MAUJEAN Odette, Andréa, née Dromain

Par Frédéric Stévenot

Née le 14 avril 1914, exécutée sommairement le 30 août 1944 à Tavaux-et-Pontséricourt (Aisne) ; résistante.

Épouse de Pierre Maujean, chef du secteur FFI B3, Odette Maujean, 30 ans, fut l’une des victimes des événements survenus à Tavaux, les 30 et 31 août 1944. Le rapport de l’ancien médecin-chef Samain indique qu’elle fut retrouvée avec une « balle dans le maxillaire inférieur ; [une] balle dans la cuisse droite, carbonisation de la presque totalité de la surface du corps. Cette femme a été assassinée, arrosée d’essence et brûlée sous les yeux de ses cinq enfants ».

Cette version est reprise par Pierre Maujean, dans le rapport qu’il établit le 14 septembre, et elle semble s’être imposée à partir de ce moment. Elle est cependant contredite par son fils aîné, Christian, âgé de neuf ans au moment des faits : « Nous étions dans la cave avec notre maire est Madame Vié. Ma mère et Madame Vié sont montées dans la cuisine pour préparer le biberon de ma sœur âgée de huit mois. C’est là que ma mère a reçu une balle dans la cuisse alors que Madame Vié s’enfuyait dehors et était abattue. Ma mère m’a appelé pour lui donner une serviette afin de se faire un garrot. Ayant dans les bras le bébé qui dormait, j’ai envoyé mon frère Alain. Elle a dit : « Ce n’est rien ». Et entendant les Allemands qui montaient les escaliers de la maison, l’a renvoyé dans la cave. Elle a alors été atteinte d’une deuxième balle dans le maxillaire et a sans doute perdu connaissance. Nous ne devons plus entendue. Il a été arrosée d’essence et brûlée. […]
Nous ne sommes pas passés par le soupirail mais remontés dans la cuisine où était étendue notre mère que tentait de nous cacher monsieur Clémensart, et nous sommes sortis par la fenêtre de la chambre des parents ».
Odette Maujean fut massacrée en même temps que Simone Vié, femme de l’un des chefs de groupe des résistants de Tavaux, qui se trouvait alors dans la maison.

Le nom d’Odette Maujean figure sur le monument commémoratif des fusillés et déportés du 30 août 1944 à Tavaux, et sur le mémorial de Berthaucourt, à Charleville-Mézières (Ardennes).
« Exécutée par les Allemands », elle fut reconnue « morte pour la France« (AC 21 P 92915) à titre militaire, et homologuée FFI (GR 16 P 192794).

Il est possible qu’un lien de parenté existe entre Odette Dromain et Julia Dromain, née dans la commune voisine d’Agnicourt, morte en déportation à Ravensbrück.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article188119, notice MAUJEAN Odette, Andréa, née Dromain par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 28 décembre 2016, dernière modification le 30 août 2019.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. SHD, dossiers adm. des résistants. Musée de la Résistance et de la déportation de Tergnier. A. Nice, Tavaux. 30-31 août 1944, 2002. — Site Internet : Généalogie Aisne ; Ardenne tiens ferme ; Mémoire des hommes.

ICONOGRAPHIE. Généalogie Aisne

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