Né en 1928 à Agbadou (Algérie) ; une des sept victimes de la manifestation parisienne du 14 juillet 1953 place de la Nation à Paris.

Plaque apposée par la Ville de Paris, 12 avenue du Trône, le 6 juillet 2017
Cliché Daniel Kupferstein
Abdallah Bacha
Ouvrier dans une usine d’encriers, domicilié 1, rue du Capitaine-Soyer au Pré-Saint-Gervais (Seine, Seine-Saint-Denis), Abdallah Bacha participa avec le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) à la manifestation du 14 juillet 1953 organisée par la gauche syndicale et communiste. Entre 6000 et 8000 Algériens défilaient en fin de cortège place de la Nation quand des affrontements eurent lieu avec la police. Celle-ci tira sans sommation faisant six morts algériens (Abdallah Bacha , Larbi Daoui, Tahar Madjène, Amar Tadjadit, Abdelkader Draris, Mouhoub Illoul et un français de la CGT, Maurice Lurot.
Atteint d’une balle dans la région dorsale qui est ressortie à la base du cou, il mourut à 18 heures à l’Hôtel-Dieu. Mohamed Salah Guerroutte témoigna devant la cour d’appel le 3 mars 1954 : "Dans la rue où il y avait un car de police en train de brûler, il y avait un barrage d’agents qui en tenait toute la largeur. Quand nous sommes arrivés, les agents ont tiré sur nous, et j’ai vu l’un des manifestants tomber. Il est mort par la suite, il s’agit de Bacha Abdallah du même village que moi".
Son cercueil fut exposé le 21 juillet 1953 à la Mosquée de Paris avec ceux de cinq des victimes. Il fut ensuite dirigé vers Marseille puis son village natal où eurent lieu les obsèques avec le lendemain un rassemblement de plusieurs milliers de personnes et des discours de dirigeants nationalistes. En 1964, le cercueil fut transféré au cimetière des martyrs du village kabyle de Bahalil (Ivahlal) mais pour autant l’État algérien ne voulut pas le considérer comme maquisard car mort avant le 1er novembre 1954.
La mairie de Paris fit apposer une plaque commémorative le 6 juillet 2017, 12 avenue du Trône jouxtant la place de la Nation.

SOURCES : Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet 1953. Le massacre policier oublié des nationalistes algériens à Paris, La Découverte, 2017 (utilise notamment le dossier d’instruction, cour d’appel (Archives de la Seine, n° 1348 W17). Nous devons beaucoup à cet ouvrage. — Maurice Rajsfus, 1953, un 14 juillet sanglant, Agnès Viénot, Paris, 2003. — Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968,, Publications de la Sorbonne, 1997.— Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens, 1944-1962, Nouveau Monde, 2011. — Jacques Simon, Paris1953. Un 14 juillet rouge de sang algérien, L’Harmattan, 2015.

Claude Pennetier

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