PROUDHON André écrit aussi PRUDHON André

Par Annie Pennetier

Né le 30 décembre 1914 à Sanvignes-les-Mines (Saône-et-Loire), exécuté sommaire par les Allemands le 10 juillet 1944 à Épinac (Saône-et-Loire) ; résistant FFI de la Saône-et-Loire et de la Nièvre, maquis Serge.

André Proudhon, cliché donné par Antoine Pacaud le 6-10-2016.
André Proudhon, cliché donné par Antoine Pacaud le 6-10-2016.

Domicilié à Sanvignes-les-Mines, André Proudhon, pupille de la Nation et orphelin de mère,vivait chez sa grand-mère Jeanne Veillard dans le quartier des Georgets. Il travaillait au service du matériel de la Société des mines de Blanzy et militait au Parti socialiste. Il s’était lié d’amitié avec une jeune juive, Erna Westreich, dont la famille originaire de Metz (Moselle) s’était repliée lors de l’invasion allemande à Montceau-les-Mines, commune voisine de Sanvignes, en zone occupée. Le 14 juillet 1942, Erna et sa mère furent arrêtées et déportées, le 9 octobre son père subit le même sort, ils périrent tous à Auschwitz. André Proudhon prit alors sous sa protection les deux soeurs d’ Erna, Mina de nationalité française (16 ans) et Netty (13 ans), leur fit passer la ligne de démarcation pour les emmener chez ses oncle et tante, les Trombone, résistants domiciliés à Billiat (Ain). Monsieur Trombone travaillait à la construction du barrage de Génissiat sur le Rhône, il fit embaucher son neveu sur ce chantier. Ayant rejoint le maquis de l’Ain, il entraîna Netty qui sous le nom de Georgette Proudhon effectua plusieurs missions de liaison. Devant les risques de dénonciation et d’arrestation, André Proudhon avec son camarade de Montceau-les-Mines Gérard Drouin, résistant évadé de la prison d’Autun, se réfugièrent en juillet 1943, dans la commune de Planchez (Nièvre) dans le Morvan dans la belle-famille de Gérard, famille Boulle de la commune de Château. La famille Brossier à La Folie les hébergea, elle cacha Netty et Mina Weistreich qu’il présentait comme ses soeurs. Depuis mai 1943, des réfractaires au STO se cachaient dans les bois, Gérard Drouin dit Serge et Proudhon organisèrent un campement et beaucoup travaillèrent comme bûcherons le jour et en opération la nuit, notamment des coups de main pour récupérer des armes et des cartes d’identité dans les mairies. Le maquis Serge prit de l’ampleur et multiplia les actions de sabotage dans la région d’Autun. Le 9 juillet 1944, André Proudhon partit effectuer des sabotages sur locomotives dans le secteur d’Épinac, commune limitrophe à la Côte-d’Or. Le maquisard Robert Bouchoux témoigna : "excellent saboteur, aimant travailler seul,il était descendu dans un hôtel d’Épinac où il était connu. Dans la nuit, des sabotages eurent lieu. Au matin, André Prudhon descend de sa chambre, en pyjama, pour téléphoner. Il tombe sur un groupe d’Allemands qui lui demande ses papiers.Ceux-ci sont restés dans sa chambre. Il propose d’aller les chercher. Refus des Allemands qui le conduisent à la gare. À la gare, il réussit à s’échapper, se précipite sur le portillon. Hélas ! Celui-ci s’ouvre dans l’autre sens , il perd du temps, les Allemands tirent. Grièvement blessé, il sera achevé dans le champ à côté et laissé toute la journée, les Allemands s’opposant à ce qu’il soit enlevé.Ce n’est que la nuit que des habitants d’Épinac l’enterreront dans ce champ."
Le témoignage reproduit sur le site internet d’Épinac donne une autre version :" Après le sabotage opéré près de la gare d’Épinac, Martial (lieutenant du maquis d’Épinac) et André Proudhon partirent à vélo pour Montceau-les-Mines afin de retrouver Jean Roche. Mais au carrefour de la Drée, un banal incident sur la bicyclette de Martial les contraignit à interrompre leur voyage. Pendant que la réparation s’effectue, André Proudhon entre au café où une patrouille allemande effectue des contrôles. Les Allemands l’interrogent, le fouillent et découvrent hélas plusieurs cartes de ravitaillement en sa possession. Il n’en faut pas plus pour éveiller leurs soupçons. Les Allemands le font prendre place dans leur voiture, destination la gare d’Épinac où ils vont constater les dégâts dus au récent sabotage. Pendant que les Allemands interrogent le personnel de la gare, André Proudhon tente de s’échapper. La poursuite s’engage, bientôt une rafale de mitraillette met un terme à sa fuite." Les paroissiens réunis à la messe du dimanche matin entendirent les déflagrations, le prêtre poursuivit l’office.
Réinhumé dans sa commune natale de Sanvignes-les-Mines, une place porte son nom.Un monument lui rend hommage sur le lieu où il fut abattu, rue du 8 mai à Épinac ainsi que sur le monument commémoratif du Maquis Serge à Planchez où dix-sept noms sont gravés.
Il a été reconnu "Mort pour la France" et homologué lieutenant FFI. André Proudhon a été décoré de la Croix de guerre 1939-1945, fait Chevalier de la Légion d’honneur et reconnu "Juste parmi les nations", le 15 janvier 2004 . Netty a été recueillie et adoptée par la soeur de Monsieur Trombone, Madame Veillaud .Netty Marx Veillaud et Mina Birge survécurent à la guerre, elles témoignèrent en 2008.Mireille Trombone-Tsacalo, fille de Monsieur Trombone reçut la Médaille des Justes, ses parents étant décédés.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article185869, notice PROUDHON André écrit aussi PRUDHON André par Annie Pennetier, version mise en ligne le 7 octobre 2016, dernière modification le 28 février 2017.

Par Annie Pennetier

André Proudhon, cliché donné par Antoine Pacaud le 6-10-2016.
André Proudhon, cliché donné par Antoine Pacaud le 6-10-2016.

SOURCES : Marcel Vigreux, Le Morvan pendant la Seconde Guerre Mondiale, ARORM, édition revue et augmentée, 2009 , André Prudhon p.178 à 182 . — André Jeannet Mémorial de la Résistance en Saône-et-Loire Biographies de résistants, JPM Éditions . — Comité français pour Yas Vashem, dossier n°10189.— Site Épinac tourisme et patrimoine.— Wikipédia : André Proudhon.

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