CATTANÉO Jean-Baptiste, François

Par Claude Pennetier

Né le 16 novembre 1898 à Vincennes (Seine, Val-de-Marne), mort le 12 mars 1951 à Paris (IVe arr.) ; comptable ; syndicaliste CGTU.

Fils d’un immigré italien originaire de Lugano, qui fut ouvrier sellier et chauffeur de fiacre, et d’une ouvrière en poupées, Jean-Baptiste Cattanéo avait des sœurs et un frère qui furent ouvriers. Il fit des études primaires, obtint le certificat d’études primaires, puis suivit des cours du soir de comptable. Il travailla au Crédit lyonnais avant 1914. Mobilisé pendant le Première Guerre mondiale, il travailla à la Banque industrielle de Chine puis, comme responsable de la comptabilité et chef de rayon parfumerie, à la Pharmacie de Rome, à Paris, où il fit la connaissance de Bernadette Le Loaer, qui deviendra très connue dans le mouvement communiste sous le nom de Bernadette Cattanéo. Mariés en octobre 1922 à Paris (XIIe arr.), ils eurent deux enfants : une fille née le 5 décembre 1921 et un garçon, Jean-Bernard, né le 18 novembre 1922. Le couple adhéra au Parti communiste fin 1923. Licencié fin 1924 à la suite d’une grève, Jean-Baptiste Cattanéo resta deux mois et demi au chômage, travailla pendant un mois en usine, puis devint comptable au siège de la CGTU et de fait le trésorier-administrateur. Il assurait la fonction de trésorier général en 1929. Domicilié à Clamart (Seine, Hauts-de-Seine) de 1923 à 1933, il militait au Parti communiste. Après la réunification, il fut comptable de la Fédération des Métaux.

« Homme de confiance » du parti, il travailla au passage de fonds en Espagne comme à la déclaration légale des voitures du parti. Son fils dit qu’une voiture employée par Thorez était déclarée à son nom. Au moment du Pacte germano soviétique, il partagea le refus de sa femme de l’alignement du parti sur les positions soviétiques, mais, mobilisé, ne se manifesta pas publiquement. Libéré, il choisit de partir avec sa famille en province pour échapper aux Allemands comme « aux pressions du Parti communiste » (témoignage de son fils). Fermier à Moissac (Tarn-et-Garonne), il éleva pendant un an des poules et quelques vaches pendant que ses deux enfants suivaient leur scolarité. Il fut arrêté à Montpellier en 1942 puis relâché. Il revint à Paris où il travailla comme comptable au Secours national. Il poursuivit cette activité dans le cadre de l’Entraide française jusqu’en 1947 ; tuberculeux, il dut cesser toute activité et mourut cinq ans plus tard à l’Hôtel Dieu de Paris.

Politiquement, il se tint, comme Bernadette, à l’écart de tout tout en gardant des relation amicales avec les ancien communistes dissidents comme Albert Vassart.

Son fils devint ingénieur et sa fille médecin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18997, notice CATTANÉO Jean-Baptiste, François par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 22 octobre 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. J. Maitron. — RGASPI, 517 270 1833, dossier de Bernadette Cattanéo. — Témoignage de son fils, 3 janvier 2005. — Entretien avec son fils, Marseille, octobre 2009. — État civil.

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