Né le 5 mars 1898 à Huai’an (Jiangsu) dans une famille de notables originaire de Shaoxing (Zhejiang) ; mort à Pékin le 8 janvier 1976. Le plus connu des communistes chinois après Mao Tse-tung et Deng Xiaoping, Zhou Enlai est aussi le seul qui ait appartenu sans interruption à la direction du Parti pendant près d’un demi-siècle (de 1927 à 1976). Chargé des relations extérieures du mouvement, puis du régime, premier ministre pendant plus d’un quart de siècle, Zhou a exercé sans relâche un rare talent de diplomate et d’administrateur.

Zhou Enlai à Paris comme étudiant-travailleur
Talent rare, mais qualités plus classiques que celles de Mao. Elles rendent en partie compte d’une carrière elle aussi plus classique et plus précoce. L’origine sociale, qui constituera un mauvais point pendant la Révolution culturelle, a favorisé elle aussi cette précocité : Zhou naît dans un milieu « mandarinal » aisé, ce qui lui permet de fréquenter de 1912 à 1917 le collège secondaire de Nankai, à Tientsin, réputé pour son enseignement à la fois moderne et libéral. A l’automne de 1917, il devient étudiant à l’Université Waseda de Tokyo ; l’année suivante, il rejoint à Kyoto un ancien condisciple de Nankai.
Le mouvement du 4 mai (1919) interrompt brutalement son séjour au Japon : à l’appel d’un autre condisciple de Nankai, Ma Jun (futur secrétaire du comité de Pékin du P.C.C., exécuté en 1927), Zhou Enlai rentre à Tientsin et se lance dans l’agitation politique. Il s’inscrit à l’Université Nankai, fondée en cette même année 1919, mais n’en suit pas les cours, accaparé qu’il est par la création d’une « Société du Réveil » (Juewu She) comparable à l’association qu’organisent à la même époque Cai Hesen (蔡和森) et Mao à Changsha, par la rédaction d’articles pour Le Réveil, organe de la société, et par la participation à des manifestations patriotiques. Arrêté à l’issue d’une de ces manifestations, il passe six mois en prison de janvier à juillet 1920. Ce n’est pas en prison, comme le veut la légende, mais au cours d’actions militantes que Zhou fait la connaissance d’une étudiante de Nankai : Deng Yingchao (鄧穎超), à qui il écrira souvent de France au cours des années suivantes et qu’il épousera à Canton en 1925.
Zhou Enlai s’embarque en effet pour la France en novembre 1920 (soit à peine plus d’un an après son retour du Japon), dans le cadre du mouvement « travail-étude » (voir Li Shizeng (李石曾)). Il ne semble pas qu’il y ait beaucoup travaillé (quinze jours peut-être aux usines Renault de Billancourt ?), ni même étudié : comme à Tientsin, le plus clair de son temps est consacré à l’action politique. Il adhère au mouvement communiste au début de l’année 1921 sur la recommandation de Zhang Shenfu (張申府). Voyageant sans cesse entre la France, l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne (où il recueille l’adhésion au communisme de Zhu De (朱德)), il est l’un des fondateurs de la branche européenne du jeune P.C.C., établie à Paris en 1922. Il rédige de nombreux articles pour Shaonian (Jeunesse), bientôt rebaptisé Chiguang (Lumière rouge), périodique révolutionnaire ronéotypé par la Ligue des Jeunesses socialistes chinoises, ancêtre de la L.J.C. Au nombre d’une vingtaine pour la seule année 1924, ces articles traitent avant tout de la politique intérieure chinoise, mais il leur arrive également d’évoquer et de commenter des sujets tels que le cinquième congrès de l’I.C., l’échec de la révolution allemande, les élections de 1924 en Italie et en France. Dépourvus d’originalité théorique, ces articles sont assez représentatifs de ce qu’écrivaient et pensaient les jeunes révolutionnaires de l’époque, qu’ils fussent exilés ou restés au pays. Parmi ceux qui militaient avec Zhou Enlai en France, plusieurs deviendront comme lui des dirigeants importants du mouvement communiste : Cai Chang (蔡暢), sœur de Cai Hesen et son futur époux Li Fuchun (李富春) ; Chen Yi (陳毅), Li Lisan (李立三), Nie Rongzhen (聶榮臻), Li Weihan (李維漢), Wang Ruofei (王若飛) et le benjamin Deng Xiaoping (鄧小平), qui reproduisait au stencil ses articles et ceux de ses aînés pour Shaonian et Chiguang. D’autres membres du groupe, tels que Xiang Jingyu (向警予), Zhao Shiyan (趙世炎) et les deux fils de Chen Duxiu (陳獨秀), Chen Yannian (陳延年) et Chen Qiaonian, seront très tôt exécutés par le Guomindang, la plupart dès 1927. Au moment où s’achève le séjour en France de Zhou, loin de se combattre, Nationalistes et Communistes viennent tout juste de s’unir au sein d’un même parti, si bien que lors de la création (à Paris en mars 1924) d’une branche européenne du G.M.D., Zhou Enlai entre avec deux autres communistes à son Comité exécutif. C’est encore à Paris que Zhou Enlai aurait fait la connaissance de Ho Chi-minh : il ne manquera pas de le rappeler des décennies plus tard à Hanoi.
Lorsque Zhou Enlai quitte l’Europe au cours de l’été 1924, sa réputation d’organisateur efficace le précède en Chine et il se voit aussitôt confier d’importantes responsabilités dans la principale base révolutionnaire du pays : Canton et le Guangdong. A vingt-six ans, il devient secrétaire de l’important comité régional du P.C.C. pour la province du Guangdong et surtout directeur-adjoint de la section politique de l’Académie militaire de Huangpu, fondée quelques mois plus tôt par le G.M.D. (voir Blücher) et commandée par Chiang Kai-shek. Zhou exerce souvent la responsabilité effective de la section (en l’absence du directeur, Dai Jitao) et il en devient directeur en titre dès 1925. Il passe pour avoir converti au communisme l’un de ses collègues de l’Académie : Ye Jianying (葉劍英), aujourd’hui (1983) membre du comité permanent du B.P. et vice-président de la Commission militaire du C.C. En janvier 1926, Zhou Enlai est élu membre suppléant du C.E.C. du G.M.D., ce qui ne l’empêche pas d’être arrêté deux mois plus tard avec une cinquantaine d’autres communistes : lors du « coup du 20 mars 1926 » (voir Borodine) dirigé par Chiang Kai-shek contre ses conseillers soviétiques et ses alliés du P.C.C. Le coup annonce déjà la volte-face que Chiang effectuera un an plus tard, mais pour l’heure le Komintern choisit de temporiser et Zhou, libéré au bout de quelques jours, soutient la position du Komintern contre ceux de ses camarades qui proposent une rupture immédiate avec le Guomindang (voir Peng Shuzhi (彭述之)).
Cette temporisation faillit lui coûter la vie (comme elle coûta la vie d’un grand nombre de ses camarades) : au printemps suivant, Zhou Enlai est au premier rang de ceux qui organisent l’insurrection victorieuse du prolétariat de Shanghai (mars 1927) et qui tombent presque aussitôt après aux mains de Chiang Kai-shek. On ignore — bien que les légendes foisonnent à ce sujet — comment Zhou a échappé à l’exécution (il a été relâché presque aussitôt après son arrestation). Autre légende : Zhou Enlai aurait servi de modèle au Kyo Gisors de La Condition humaine. Dès les derniers jours d’avril, Zhou Enlai assiste à Wuhan au Ve congrès du P.C.C., qui l’élit au C.C. et au B.P. Quelques mois plus tard, il organise avec d’autres le soulèvement de Nanchang (1er août 1927), célébré aujourd’hui en Chine populaire comme l’acte de naissance de l’Armée rouge (voir He Long (賀龍), Ye Ting (葉挺) et, pour un correctif à cette datation officielle, Zhu De (朱德)). Les insurgés ne tiennent Nanchang que quelques jours et la lamentable « mini-Longue Marche » qui s’ensuit en direction du sud éprouve encore plus Zhou que ses compagnons de débâcle. Atteint de malaria, il est escorté par ses camarades jusqu’à Hong Kong, où il peut enfin se faire soigner.
L’année suivante, Zhou Enlai assiste à Moscou au VIe congrès du P.C.C. (juin-juillet 1928) qui le réélit au C.C. et au B.P., puis au VIe congrès du Komintern, qui l’élit membre suppléant de son Comité exécutif. Il devient en fait et demeure jusqu’à la fin de l’année 1930 le second personnage du P.C.C. après Li Lisan, dont il défend en juillet 1930 devant le XVIe congrès du P.C.U.S. la stratégie d’offensives urbaines. Une fois le désastre consommé, Zhou se désolidarise de Li Lisan moins vite et moins complètement que Moscou ne l’eût souhaité, mais il se soumet à une autocritique qui lui permet de conserver ses sièges au B.P. et au C.C. Il demeure donc dans la nouvelle direction (celle des poulains de Staline, surnommés « les Vingt-huit Bolcheviks ») qui s’empare du Parti lors du 4e plénum du VIe C.C. (Shanghai, janvier 1931) et il la soutiendra au cours des années suivantes contre Mao dans le Jiangxi (voir Pavel Mif et Wang Ming (王明)). Avant de rejoindre les zones soviétiques, Zhou Enlai aurait fait massacrer ou enterrer vivants les membres de la famille de Gu Shunzhang (顧順章), un dirigeant du P.C.C. passé au Guomindang après son arrestation au printemps 1931 et responsable de l’arrestation et de la mort de nombreux militants communistes.
