CAZALBOU Jean, Arthur, Théodore

Par Jacques Girault

Né le 16 octobre 1913 à Brive (Corrèze), mort le 9 juin 2003 à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) ; professeur et journaliste communiste ; écrivain.

Fils d’un officier tué lors de la Première Guerre mondiale, Jean Cazalbou reçut les premiers sacrements catholiques. Pupille de la Nation, il fit ses études secondaires au lycée de Toulouse (Haute-Garonne). Titulaire d’une licence de lettres et d’un diplôme d’études supérieures, admissible à l’agrégation de grammaire, après avoir enseigné aux lycées Fermat de Toulouse (1934) puis de Foix (Ariège, 1936), il fut installé comme professeur de collège délégué ministériel au lycée de Toulon (Var) en octobre 1938. Il s’était marié en décembre 1935 à Toulouse avec l’enseignante Odette née Fontan (voir Odette Cazalbou*). Ils eurent une fille.
Mobilisé en septembre 1939, réformé, Jean Cazalbou reprit son poste en décembre 1939 après sa démobilisation. Nommé professeur titulaire de lettres au lycée en octobre 1942, il fut muté en septembre 1943 comme professeur au lycée du Parc à Lyon, annexe de Saint-Rambert, mais ne rejoignit pas cette affectation. Il participa à l’organisation des secours lors du bombardement de Toulon le 24 novembre 1943.
Cazalbou, de tendance socialiste, participa à la Résistance dans le mouvement Franc-Tireur. Il devint responsable du mouvement dans le Var, adjoint d’Amigas dans les Mouvements unifiés de la Résistance. Il prit la responsabilité du noyautage des administrations publiques en juillet 1944. Dans le même temps, il entretenait des relations avec les enseignants de Marseille (voir Alfred Bizot*) du Front national de l’enseignement au sein du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, et avec la résistance intellectuelle autour de Georges Sadoul* et de L’Université libre.
En septembre 1944, Cazalbou fut nommé censeur du lycée de Toulon, après avis favorable du Comité départemental de Libération dont il était membre, en remplacement du titulaire suspendu. Il fut détaché auprès du CDL en janvier 1945 par l’inspecteur d’Académie Henri Michel. Il obtint un congé d’inactivité pour devenir rédacteur en chef du journal quotidien Liberté du Var (où il signait ses éditoriaux sous le pseudonyme Sylvain), qui devait devenir Le Petit varois, issu de la Résistance et d’obédience communiste. Responsable du Mouvement de libération nationale, partisan de l’unification des mouvements issus de la Résistance, il adhéra au Parti communiste en avril 1945.
Membre de la délégation municipale de Toulon installée le 7 septembre 1944, Cazalbou, candidat aux élections municipales du 29 avril 1945, arriva en première position avec 19 747 voix sur 60 365 inscrits. Sur le bulletin de la liste « d’Union patriotique républicaine antifasciste », conduite par le député communiste élu en 1936 Bartolini, il était indiqué « indépendant sympathisant communiste ». Maintenu sur la liste unique comprenant des communistes, des socialistes, des militants du MLN et des radicaux, il fut élu au deuxième tour le 13 mai, avec 31 827 voix sur 36 686 votants, en vingtième position. Il devint septième adjoint au maire. Au renouvellement, le 19 octobre 1947, sur la liste d’« Union républicaine et résistante » présentée par le Parti communiste, il fut réélu conseiller municipal avec 17 951 voix, avec treize colistiers. Mais la mairie passa au Rassemblement du peuple français. Le conseil municipal ayant été dissous, à nouveau candidat sur la liste d’« Union républicaine et résistante », il recueillit 18 881 voix (première position sur la liste) sur 73 245 inscrits. Il dut abandonner son siège peu après. Dans le même temps, il présidait l’Union nationale des intellectuels.
