Né le 25 mai 1940 à Saint-Valentin (Indre), mort le 5 avril 2017 à Déols (Indre) ; professeur ; libertaire ; militant de l’Union pacifiste ; membre de l’École émancipée ; journaliste et polémiste, écrivain prolixe, poète et parolier ; acteur majeur de la vie culturelle et de la contestation politique dans le Berry depuis les années 1970.

Rolland Hénault dans sa vigne à Déols en 2009.
Rolland Hénault dans son bureau
Berrichons vous êtes formidables !
Première publication de Rolland Hénault en 1977.
Ses parents, de gauche sans appartenance à un parti ou un syndicat, étaient agriculteurs. Son père Maurice Hénault (1910–2001) naquit à Saint-Valentin (Indre) et décéda à Levroux dans le même département. Sa mère, Cécile Hénault, née Leguet (1912–1981) était native de Diou (Indre) ; elle mourut à Châteauroux (Indre).
Rolland Hénault s’était marié le 26 octobre 1960 à Châteauroux (Indre) avec Françoise Durousseaud.
Après un DES lettre modernes en1961 avec mémoire intitulé L’homme moyen devant la société moderne. Il exerça comme professeur de français (maître auxiliaire puis titulaire du CAPES) au collège « les Capucins », au lycée Pierre et Marie Curie puis au lycée Blaise Pascal, à Châteauroux (Indre). Il fut par ailleurs chargé de Cours à l’Université d’Orléans (Formation Continue, DAEU).
Rolland Hénault devint dans un second temps, à partir de 1981, enseignant en détention à la Maison Centrale de Saint-Maur pour de « très longues peines », et en même temps, enseignant à la Maison d’Arrêt des Hauts-de-Seine à partir de 1990. Il eut l’occasion d’enseigner le français au prisonnier Carlos détenu de longue durée à la centrale de Saint-Maur. Le directeur de la Centrale de Saint-Maur porta plainte contre lui pour diffamation.
Dans son parcours militant, il fut marqué par plusieurs personnalités, Marcel Lemoine député communiste, Maurice Laisant de la Fédération anarchiste, Raymond Rageau militant de l’Union Pacifiste, Jean-Yves Gateaud élu PS et l’écrivain Gilles Perrault. Rolland Hénault était adhérent à de l’UPF (Union pacifiste) depuis 1978 et pendant plusieurs années membre de son conseil d’administration. Il milita avec l’association des Amis de Louis Lecoin et participa à l’hommage qui lui fut rendu à Saint-Amand-Montrond (Cher).
Il fut l’un des co-fondateurs et animateur d’un mensuel satirique volontairement limité à un département, l’Indre, qui donnait la parole à tous (sauf aux fascistes) qui eut plusieurs titre Le Provisoire, Mensuel du berrichon évolué... dont le tirage fut de 1 000 exemplaires en 1974 à 5 000 en 1993, avec une pointe à 7 500 en 1987. Journal satirique qui lui valut cinq procès en diffamation dont un engagée par Yvon Bourges, ministre de la Défense Nationale en 1976, pour « injures et diffamation » à propos de la torture en Algérie. Un procès fut également intenté par un prêtre exorciste qui n’était d’ailleurs pas reconnu par le diocèse.. Le journal cessa de paraître plus tard à la suite de nombreuses menaces et amendes.
Rolland Hénault co-fonda aussi une revue culturelle régionale, La Bouinotte, en 1984, revue qui connut un grands succès. Ce trimestriel a vendu jusqu’à 4 000 exemplaires sur deux départements (Indre et Cher). Il collabora à de nombreuses revues militantes : Le Libertaire, Le Monde Libertaire, De Long en Large, L’Arbre est dans la Graine, l’Union pacifiste, Rouge, La Marseillaise, Encres Vagabondes, l’École émancipée, la Révolution prolétarienne… Il participa aussi à la création de l’Insoumis à la Maison des ensembles, rue Aligre à Paris en 1998 et 1999. Il soutint le combat de Léandre Boizeau pour la révision du procès de Mis et Thiennot.
Comme parolier, il écrivit à partir de 1976, les textes de la chanteuse libertaire Élizabeth, huit CD publiés. Il écrivit et joua des pièces de théâtre, avec le Troupeau Théâtral berrichon, des comédies musicales avec les Ch’nassous. Il a participé à partir de 1990 aux spectacles « Élizabeth et Guimou de la Tronche » dans des petites salles de Paris et de la banlieue, comme le théâtre Déjazet, la Mouette rieuse, le Cithéa, le Merle Moqueur… et en région Centre (MJC Belle Isle…). De plus il donna de nombreuses conférences en particulier sur les écrivains libertaires au Cercle Condorcet de Châteauroux.
Humoriste et "clown", il s’illustrait sous les pseudonymes de : Le Plouc, Guimou de la tronche et ses amis voyaient en lui un Coluche du Berry.
Attaché à la nature et au vignoble de Reuilly, il cultivait lui-même sa vigne.
Décédé en son domicile Déols, il a été inhumé au cimetière de Saint-Valentin (Indre) le 7 avril 2017.
Dans une courte "autobiographie complaisante " publiée sur le site d’Elisabeth, il traçait avec humour quelques séquences de sa vie.
 