Dès son arrivée dans le Jiangxi, Zhou Enlai s’emploie à mener à bien la tâche délicate que lui a confiée le C.C. stalinien : ravir le pouvoir militaire à Mao Tse-tung. Il fait adopter le 7 janvier 1932 une « Résolution concernant la répression des contre-révolutionnaires » qui rouvre le dossier de l’incident de Futian (voir Chen Yi (陳毅)) et accuse le Comité général du Front aux mains de Mao d’avoir procédé à des arrestations arbitraires, des tortures et un trop grand nombre d’exécutions. Quelques mois plus tard (le 30 mai), Zhou s’en prend dans un important article à l’opportunisme de droite et non plus aux excès de la répression, mais la cible est toujours la même : Mao Tse-tung, responsable de cette orientation « erronée » de l’Armée rouge du Jiangxi-Fujian (Mao conduit alors dans le Fujian une expédition désavouée par Zhou). La défaite de Mao est consommée en août à la Conférence de Ningdu (Jiangxi), à la suite de laquelle Mao perd son poste de commissaire politique général de l’Armée rouge au profit de Zhou (voir Luo Ming (羅明)). La résistance victorieuse des communistes à la quatrième campagne « de liquidation des bandits rouges » renforce encore la position du nouveau commissaire politique. Au cours de la cinquième et ultime campagne, Zhou préconise et applique une stratégie opposée à la stratégie maoïste. Porte-parole de Mao réduit au silence, Lin Biao (林彪) recommande une guerre de mouvement, Zhou Enlai impose une guerre prolongée, autrement dit une guerre d’usure. Il veut défendre la base révolutionnaire, Mao et Lin sont avant tout soucieux de préserver l’Armée rouge (voir Otto Braun).
En fin de compte, il fallut bien évacuer la base soviétique du Jiangxi devenue indéfendable, ce qui n’empêcha pas l’Armée rouge de perdre les neuf dixièmes de ses effectifs au cours de la Longue Marche. Pour Mao Tse-tung dépouillé de son pouvoir militaire, puis politique, la chute de la République soviétique, en tout état de cause inéluctable, en raison du rapport des forces et de la nouvelle stratégie adoptée par Chiang Kai-shek, représente une revanche sur ses rivaux et adversaires à l’intérieur du P.C.C. Il en profite pour renverser la majorité à son profit lors de la première pause de quelque durée (à Zunyi, dans le Guizhou, en janvier 1935) que les fuyards réussissent à s’accorder. Zhou Enlai vole au secours de la victoire, laquelle, à vrai dire, n’était pas entièrement acquise avant son intervention : il reconnaît ses propres erreurs, déplore celles de la direction du Parti et demande qu’on lui retire son poste de commissaire politique. Quelques mois plus tard, il prend derechef le parti de Mao contre Zhang Guotao (張囯燾) et le suit jusque dans le Shanbei (Shenxi septentrional), tandis que Zhu De et d’autres accompagnent Zhang Guotao vers l’ouest. La santé de Zhou Enlai résiste mal à cette dernière étape de la Longue Marche (malade, il est transporté sur un brancard), mais il émerge de l’épreuve et des luttes politiques dans le clan des vainqueurs, presque aussi puissant dans le parti maoïste qu’il l’avait été parmi les directions successives qui avaient de Shanghai sous-estimé l’entreprise paysanne de Mao, puis réfugiées à Ruijin (capitale de la République soviétique) combattu de l’intérieur l’influence de Mao sur « ses » soviets.
Désormais Zhou Enlai soutiendra résolument la direction de Mao. L’originalité de sa carrière depuis la fin de la Longue Marche réside cependant moins dans son maoïsme (c’est le Parti qui est devenu maoïste, et Zhou ne résiste pas au courant dominant) que dans son rôle à la tête des relations extérieures du mouvement communiste : comme si l’habileté qu’il avait témoignée dans les luttes et discussions internes le désignait tout naturellement pour les négociations et palabres à usage externe d’un parti désormais plus uni. Dès le printemps 1936 Zhou rencontre secrètement le général Zhang Xueliang, chargé par Chiang d’exterminer les « bandits communistes ». Conformément à la nouvelle stratégie unitaire proclamée en 1935 par le Komintern et au vœu de nombreux patriotes chinois, Zhou Enlai prêche la fin des guerres fratricides et la constitution d’un front uni contre l’envahisseur japonais. Une trêve de fait s’établit bientôt entre Zhang Xueliang et l’Armée rouge, et lorsque Chiang Kai- shek vient sur place proclamer le lancement d’une sixième campagne de « liquidation des bandits communistes », Zhang Xueliang le retient prisonnier dans l’espoir de le contraindre à changer de politique. C’est le célèbre Incident de Xi’an (Sian, 12 décembre 1936), à la suite duquel Chiang Kai-shek est bien obligé de renverser l’ordre de priorité entre lutte anticommuniste et résistance ant-ijaponaise. Zhou Enlai, venu à Xi’an le 15 décembre dans l’avion personnel de Zhang Xueliang, a joué un rôle fort important dans les négociations qui ont permis à Chiang de repartir sain et sauf et aux communistes d’obtenir plus qu’un répit : la chance d’une nouvelle expansion à la faveur du second Front uni (1937-1945) et de la guerre contre l’envahisseur.
