LIGER Henri, Eugène

Par Daniel Grason

Né le 15 juin 1898 à Saint-Vincent-des-Près arrondissement de Mamers (Sarthe), tué au combat le 25 août 1944 dans le bois de Vincennes (Paris, XIIe arr.) ; cultivateur, conducteur automobile, valet de chambre, jardinier, gardien de la paix cycliste ; F.F.I.

Henri Liger.
Henri Liger.

Fils d’Hilaire Liger, perruquier, et de Louise Morel, nourrice, Henri Liger alla à l’école primaire jusqu’à l’âge de dix ans. Il travailla comme cultivateur dans la Sarthe dès septembre 1911. Il fut incorporé le 1er mai 1918 au 4e escadron du Train des Équipages à Chartres (Eure-et-Loir), puis libéré le 25 mars 1921 comme brigadier à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Démobilisé, il reprit le métier de cultivateur jusqu’en décembre 1921. Il devint de décembre 1921 à décembre 1922 conducteur d’automobile chez un marchand forain à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire).
Il épousa Marguerite, Eugénie Gallay le 23 octobre 1922 en mairie de Fondettes (Indre-et-Loire). Il travailla chez ses beaux-parents de janvier à juin 1923, et chez un vigneron de la localité. Il devint valet de chambre chez un notaire jusqu’à la fin août 1923, puis jardinier de septembre à décembre 1923 chez la secrétaire de l’École supérieure de jeunes filles à Saint-Calais dans la Sarthe. Le couple Liger quitta la Sarthe, il travailla comme livreur chez un grainetier au 4 rue du Fort à Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne), le couple habita la localité.
Il sollicita un emploi de gardien de la paix en janvier et février 1925 auprès du Préfet de police. Le couple vivait 156 rue Diderot à Vincennes (Seine, Val-de-Marne). Après son année de formation, Henri Liger a été affecté au commissariat de Vincennes. Il fut actif dans l’exercice de son métier. Le 7 décembre 1928, il participa au sauvetage des victimes de l’explosion de la Cartoucherie de Vincennes. Le 10 août 1929 vers 23 heures il interpellait un cycliste qui circulait feux éteints, il portait un sac sur son dos, à l’intérieur de a gomme laquée d’une valeur de 800 francs qu’il venait de dérober à la fabrique de pianos Gaveau à Fontenay-sous-Bois, deux complices furent interpellés, le commissaire proposa que Liger perçoive une récompense. Le 14 février 1933 il arrêta un cambrioleur, le directeur des services le félicita. Le 20 août 1936, il recevait le Diplôme d’honneur du Président de la République. En juin 1938 il était nommé sous-brigadier.
Le 28 août 1940, Henri Liger se présenta au commissariat pour prendre son service, son teint était pâle, il titubait, s’exprimait avec difficulté. Le brigadier interpréta son attitude comme un « état d’ivresse », il ne fit pas appel à un médecin pour un examen de l’état physique d’Henri Liger. Celui-ci comparut devant la commission de discipline qui vota à bulletins secrets sa révocation. Ce fut chose faite le 25 octobre 1940 pour « ivresse publique et plusieurs insuffisances professionnelles. »
Le 26 avril 1941 son médecin traitant lui délivra une attestation certifiant qu’il présentait en juillet 1940 « des symptômes de congestion cérébrale ». Il souffrait de « violentes céphalées » qui provoquaient des troubles nerveux, des symptômes de dépression nerveuse, des troubles de la vue et des migraines. Son épouse adressa au Préfet de police de Paris l’attestation du médecin. Le 4 août Henri Liger demanda en vain sa réintégration au Préfet de police, il rappelait ses états de service.
Il travailla comme manœuvre à la Cartoucherie de Vincennes jusqu’en mai 1944, à partir de cette date, il entra dans la Résistance et était chef de groupe au moment des combats de la Libération. Chef d’un groupe franc Henri Liger a été tué par le tir d’une automitrailleuse à l’angle de l’avenue de Paris, Cours des Maréchaux (Paris, XIIe). Réintégré à titre posthume au 19 août 1944, il a été homologué adjudant F.F.I., le ministère des Anciens combattants qui lui attribua la mention « Mort pour la France ». Considéré comme « Victime du devoir » il a été réintégré dans ses fonctions de gardien de la paix à la date du 19 août 1944.
Son nom a été gravé sur une plaque commémorative, là où il tomba avenue de Paris devant le château de Vincennes « A la mémoire de Henri Liger tué le 25 août 1944 en combattant pour la libération de Vincennes » et sur la plaque posée dans le hall de la mairie de Saint-Mandé.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article191864, notice LIGER Henri, Eugène par Daniel Grason, version mise en ligne le 29 mai 2017, dernière modification le 6 décembre 2019.

Par Daniel Grason

Henri Liger.
Henri Liger.

SOURCES : Arch. PPo. KC 22. – SHD, Caen AC 21 P 74503. – Bureau Résistance GR 16 P 372750. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. De Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet Gilles Primout « La Libération de Paris ». – Site internet GenWeb. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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