Né le 10 février 1887 à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), mort le 3 décembre 1951 à La Teste (Gironde) ; cheminot du réseau PLM, révoqué à la suite des grèves de 1920, devenu menuisier ; militant socialiste puis communiste ; conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne), d’Orly (Seine, Val-de-Marne), puis de Saint-Léonard-de-Noblat.

Fils de Jean Campanaud (1867-1942), cultivateur, et de Marie Agathe Bureau (1868-1935), jardinière, tous deux nés et morts à Saint-Léonard-de-Noblat, ouvrier menuisier à l’atelier de wagons de Villeneuve-Saint-Georges, Jean-Baptiste Campanaud entra à la Compagnie PLM en 1913. Il assurait la fonction de trésorier adjoint de la section locale de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) en 1920. Militant syndicaliste, il était, en 1920, secrétaire d’un secteur de propagande de Paris-PLM et qualifié alors de « dangereux propagandiste » par le commissaire spécial au même titre que Mathieu, secrétaire de l’Union des syndicats de Juvisy (Seine-et-Oise, Essone) et Villeneuve-Saint-Georges.
Le 27 mai 1917, il avait assisté au congrès syndical de Seine-et-Oise, fut délégué au comité d’action départemental et avait été élu à la CA de l’Union. L’année suivante, le 14 avril, il représenta le PLM de Villeneuve-Saint-Georges à la réunion syndicale de Juvisy et fut réélu le 23 juin à la CA par le XVIIIe congrès de Seine-et-Oise. Il représentait alors une cinquantaine de syndicats groupant 20 000 membres dont 5 000 cheminots. Il participa également au XIIIe congrès de la CGT tenu à Versailles en juillet 1918 et au XIVe tenu à Lyon en septembre 1919.
Jean-Baptiste Campanaud demanda un congé pour assister, les 14 et 15 février 1920 à Dijon, à une réunion de la commission administrative de l’Union syndicale PLM. L’autorisation lui fut refusée et Jean-Baptiste Campanaud passa outre. Il fut alors sanctionné le 19 d’une mise à pied de 48 heures et cet incident fut à l’origine d’un mouvement gréviste d’une grande ampleur compte tenu des problèmes importants alors en discussion : statut et échelle des traitements. Le 19 février, 1 600 cheminots de Villeneuve arrêtèrent le travail. Entre le 20 et le 25 février, la grève s’étendit et gagna tout le réseau PLM pour devenir finalement une grève générale des chemins de fer. Le mouvement dirigé à Villeneuve-Saint-Georges par Jean-Baptiste Campanaud et Mathieu prit fin le 3 mars. Mais il recommença le 1er mai et se termina le 28 mai sur un échec suivi de 18 000 révocations.
Élu conseiller municipal socialiste de Villeneuve-Saint-Georges en novembre 1919 sur la liste dirigée par Henri Leduc, Jean-Baptiste Campanaud rejoignit le Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Les sept conseillers municipaux communistes (Saint-Paul, Seguin, Boudaud, François Faïsse, Martin et Rousseau) démissionnèrent. Ils furent battus par les candidats du Parti socialiste SFIO aux élections municipales partielles.
Devenu menuisier, Jean-Baptiste Campanaud fut élu conseiller municipal communiste d’Orly le 12 mai 1935, sur la liste dirigée par Fernand Dusserre. Au recensement de 1936, il vivait avec son épouse Marie, infirmière, et déclara comme profession « menuisier au PLM ». Il avait donc été depuis peu réintégré aux chemins de fer, mais, en 1939, conservait un atelier de menuiserie à Créteil (Seine, Val-de-Marne). Il ne figurait pas sur la liste des conseillers communistes d’Orly déchus le 16 mars 1940. Jean-Baptiste Campanaud avait écrit le 29 septembre 1939 au secrétariat du Parti communiste : « De graves divergences m’avaient déjà en 1936 obligé de rompre avec mes collègues du Parti membres du conseil municipal d’Orly », et il donnait sa démission du PCF « pour administrer la commune sans que la politique intervienne ».
Retiré à Saint-Léonard-de-Noblat, Jean-Baptiste Campanaud fut cependant perquisitionné sept fois. Le gouvernement de Vichy le fit interner, momentanément, au camp de Saint-Paul comme indésirable le 18 juin 1941 en raison du voyage de Pétain en Limousin. Il ne reprit contact avec la Parti communiste qu’en juin 1944 et il participa au FN à Saint-Léonard. Nommé président de la délégation municipale le 22 septembre 1944, il le demeura jusqu’au 13 mai 1945. Il fut ensuite conseiller municipal jusqu’au 26 octobre 1947.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13620, années 1917-1920, Seine-et-Oise. — Arch. Dép. Seine-et-Oise, 16 M 46. — Arch. Paris, DM3 ; Versement 10451/76/1 ; Versement 10441/64/2 n° 25. — Arch. Comité national du PCF. — A. Kriegel, Aux origines du communisme français 1914-1920, t. 1, Mouton, 1964. — Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, Itinéraires orlysiens. Les militant de l’entre-deux-guerres, Paris, Éditions de l’Atelier, 1994. — Renseignements fournis par le maire de Saint-Léonard-de-Noblat, 18 décembre 1981.

Jean Maitron, Claude Pennetier

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