Pendant la première moitié de l’année 1937, Zhou Enlai se rend souvent à Nankin pour préparer l’établissement du Front uni et en négocier les clauses. C’est à Lushan, en pleine conférence avec Chiang Kai-shek et ses subordonnés, que la guerre le surprend en juillet 1937. Désormais, et pour presque toute la durée de la guerre, Zhou Enlai sera le représentant attitré du communisme chinois auprès du gouvernement nationaliste, qu’il suit de Nanjing à Wuhan puis à Chongqing. Il occupe même durant les premières années des postes officiels, quoique dépourvus de pouvoir effectif, dans la hiérarchie tant du gouvernement national que du parti nationaliste (G.M.D.) lui-même. Son rôle de lien entre les deux partis (G.M.D. et P.C.C.) et les deux capitales (Chungking et Yan’an) devient assez théorique après l’incident de la 4e Armée nouvelle (voir Xiang Ying (項英), Ye Ting (葉挺)). Il revient même à Yan’an, où il est en 1943 l’objet de très vives critiques dans le cadre du zhengfeng (la campagne de « rectification »). Mao lui reproche entre autres d’avoir soutenu en 1938 à Wuhan la position de son adversaire Wang Ming en faveur d’un front uni étroit avec le Guomindang. Cette épreuve a selon toute vraisemblance contribué à la soumission ultérieure — à de rares exceptions près — de Zhou à Mao. Mais l’essentiel n’est pas là : ce qui fait l’importance du rôle joué par Zhou Enlai au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce sont les contacts semi-officiels de tous ordres que sa présence fréquente et prolongée à Chungking lui permet de multiplier. Auprès des intellectuels chinois libéraux, des journalistes et diplomates occidentaux, ce remarquable agent publicitaire vend avec succès la parure patriotique et le déguisement démocratique d’un mouvement communiste selon lui contraint d’être unitaire pour deux dans la résistance à l’envahisseur et... désolé de l’autoritarisme croissant de son partenaire nationaliste. Si actif qu’il soit, Zhou Enlai ne peut rencontrer tout le monde : les journaux édités sous sa responsabilité, les communiqués qu’il fait diffuser par l’Agence Chine nouvelle, les organisations pro-communistes dont il suscite la création à Chungking et dans d’autres grandes villes décuplent son influence. L’équipe de talent dont il s’entoure fournira après 1949 le noyau de ses collaborateurs au ministère des Affaires étrangères (voir Qiao Guanhua (喬冠華)).
Aussitôt la guerre finie, Zhou Enlai revient accompagner Mao Tse-tung à Chungking, afin de l’assister dans ses négociations avec Chiang Kai-shek (août-octobre 1945). Il y demeure après le départ de Mao, accueille en décembre le général Marshall à l’aérodrome et négocie avec lui et les Nationalistes le cessez-le-feu du 10 janvier 1946. Le « Comité des Trois » (Marshall, Zhou Enlai et le général nationaliste Zhang Qun, plus tard remplacé par le général Zhang Zhizhong), qui a élaboré le cessez-le-feu, est chargé de le faire appliquer et respecter, mais les incidents se multiplient sur le terrain et l’inévitable guerre civile finit par éclater. Zhou Enlai passe le plus clair de l’année 1946 à négocier avec Nationalistes et Américains. Son départ de Nankin pour Shanghai en septembre, puis de Shanghai pour Yan’an en novembre est un symbole, au demeurant tardif : les combats ont déjà repris un peu partout. Zhou est rentré à Yan’an depuis quatre mois seulement qu’il faut évacuer la ville, sur le point d’être prise par les Nationalistes (mars 1947). Il s’enfuit avec Mao, sous la garde d’un petit détachement de l’A.P.L., et cette nouvelle Longue Marche lui réussit aussi mal que la première (il est à nouveau malade et porté sur un brancard). Au printemps 1948, Mao et Zhou font leur jonction avec Liu Shaoqi (劉少奇) et Zhu De, partis par une autre route afin de répartir les risques. Un an encore (mars 1949) et c’est l’entrée aux côtés de Mao dans Pékin libéré, puis dès le lendemain une négociation de dernière heure avec les émissaires du président de la République par intérim, Li Zongren (Chiang Kai-shek a démissionné) : cette fois Zhou peut se permettre de parler fort et de faire échouer les pourparlers. Dorénavant ce n’est plus avec des compatriotes qu’il négociera, mais avec le monde entier en tant que ministre des Affaires étrangères et premier ministre de la nation la plus peuplée de la terre.
On peut être plus bref sur la seconde partie de la carrière de Zhou Enlai. Non que son extraordinaire activité diminue alors (il a tout juste dépassé la cinquantaine). Mais précisément elle est tout au long de ce troisième quart du XXe siècle si soutenue, si centrale, si diverse qu’elle s’identifie à l’histoire de la Chine populaire. Dans le domaine extérieur, Zhou Enlai n’a cessé jusqu’à ses derniers jours d’être le principal porte-parole de son pays : non pas exactement l’inspirateur (Mao Tse-tung n’a laissé ce soin à personne d’autre qu’à lui-même), mais au minimum le brillant et infatigable exécutant. « Au minimum », car les orientations définies par Mao étaient assez générales pour laisser une certaine liberté d’interprétation, voire d’infléchissement à un esprit expert dans l’art d’établir de subtils distinguos. Il semble, au demeurant, que ces deux nationalistes soient tombés le plus souvent d’accord sur la politique qui servait le mieux les intérêts de leur pays : pour s’en tenir à un exemple du début des années 1970, on imagine aussi mal Zhou réticent à l’idée d’effectuer un rapprochement avec les États-Unis voulu par Mao qu’imposant à Mao un retournement diplomatique de cette envergure.
