DAVID Henri

Par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

Né le 5 mai 1900 à La Chapelaude (Allier), exécuté sommairement le 13 juillet 1944 à Orcines (Puy-de-Dôme) ; cultivateur en Creuse puis mécanicien à Montluçon ; résistant des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) - MUR.

Henri David était le fils de Ferdinand, Clément David et de Françoise Noblet. Lors du recrutement militaire en mars 1920, il était domicilié à Saint-Maixant (Creuse) dans le canton d’Aubusson, où il était cultivateur avec ses parents. Il fut incorporé le 15 mars 1920 au 121e régiment d’infanterie de Montluçon (Allier) et libéré le 4 mars 1922. Il se maria le 9 juin 1923 à Saint-Médard-la-Rochette (Creuse) avec Georgette Renée Manrot, employée de magasin, domiciliée à Saint-Médard. Ils eurent trois garçons, tous les trois nés à Fourneaux, commune de Saint-Médard : Robert né en avril 1926, Jean Jacques né en mars 1930 et Pierre né en août 1932. Mécanicien à Felletin (Creuse) lors de son mariage, il fut ensuite cultivateur à Fourneaux. Dans la seconde moitié des années 30 il devint mécanicien – ajusteur, employé en 1939 à l’usine Dunlop de Montluçon, domicilié à Saint-Victor, cité Nord. Il fut rappelé à l’activité le 3 septembre 1939 et affecté aux Forges et aciéries de la marine à Saint-Chamond (Loire). Il y était sergent-chef mécanicien. Il fut démobilisé à Montluçon le 21 juillet 1940.
En mars-avril 1944, des responsables des MUR envisagèrent de replier et regrouper leurs forces dans des « réduits » plus faciles à défendre. A la mi-avril, Emile Coulandon (colonel Gaspard) commandant régional de l’AS et chef des FFI d’Auvergne rencontra à Montluçon un agent du réseau Buckmaster (SOE), le major Maurice Southgate pour lui proposer d’organiser un réduit au Mont Mouchet. Le principe d’une forte concentration de maquisards accompagnée de parachutages massifs d’armes fut alors retenu et accepté par Londres. Le 20 mai, un ordre de mobilisation générale et de regroupement au Mont Mouchet fut donné. Henri David, à l’exemple de nombreux montluçonnais s’engagea dans les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) le 25 mai 1944, rejoignant le camp de Saint-Genès-Champespe (Puy-de-Dôme) puis à l’évacuation de ce dernier entra au maquis du Bourguet (Cantal). Dès le début du mois de juin la brigade mobile de répression du général Kurt von Jesser avait été chargée de réprimer et d’anéantir les maquis de la région. Chassés du secteur du Mont-Mouchet, les maquisards se replièrent dans le Cantal, dans un premier temps, dans le « réduit de la Truyère » puis dans le secteur du Plomb du Cantal : « pendant une dizaine de jours (du 21 juin au 1er juillet), les plateaux de la Haute Planèze, les vallées du Siniq, du Goul, du Brezons, de l’Epie, du Lagnon, cachèrent un effectif élevé, en fait le gros de l’armée auvergnate... 1000 à 1500 combattants... Le 7 juillet, il restait moins de 4 à 500 hommes dans la région Prat-de-Bouc, Paulhac, Cézens, Brezons, Le Bourguet, Malbo, Pailherols." (Eugène Martres op. cit.). Le 8 juillet 1944 trois colonnes allemandes représentant 1800 hommes attaquèrent dans la vallée de Brezons. Henri David fut capturé les armes à la main et conduit à la prison militaire allemande (ancienne caserne du 92ème RI) à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il fut extrait de sa cellule le 13 juillet sur l’initiative du chef-milicien Jean-Paul Filliol (un des fondateurs de la Cagoule) auparavant chef du deuxième bureau (renseignement) de la Milice de Limoges. Il fut conduit avec 23 autres prisonniers à la carrière abandonnée de Triouleyre, près du hameau de La Baraque, à Orcines où ils furent fusillés à la mitraillette aux environs de 12h00. Déclaré inconnu il fut inhumé au cimetière d’Orcines. Il fut identifié par jugement du tribunal civil de première instance de Clermont-Ferrand le 23 janvier 1945. Il fut inhumé au cimetière communal de Fourneaux, commune de Saint-Médard (Creuse), le 27 décembre 1944.

Il obtint la mention "Mort pour la France" le 17 août 1945 et le titre d’"Interné résistant" le 30 juillet 1962. Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Médard-la-Rochette (Creuse) et sur le monument commémoratif aux résistants, à Orcines (Puy-de-Dôme).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article191248, notice DAVID Henri par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault, version mise en ligne le 6 avril 2017, dernière modification le 30 novembre 2019.

Par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Allier (État civil, registre matricule) — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 ; les troupes allemandes à travers le Massif central, Éditions De Borée, 1993. — Marcel Coste, Orcines et la guerre 1939 - 1945. — Mémoire des Hommes — Mémorial Genweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément