusqu’en 1925 au moins, l’union voulue par Maring a bénéficié tant au G.M.D. (qu’elle a revitalisé et solidement ancré à Canton) qu’au P.C.C. (qu’elle a tiré d’une impasse sectaire et mis à même d’élargir ses organisations et son audience ouvrières). L’« entremetteur » du premier mariage P.C.C.-G.M.D. (le mot est d’un Zhang Guotao comme toujours assez injuste, un rien amer et mordant) était donc « énergique et convaincant », comme Mao (qui sait reconnaître les siens !) l’avouera plus tard à Edgar Snow (1936) — à la veille même de renouer avec les vertus de l’union mais d’une union dont il sut rester le maître.

ŒUVRE : Le 24 juillet 1922, Maring fut nommé correspondant de l’Internationale communiste et de La Correspondance Internationale pour l’Extrême-Orient. Il a écrit quelques articles pour ces revues sur la situation interne en Chine. Les plus intéressants datent du tournant des années 1922-1923 : « Die revolutionär-nationalistische Bewegung in Süd-China », Kommunistische Internationale, XXII, 13 septembre 1922 et « Die Eisenbahnerstreiks in China », ibid., XXVII, 15 août 1923. Le second de ces articles fait écho à un événement d’actualité : le massacre des cheminots du Jing-Han en février 1923. Le premier reprend la matière du rapport présenté au C.E.l.C. au terme de la première mission en Chine. Ce document exceptionnel (« Bericht des Genossen H. Maring für die Exekutive », Moscou, 11 juillet 1922) est connu grâce à l’exemplaire conservé aux archives du ministère de la Justice à La Haye. Gruber (op. cit.) en donne une traduction anglaise. L’interview accordée à Harold Isaacs le 19 août 1935 (Maring, alors oppositionnel, s’exprime librement mais peut- être pas toujours sincèrement...) est une source également fondamentale (Isaacs, art. cité). Un article de synthèse, tirant la leçon et traçant les perspectives du Front uni, a été traduit (sans doute par Zhang Tailei) pour la revue Qianfeng dont il ouvre le premier numéro : Sun Duo (alias Snnevliet), « Zhongguo guomin yundong guoju ji jianglai » (Le passé et l’avenir du mouvement national chinois), Qianfeng, 1-1, 1er juillet 1923, p. 2-10.

SOURCES : Les biographies qu’on trouvera dans Lazitch et Drachkovitch (1973) et North et Eudin (1957) sont sommaires et non exemptes d’inexactitudes. — De toute manière, elles n’ont pu tenir compte des résolutions et instructions du Komintern publiées par Glunin in Ulyanovsky (1979). — Sur la genèse du Front uni, voir l’excellent résumé de Harrison (1972). — Sur le rôle très controversé de Maring, voir la polémique suscitée par la thèse excessive de Dov Bing in CQ, n° 48, octobre-décembre 1971 (articles de D. Bing, A.C. Muntjewerf, D. Bing et Adrian Chan in CQ, n° 53, janvier-mars 1973, n° 54, avril-juin 1973 et n° 56, octobre-décembre 1973). — Sur la politique orientale et chinoise du Komin¬tern, Whiting (1954) est moins partiel que North et Eudin (1957), déjà cité, et Gruber (1974), qui donnent surtout des documents. Chevrier (in Extrême-Orient, Extrême-Occident, n° 2, 1983) explore les tenants moscovites de la résistance chinoise aux pressions de Maring et l’évolution de l’I.C. entre l’été 1922 et l’été 1923. — Voir également les témoignages de Maring lui-même (in Isaacs, CQ, n° 45, janvier-mars 1971) ; de Zhang Guotao in Chang Kuo-t’ao, I (1971) ; de Chen Gongbo in Ch’en Kung-po et Wilbur (1966), de Mao Tse-tung in Snow (1938) et de Peng Shuzhi (in Cadart/Cheng, 1983).

Yves Chevrier

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