Dans les premières années du régime, la Chine a penché « d’un seul côté » (Mao) : c’est ce qui amène dès janvier 1950 Zhou Enlai à Moscou, où il rejoint Mao et signe en février un traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle. La guerre de Corée, qui rend vains ses efforts en vue de faire reconnaître la R.P.C. comme la vraie Chine, requiert une bonne part de son temps entre l’été 1950 et l’été 1953. Il revient en août 1952 à Moscou pour conclure de nouveaux accords (mais confie à Li Fuchun le soin de négocier les conditions de l’aide économique accrue consentie par l’U.R.S.S.), puis à nouveau en mars 1953, où il conduit la délégation chinoise aux funérailles de Staline. La disparition de Staline inaugure une nouvelle étape de la diplomatie chinoise, désormais plus autonome et moins guindée. Ce premier tournant libère le talent de Zhou Enlai, qui remporte un très grand succès personnel à la conférence de Genève en 1954 et plus encore à Bandung en 1955. Il profite d’un ajournement temporaire de la conférence de Genève pour proclamer (avec Nehru à New Delhi et U Nu à Rangoon) les fameux « cinq principes de coexistence pacifique ». Arguant de ces principes, il réussit à persuader maint délégué à Bandung que seuls l’impérialisme occidental et les pactes militaires qu’il ourdit (tel l’O.T.A.S.E., conclu en 1954) menacent l’indépendance des nouvelles nations d’Asie et d’Afrique. Quand l’unité du monde communiste menace de se défaire à l’automne 1956, Zhou Enlai rentre d’urgence d’Asie méridionale, où il effectuait une tournée diplomatique. Peu après (janvier 1957), il accomplit à Moscou, Varsovie et Budapest une mission de bons offices qui témoigne de l’importance accrue de la Chine à l’intérieur du bloc.
Ce bloc, la Chine s’apprête à s’en désolidariser, puis à le quitter. Il ne faut sans doute voir qu’une simple coïncidence dans l’abandon vers la même époque (février 1958) du portefeuille des Affaires étrangères par Zhou Enlai. Souci de préserver le temps et l’énergie d’un premier ministre plus accablé de tâches qu’aucun autre dirigeant du régime... ou recul temporaire ? On ne connaît, en tout cas, pas de conflit entre Zhou Enlai et son successeur Chen Yi, vieille connaissance des années d’exil en France. Et surtout, le premier ministre continue après février 1958 à animer la politique extérieure de la Chine. C’est à lui qu’est due, en septembre de la même année, la déclaration qui dénoue la crise provoquée un mois plus tôt par l’attaque des îlots côtiers du détroit de Taiwan. C’est lui qui définit en 1960, dans une longue interview à Edgar Snow, la politique chinoise à l’égard des États-Unis et de Taiwan. Lui qui, lors du XXIIe congrès du P.C.U.S. à Moscou en octobre 1961, fait un esclandre calculé en rentrant à Pékin sans attendre la fin des débats, après l’attaque de Khrouchtchev contre l’Albanie (Zhou reviendra à Moscou en novembre 1964 aussitôt après la chute de Khrouchtchev : à tout hasard, un peu à la manière dont les Soviétiques lanceront douze ans plus tard, au lendemain de la mort de Mao, des ballons d’essai en direction de la Chine). Pendant cette même période, les relations sino-indiennes (fuite du Dalai Lama en Inde en 1959, guerre des confins en septembre-octobre 1962) et la signature d’accords frontaliers avec presque tous les pays limitrophes sauf l’Inde et l’U.R.S.S. occupent une partie appréciable du temps du premier ministre. Flanqué de Chen Yi, celui-ci visite en 1963-1964 onze pays africains et tente vainement de faire réunir un second Bandung sans les Soviétiques. Aussitôt après, il va faire la même suggestion en Asie méridionale (Inde exceptée), puis revient en Algérie et en Égypte en 1965, visite en 1966 une Roumanie qui a commencé à s’affranchir de la tutelle sovietique. Etc.
Pendant la Révolution culturelle, Zhou Enlai redevient par la force des choses ministre des Affaires étrangères de facto à partir du moment (avril 1967) où Chen Yi, en butte aux attaques de Gardes rouges associés à des diplomates et politiciens extrémistes, n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions (voir Yao Dengshan (要登山)). Pendant les quelques mois où il assure l’intérim de son subordonné, Zhou s’emploie à préserver ce qui peut l’être, à contenir la soudaine et grave détérioration des rapports sino-soviétiques, sino-cambodgiens, sino-indonésiens, etc. Après la Révolution culturelle, c’est encore lui l’artisan du retour rapide de la Chine populaire sur la scène diplomatique. C’est plus qu’un simple retour, puisque la Chine s’impose alors de façon spectaculaire : l’admission trop longtemps différée à l’O.N.U. (et donc au Conseil de Sécurité) est presque aussitôt suivie de la visite de Richard Nixon à Pékin (février 1972). Désormais la Chine occupe dans le concert des nations une place proportionnelle à sa masse et à sa population, plutôt qu’à sa puissance économique ou militaire : retour du balancier, le prestige surfait de l’idéologie maoïste succédant à l’injuste ostracisme d’une révolution ? Sans doute. Mais l’habileté et le dynamisme de Zhou Enlai ont conféré au mouvement du pendule amplitude et élégance, une élégance qui l’a fait accepter comme allant de soi...
