GODFRAIN Jacques, Paul, Marie

Par Daniel Grason

Né le 15 septembre 1921 à Paris (XVIe arr.), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin arrondissement d’Orléans (Loiret) ; étudiant en médecine ; membre des réseaux Navarre et Thermopyles, résistant des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.).

Fils de René Eugène Godfrain et de Yvonne Julie Cousin, Jacques Godfrain, célibataire, vivait dans le XVIe arrondissement de Paris. Étudiant en médecine, il suivait des cours à la faculté de médecine Descartes dans le VIe arrondissement, et était confronté à la réalité à l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu (IVe arr.).
Il fit partie des réseaux de renseignements Navarre et Thermopyles, adhéra aux Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste. Des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de La Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La Lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». Jacques Godfrain rejoignit la ferme du By dans le Loiret. D’autres étudiants de Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine)… firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarié de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélites-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, seize jeunes dont Jacques Godfrain furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le 7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, il a été fusillé.
Jacques Godfrain a été inhumé dans le caveau familial du cimetière de Trie-Château près de Beauvais (Oise). Il a été homologué au titre des F.F.C., les réseaux Navarre et Thermopyles furent homologués du 1er septembre 1943 au 30 septembre 1944 pour le premier et du 1er octobre 1940 au 30 septembre 1944 pour le second. Le nom de Jacques Godfrain a été gravé sur plusieurs plaques commémoratives à la Faculté de médecine, à l’Hôtel-Dieu et en l’église Notre-Dame d’Auteuil (XVIe arr.). Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin.

Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article187242, notice GODFRAIN Jacques, Paul, Marie par Daniel Grason, version mise en ligne le 13 décembre 2016, dernière modification le 14 juillet 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Bureau Résistance GR 16 P 260900. – Claude Dewaele, « La vie de Camille Georget », 2004. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. – Dictionnaire historique de la Résistance (Sous la dir.) de F. Marcot avec la collaboration de B. Leroux et C. Levisse-Touzé, Éd. R. Laffont, 2006. – Site internet GenWeb. — État civil.

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