Cazalbou cessa ses fonctions de rédacteur en chef du Petit varois en 1949 pour exercer cette responsabilité aux Allobroges, quotidien communiste de l’Isère. Divorcé en 1949, il se remaria en septembre 1950 à Fos (Haute-Garonne) avec Marcelle Venturini*, dirigeante communiste de l’Union des femmes françaises dans le Var puis en Isère, mère adoptive d’une fille à laquelle il donna son nom.
À partir de 1952, Cazalbou habitait Le Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne) et travaillait à la rédaction de Ce Soir. Il fut aussi secrétaire général national de l’association France-URSS. Son épouse, collaboratrice de la direction nationale de l’UFF, était devenue journaliste à son périodique Heures claires. Ils divorcèrent en 1962. Selon un rapport de la section centrale d’éducation et des écoles du PCF, jusqu’en 1954, il avait travaillé dans la section idéologique.
Cazalbou reprit un poste de professeur en 1954 au lycée de Chartres (Eure-et-Loir), puis aux lycées Chaptal et Voltaire à Paris. Il s’occupa pendant quelques années du centre culturel de l’association qui diffusait des informations soviétiques en France et françaises en URSS. Il obtint en 1966 sa mutation pour le lycée Fermat à Toulouse où il enseigna jusqu’à sa retraite en 1979. Il écrivit de nombreux romans et fut l’auteur de plusieurs émissions à la radio (France-Culture) et à la télévision (FR3).
Cazalbou se remaria en août 1963 au Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis) avec Simonne Sagnac, secrétaire de direction puis secrétaire générale du comité de la Seine de France-URSS (1956-1966). Ils eurent un fils. Membre des Jeunesses communistes, elle avait adhéré au PCF en 1943.
À Toulouse, Simonne Cazalbou, de 1966 à 1983, travaillait comme secrétaire de direction de la SAFER-GHL tout en étant la secrétaire CGT du comité d’entreprise. Ils se retirèrent à Fos en 1986.
Lors de ses obsèques, un hommage fut rendu à Jean Cazalbou par Louis Baillot, président de l’Amicale des vétérans communistes.
Une salle consacrée aux activités culturelles de l’école primaire de Fos portait son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19090, notice CAZALBOU Jean, Arthur, Théodore par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Du moujik au spoutnik. Essai sur l’évolution de l’URSS, Éd. sociales, 1964. — Un certain Ivanov, Éd. sociales, 1966. — Si l’Arménie m’était contée, EFR, 1968. — La Porte du Castéras, Éditeurs français réunis, 1969. — Introduction à Molière, Les Femmes savantes, Éd. sociales, « Les classiques du peuple », 1971. — Anne et les ombres, EFR, 1972. — Le Voyage ou comment te dire, EFR, 1974. — Le Pêcheur de sable : contes et récits du pays de Garonne, Privat, 1977. — La Cendre est encore chaude, EFR, 1978, Fabrice et Berger, Flammarion, « Castor-poche », 1981. — Les Sages de Noukim et les deux étés, Messidor, La Farandole, 1982. — Fos, mémoire d’un village pyrénéen, Privat, 1982. — Réflexion sous un préau, Privat, 1985. — Fabrice et les passeurs d’ombre, Flammarion, « Castor-poche », 1986. — Louisèto du « Temps des cerises », Messidor, 1987. — Avec Marie Fète, L’Énigme de la main verte, Milan, 1987. — La Tête de Salomé sur la Tragédie commingeoise, Portet-sur-Garonne, Loubatières, 1990. — Légendaire du pays de Pyrène, Aspet, 1992. — L’Œillet du poète, Toulouse, Signes du monde, 1995.
Émissions de radio et de télévision (FR3) : Anahid (France-Culture, 1972-1973). — La Vénus de Lespugue (1978). — Louisèto du « Temps des cerises » (1987). — Chroniques (FR3, France-Musique, France-Culture).

SOURCES : Arch. Dép. Var, 1452 W 150. — Arch. com. Toulon. — Presse nationale et locale. — Renseignements fournis par les deux dernières épouses de l’intéressé, par Louis Baillot et par Jean-Marie Guillon. — Sources orales.

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