Même dynamisme et même habileté dans le domaine intérieur : de 1950 à 1975, le premier ministre a été mêlé à toutes les décisions importantes, il a été chargé de résoudre mainte question épineuse, il a rédigé et présenté d’innombrables rapports. En janvier 1956, c’est un discours de Zhou Enlai qui lance la campagne des Cent Fleurs. En septembre de la même année, son rapport devant le VIIIe congrès du Parti vante les réalisations du premier Plan Quinquennal sans celer pour autant difficultés et échecs. Trois ans plus tard, en août 1959, c’est lui qui est chargé de reconnaître publiquement le caractère fantaisiste des chiffres de production avancés lors du Grand Bond et de réduire en conséquence les objectifs de l’année en cours. Comme tous les documents officiels de la période postérieure au Grand Bond, ses rapports de 1962 et 1964 devant l’Assemblée nationale sont plus discrets et même évasifs, mais n’en demeurent pas moins en cette période de vaches maigres (les statistiques économiques sont, elles aussi, rares et insipides) un peu plus factuels et détaillés que les déclarations des autres dirigeants.
Membre perpétuel du B.P. et, à partir du moment où il a été créé, du comité permanent du B.P., Zhou Enlai n’a pu se dispenser de prendre parti dans les principaux débats qui ont divisé et opposé les dirigeants suprêmes. Il semble l’avoir fait avec répugnance et en prenant son temps, ce qui ne l’a pas empêché de nager très vite dans le sens du courant une fois la neutralité devenue intenable ou dangereuse. Pendant longtemps, exception faite de l’intermède des années 1960-1965, le sens du courant a été indiqué sans équivoque par le nageur irrésistible qui traversa (lui aussi dans le sens du courant) le Yangzi à l’âge de soixante-treize ans, en prenant soin de faire filmer sa performance. Une exception cependant : Zhou Enlai s’autorise une rare manifestation d’indépendance en s’opposanr au « premier Bond » déclenché en 1956 à l’initiative de Mao et qui inquiétait à juste titre les collaborateurs de Zhou responsables de la planification économique. Il semble avoir renouvelé des conseils de prudence et de développement équilibré en 1957 et dans la phase initiale du Grand Bond, jusqu’à ce que Mao, dont Zhou avait critiqué à mots couverts « l’aventurisme », se venge en attaquant durement Zhou Enlai lors de la conférence de Nanning (janvier 1958). Zhou s’autocritique et se rallie aussitôt. C’est évidemment la Révolution culturelle qui a constitué le test le plus décisif de son savoir-faire. En toute logique, ses responsabilités administratives autant que ses préférences politiques et idéologiques (précisément son manque d’intérêt pour les controverses idéologiques) eussent dû lui faire choisir le camp des gestionnaires attaqués par Mao. II a opté en sens contraire et soutenu la faction Mao-Lin Biao à partir du moment où il a reconnu qu’elle allait l’emporter.
En se rangeant au côté de ceux qui avaient le vent en poupe, Zhou Enlai cherchait non pas à obtenir des vainqueurs quelque avantage, mais tout simplement à survivre à la crise, à préserver son avenir politique. Il est cependant sorti de la Révolution culturelle plus indispensable, plus prestigieux même qu’il ne l’avait jamais été. Constamment sur la brèche, il a négocié avec toutes les factions, défendu les ministres malmenés et maintenu tant bien que mal l’activité gouvernementale. Il n’a pas réussi à sauver tous ses ministres, il a lui-même été critiqué et attaqué, il a cédé beaucoup de terrain, mais il a survécu et la Chine avec lui. Si le pays n’a pas sombré dans l’anarchie au cours de l’été 1967, c’est bien sûr grâce à l’armée, mais aucun individu plus que Zhou Enlai ne peut se targuer — il ne s’en est jamais vanté — d’avoir été le mainteneur. Il s’est littéralement rué d’une crise à l’autre : en juillet-août 1967, par exemple, il passe sans transition de difficiles et dangereuses négociations à Wuhan au rétablissement du calme dans le ministère des Affaires Étrangères, mis à mal pendant son absence. L’énergie déployée par ce presque septuagénaire (il parlemente avec les Gardes rouges jusqu’à trois et cinq heures du matin) est moins remarquable que son habileté (il commence par dire à ces mêmes Gardes rouges ce qu’ils veulent entendre, puis leur suggère de faire tout le contraire). Ses qualités personnelles ne suffisent pas, c’est entendu : désavoué par Mao, Zhou Enlai ne pouvait rien. Mais Mao se garde bien de le désavouer, car ni lui ni les membres de son clan ne sont en mesure de canaliser le torrent qu’ils ont déchaîné.
