Né en 1897, mort en 1935 ; un des premiers communistes du Guangdong et un des principaux dirigeants du mouvement paysan dans cette province entre 1925 et 1927.

Membre avec Luo Qiyuan (羅綺園) de la Ligue de la Jeunesse socialiste (ancêtre de la L.J.C.) du Guangdong dès l’hiver 1920-1921, c’est-à-dire au moment même de la fondation du P.C.C., Ruan Xiaoxian succéda quelques années plus tard à Luo, second directeur (après Peng Pai (澎湃) de l’Institut des cadres du mouvement paysan de Canton. La troisième promotion, formée par Ruan du 1er janvier au 1er avril 1925, compta cent quatorze cadres, tous originaires du Guangdong. A cette époque, et jusqu’à la rupture entre G.M.D. et P.C.C. (printemps 1927), le trio Luo-Peng-Ruan pratiquait déjà dans les villages du Guangdong la formule de mobilisation des masses paysannes, clef de la victoire remportée par les communistes près d’un quart de siècle plus tard. Tous trois animaient la section paysanne de la Fédération communiste du Guangdong et noyautaient le Département paysan du G.M.D. à Canton. Au printemps 1926, six des neuf membres du comité directeur de ce Département paysan étaient communistes : outre Ruan Xiaoxian et Luo Qiyuan, Lin Zuhan, Mao Tse-tung (毛澤東), Tan Zhitang et Xiao Chunü (蕭楚女). Ruan, Luo et Peng Pai tenaient en outre bien en main la Fédération provinciale des associations paysannes du Guangdong, qu’ils avaient plus que tout autre contribué à créer et développer. Ruan Xiaoxian a, pour sa part, organisé ou plutôt réorganisé l’Association paysanne du xian de Huiyang, dans la région de la Rivière de l’Est en novembre 1925. Ruan et les autres activistes (officiellement Guomindang, mais en fait presque tous communistes) dépêchés sur place veillaient à ce que chaque nouvelle Association paysanne locale se conformât à un ensemble de règles soigneusement élaboré qui permettait aux dirigeants provinciaux de contrôler de près son activité. Ruan fut l’un des cinq représentants du Département paysan du G.M.D. au premier congrès des associations paysannes du Guangdong, tenu à Canton en mai 1925. Au second congrès, en mai 1926, il présenta un rapport sur les luttes des paysans du Guangdong au cours de l’année écoulée. Étoffé et mis à jour, ce rapport fournit la matière d’un important article publié deux mois plus tard dans Zhongguo nongmin (Le Paysan chinois). L’optimisme de ce rapport fut très vite démenti par les conséquences, funestes pour les associations paysannes du Guangdong, de l’Expédition du Nord et de la scission entre G.M.D. et P.C.C.
Après l’écrasement du mouvement paysan du Guangdong, Ruan Xiaoxian a participé à la révolution agraire dans le Jiangxi. Il a appartenu aux deux C.E.C. (1931 et 1934) de la République soviétique chinoise. Dans un article publié en 1930 (« Comment lutter contre les paysans riches »), Ruan s’est prononcé, comme le Komintern et Wang Ming (王明), en faveur de l’organisation de syndicats indépendants d’ouvriers agricoles, entreprise futile aux yeux de Mao Tse-tung. Il a également consacré plusieurs articles au rôle et à la mobilisation des femmes dans les zones soviétiques. Ruan a survécu à Peng Pai et Luo Qiyuan, fusillés en 1929 et 1931, mais on ignore la date et les circonstances de sa mort.

ŒUVRE : « Huiyang xian nongmin xiehui chengli zhi jingguo » (Procédure suivie pour la fondation de l’association paysanne du xian de Huiyang), Zhongguo nongmin n° 3 (mars 1926). — « Guangdong sheng nongmin yinianlai zhi douzheng baogao dagang » (Grandes lignes d’un rapport sur les luttes paysannes dans le Guangdong depuis un an), Zhongguo nongmin n° 6-7 (juillet 1926). — « Quanguo nongmin yundong xingshi ji qi zai guomin geming de diwei » (La situation du mouvement paysan dans l’ensemble du pays et sa place dans la révolution nationale), Zhongguo nongmin n“ 10 (octobre 1926). — « Zenyang lai fandui funong » (Comment lutter contre les paysans riches), Hongqi n° 99 (7 mai 1930). — « “San ba” jie qian Ruijin funii de huoyue » (Activités des femmes de Ruijin avant la célébration du 8 mars), Hongse Zhonghua n° 155 (27 février 1934). — Ruan Xiaoxian wenji (1984, édition posthume de ses écrits).

SOURCES : KC (biographies de Chen Duxiu et de Peng Pai). — Berkley (1979). — Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I (1971). — Shinkichi Eto in CQ, nos 8-9, octobre-décembre 1961 et janvier-mars 1962. — Galbiati (1981). — Hofheinz (1977). — Huang/Bell/Walker (1978). — Slawinskj (1975). — Han Xiaorong (2005).

Lucien Bianco

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