Autobiographie complaisante de Rolland Hénault lui-même en personne !
 
Je vous préviens, je ne vais pas être très dur avec moi-même, parce que j’ai beaucoup de mérites que les autres ne reconnaissent pas forcément, et par ce que les autres sont souvent bien plus cons que nous. (je vous ai mis avec moi pour ne pas vous vexer inutilement)
 
Débuts dans la vie.
Je suis né sans le faire exprès, ce qui prouve bien que c’était une nécessité pour l’humanité. Je serais d’origine divine que ça ne m’étonnerait pas !
C’était, d’après les registres officiels de la mairie de Saint-Valentin (36100) le 25 mai 1940. La température était de 10.4° seulement et le temps était variable. Ma température personnelle est nettement supérieure et je suis versatile également ! Ombrageux parfois.
En fait, l’événement eut lieu dans une ferme, entre un bœuf et un âne, je sais que le coup a déjà été fait par un lascar un peu allumé qui se coiffait avec une couronne d’épines.
Chacun ses goûts !
A l’époque c’était la guerre. Il est très difficile de naître dans une période de paix absolue. Je veux donc dire que c’était la guerre dans ma région à moi, et sûrement ailleurs.
Je suis né au son de la DCA, j’ai parlementé avec des maquisards mais très peu. Je n’ai jamais parlé avec un boche !
Qu’on n’essaie donc pas de m’accuser de haute trahison.
Suite des débuts dans la vie.
Je suis allé à l’école primate de ma commune où j’étais bien placé. J’ai su lire à 5 ans, en apprenant sur les murs de la ville d’Issoudun, où ma maman me conduisait au marché mais pas pour me vendre.
Sur les murs, il y avait : Défense passive, Défense d’afficher, loi du 2 juillet 1881 et Défense d’uriner.
J’ai été admis en classe de 6ème au Lycée d’Issoudun, et j’y suis resté interné jusqu’à l’âge de 16 ans, âge auquel j’ai compris qu’on pouvait s’instruire bien mieux à l’air libre, à cause de l’oxygène qui manque dans les établissements scolaires.
Fin des débuts dans la vie
Je ne vais pas continuer trop longtemps en effet, car je suis également très instruit et j’ai peur de vous démoraliser par l’importance et la qualité de mes diplômes (j’ai notamment obtenu mon permis de conduire du premier coup, après ingestion de deux Pernod 45 !)
Ensuite je suis entré dans l’enseignement et en prison notamment, j’ai eu des élèves d’un bon calibres, qui étaient exactement aussi cons mais pas davantage que ceux de l’extérieur.
Comme je ne veux pas faire long, je puis vous dire que les années ont passé et que les gens qui sont nés la même année que moi sont parfois morts. C’est embêtant parce que je me retrouve un peu seul au milieu d’une bande zigotos plus jeunes que moi, et je vois bien qu’ils se rendent compte que je suis plus âgé.
A part ça rien de notable, ce soir je ne suis guère inspiré, j’ai trop écrit aujourd’hui. Je vous dis quand même qu’au physique je suis plutôt beau, et je vous prie de m’excuser si vous êtes moins élégant. Je sais qu’on ne se refait pas.

ŒUVRE (extrait) : Parmi sa quarantaine de livres publiés.
Berrichons vous êtes formidables, Éditions de la Chan’plure, 1977. — Halte là ! Les Ayatollahs sont là ! Éditions de la Chan’Plure, 1979. — Les murs de la déraison, Éditions de l’Impossible, 1994. — Marcel Lemoine ou le guillotine à vingt ans, Édition devoir de mémoire, 1996. — Le blues d’Eugène, Éditions A à Z – 2004. — On les aura ! Éditions Libertaires, 2006. — Non, construire des prisons… Éditions libertaires, 2006. — Georges Sand est à l’origine du monde, Éditions de l’impossible, 2008. — Raymonde Vincent, chrétienne et libertaire, Édition de La Bouinotte, 2006. — Œuvres presque posthumes, Éditions de l’Impossible, 2013. — Depardieu et moi, Éditions de l’impossible, 2015.

SOURCES : témoignage de Françoise Hénault, mars 2017. — Témoignage d’Alain Pennetier. — Site elize-chanson.com — État civil.

Hugues Lenoir

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