L’élimination de la fraction de gauche du courant maoïste (la plus remuante, la plus radicale, la moins docile aux coups de barre brutaux du Grand Timonier) à partir de 1967, puis celle de Lin Biao en 1971 ramènent le gouvernail vers le centre. C’est une victoire pour Zhou Enlai, dont l’autorité et l’influence ne cessent de croître jusqu’en 1973. Mais dès 1972 la maladie (un cancer) le frappe, l’entrevue avec Pompidou en 1973 est celle de deux hommes qui se savent condamnés. Est-ce la mort proche qui le rend plus hardi ou la solidité de sa position, Mao hésitant ou échouant à fabriquer un-nième bouc émissaire en la personne de Zhou Enlai, plus populaire que ne l’avaient jamais été Liu Shaoqi et a fortiori Lin Biao ? Pour la première fois depuis l’avènement du régime communiste, Zhou semble appliquer sa propre politique, de moins en moins conforme aux souhaits de Mao. Lors du Xe congrès du P.C.C. (août 1973), Zhou Enlai présente un rapport dont le ton et le contenu tranchent avec celui du maoïste Wang Hongwen (王洪文). Il fait réhabiliter de nombreux cadres critiqués pendant la Révolution culturelle et leur confie d’importantes responsabilités. De leur côté les « Quatre », parmi lesquels Wang Hongwen est censé représenter le prolétariat, lancent contre Zhou la campagne « Pi Lin Pi Kong » (critiquer Lin Biao et Confucius, ce dernier désignant Zhou à mots à peine couverts). Mao, sans l’accord de qui la campagne n’aurait pas duré si longtemps ni probablement été déclenchée, fait de son côté appel à celui qu’il a disgracié : Deng Xiaoping, qui refait surface en 1973 et apparaît en 1975 comme le successeur désigné du premier ministre, contraint depuis 1974 à séjourner souvent et longtemps à l’hôpital. Zhou y reçoit des dignitaires étrangers, s’y fait apporter les dossiers importants, mais il en sort en janvier 1975 pour présenter devant la 4e Assemblée nationale un rapport qui met au premier plan la tâche de construction : une politique, en somme, que n’eût pas désavouée Liu Shaoqi et que va s’empresser de mettre en œuvre Deng Xiaoping — le vice-premier ministre Deng, selon la formule inaugurée durant cette même session de l’Assemblée, boycottée par Mao. (A nouveau suivie aujourd’hui [1983], cette politique est toujours placée sous le patronage de Zhou, qui fit référence aux Quatre Modernisations dans son discours de janvier 1975). Tout au long de l’année 1975, de nouvelles campagnes s’en prennent encore à Zhou Enlai, manière indirecte d’attaquer le « révisionniste » Deng Xiaoping, que la mort de Zhou le 8 janvier 1976 précipite dans la trappe. Le Parti, laisse Deng Xiaoping conduire le deuil : il fait un vibrant éloge funèbre de Zhou le 15 janvier. Ce même Deng qu’on chasse trois mois plus tard, lorsque le peuple de Pékin prend prétexte de la Fête des Morts pour rendre au premier ministre disparu un hommage sûrement plus apprécié de sa veuve que le silence obstiné de Mao, qui ne lui a même pas adressé de message de condoléances.
La carrière de Zhou Enlai a été plus classique que celle de Mao, disions-nous en commençant. Faute d’être le premier, Mao risquait de n’être rien dans le Parti : un opposant qu’on eût tenu à l’écart. Par nature tout sauf un opposant, Zhou aurait de toutes façons participé au pouvoir. Il aurait pu accomplir son destin comme numéro deux ou trois ou quatre de n’importe quelle direction et c’est bien ce qu’il a fait. La direction de Mao n’a sans doute pas été la plus confortable de celles dont Zhou a dû s’accommoder. II est même difficile d’imaginer personnalités plus dissemblables — et complémentaires —, l’une tournée vers le compromis et le contournement des obstacles, l’autre vers la lutte et la remise en question perpétuelle. C’est, bien sûr, Zhou qui s’est adapté et il a fini par se rendre indispensable à un Mao qui a plus mal vieilli que lui. L’attention de Zhou aux détails (dont Mao se moque), son talent d’administrateur, sa constante disponibilité, sa souplesse et son adresse : quel Prophète a jamais disposé d’un bureaucrate aussi accompli ?
Ce savoir-faire bureaucratique, cette habileté politicienne, ces contours lisses prêts à se mouler dans tous les habits, ces facettes multiples d’un être insaisissable s’accordent a priori assez mal avec la détermination prise très tôt d’épouser à jamais la révolution. Mais si c’était la situation qui fabriquait les révolutionnaires, contraignant à ce choix radical — ou désespéré — les tempéraments conciliants, voire conformistes eux-mêmes (Zhou) et pas seulement les natures rebelles (Mao) ? Zhou Enlai en a assez vu et fait (car Dieu sait s’il a manœuvré, menti et mordu au cours de ce long demi-siècle de militantisme, sans se départir jamais de sa distinction de mandarin) pour avoir fini par opposer un solide scepticisme aux idéaux de sa jeunesse (et donc, par parenthèse, à ceux de la Révolution culturelle). Dissimulé et inexpugnable, ce scepticisme était peut-être la clef de cette personnalité ondoyante et la force de cette frêle carcasse. Il le laissait libre, en tout cas, de se vouer « au soin immédiat de ces seuls intérêts durables qui survivent aux doctrines », comme lui en a fait le mérite un biographe bienveillant (Illiez). Autrement dit au service du pays : le nationalisme est sans doute ce qui a survécu chez Zhou au naufrage des illusions, l’ancrage de cette girouette et sa vraie fidélité au sentiment qui fut à l’origine de sa vocation révolutionnaire.

ŒUVRE : Rien dans l’abondante production de Zhou Enlai ne justifie qu’on prête plus d’attention à lui en tant qu’auteur qu’il n’en accordait lui-même aux idées. Depuis sa collaboration aux feuilles révolutionnaires des « étudiants-ouvriers » chinois envoyés en France (Chiguang, cité plus haut, mais aussi Shaonian, « La Jeunesse ») jusqu’à l’ultime appel exhortant un bon demi-siècle plus tard les membres de la 4e Assemblée nationale et, à travers eux, ses compatriotes à accomplir les Quatre Modernisations, le militant, puis dirigeant a signé de son nom ou de divers pseudonymes (Wu Hao, Shao Shan, etc.) un nombre impressionnant d’articles, de discours de circonstance et de rapports officiels, ainsi que quelques opuscules. BH (IV, 163-4) fournit une liste très incomplète, mais déjà copieuse d’écrits antérieurs à la Révolution culturelle. Après la chute de la Bande des Quatre, le culte posthume de Zhou Enlai destiné à faire pièce à celui de Mao a relancé la publication d’anthologies, voire de poèmes du vénéré « Premier Ministre » : voir Zhou Enlai Zongli bashi danchen jinian shi wen xuan (Collection de poèmes et d’écrits publiés à l’occasion du 80e anniversaire de la naissance du Premier Ministre Zhou Enlai), Pékin : Renmin chubanshe, 1978. — Zhou Enlai, Guanyu wenyi gongzuode sanci jianghua (Trois discours sur le travail littéraire et artistique), Pékin : Renmin chubanshe, 1979. — Zhou Enlai tongzhi lü Ou wenji (Œuvres du Camarade Zhou Enlai écrites en Europe), Pékin : Wenwu Chubanshe, 1979. — Zhou Enlai xuanji (Œuvres choisies de Zhou Enlai), vol. 1 : Pékin : Renmin chubanshe, 1980. — Voir également Zhou Enlai zhuanji (Recueil spécial sur Zhou Enlai), 2 vol., Hong Kong : Zilian Chubanshe et CQ, no. 96, déc. 1983 (review article de Steven Goldstein) pour l’édition anglaise du vol. 1 des Œuvres choisies, Pékin, 1981.

SOURCES : La liste qu’en donne BH (IV, 164-6) est encore plus copieuse et, inévitablement, encore plus incomplète que celle des œuvres. A la limite, il faudrait citer le quart ou le tiers des ouvrages consacrés à la révolution chinoise ou à la Chine populaire : aucun autre dirigeant, y compris Mao, n’a été mêlé à autant d’épisodes importants de l’histoire officielle du P.C.C. et surtout n’a été aussi constamment en vue. Éminemment subjective, la liste qui suit rassemble des ouvrages ou études qui analysent le rôle joué par Zhou Enlai dans tel ou tel de ces épisodes, éclairent tel ou tel aspect de sa personnalité, ainsi que quelques-unes des rares biographies qui lui ont été consacrées (ces dernières sont surtout des hagiographies, à l’exception des ouvrages de Li T’ien-min (Li Tianmin), qui ressortissent plutôt à la démonologie) : outre BH, KC et l’interview de Peng Shuzhi, voir Bai Shui (1938). — Bianco (1968). — Brandt (1965) et in Le Mouvement social no. 44 (juillet-septembre 1963). — Cadart/Cheng (1983). — Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao) I (1971) et II (1972). — Chou En-lai (Zhou Enlai) (1931, 1938 a et b, 1959) et « Une grande décade », in Dix grandes années. — Chün-tu Hsüeh (1960 et 1962). — Elegant (1952). — Gelder (1946). — Guillermaz (1968 et 1972). — Harrison (1972). — Hsiao Tso-liang (1961). — Hu Chi-hsi (1982). — Illiez (1973). — Leys (1974). — Kai-yu Hsu (1968 et in Chün-tu Hsüeh (1971)). — Li T’ien-min (1970) et Li Tianmin (1976). — MacCook Roots (1978). — MacFarquhar (1955, 1974 et 1983). — Qinghua Daxue Zhonggong dangshi jiaoyanzu, vol. 1 et 2 (1980), 3 (1981). — Renmin de hao Zongli, vol. 1 (1977), 2 (1978) et 3 (1979). — Robinson (1971) et in CQ, no. 79, septembre 1979. — Schwartz (1951). — Snow (1938, 1957 et 1962). — Van Slyke (1967 et 1968). — Wales (n.d.). — Wang Fan-hsi (1980). — Wei Hongyun (1957). — Whi¬ting (1960). — Wilbur in CQ no. 18 (avril-juin 1964). — Wu Tien-wei (1976). — Xin Zhongguo tushu gongsi (1977).— Zhou Enlai jinianji (1977). — Parmi les ouvrages postérieurs à la première rédaction de cette notice, retenons au minimum : Barnouin, Barbara et Changgen Yu ( 2006) ; Gao, Wenqian (2003, 2007 et 2010) ; Lee, Chae-jin (1994) ; Tsang, Steve (1994) ; Wilson, Dick (1984).

Lucien Bianco

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